‹ Considérations sur l'histoire. Le monde antiqueChapitre 43 sur 156 · I. Prière de l'aniras Hiranyastûpa · texte numérisé non relu

I. Prière de l'aniras Hiranyastûpa

L’ORIENT

toi

« Si les régions lumineuses du puissant Agni s’avancent de toute part, que notre faute soit effacée T

K Ën effet, te voilà, toi dont la face est tournée de tous côtés, te voilà embrassant de toute part nos offrandes. Que notre faute soit effacée ' 1 •

Les cœurs se rassemblent dans l’invocation; d’un lien souple encore la religion unit les hommes et les dieux , elle n’est pas une chaîne rivée au dogme Ihéologiqiie par la puissance sacerdotale et qui les asservit ensemble en entravant leur élan.

« Agni, maître généreux, tu te mêlesà tout ce qui existe. Dans la demeure de l’Offrande, tu allumes tes feux. Apporte nous la richesse.

« Venez, rassemblez-vous pour vous entendre. Que vos âmes se comprennent. C’est en s’unissant que les antiques Dévas ont obtenu leur part.

« Les hommes ici rassemblés n’ont qu’une prière, un vœu, une pensée, une âme. J’offre dans ce sacrifice une intention commune.

• Que vos volontés et vos cœurs soient d’accord, que vos âmes s’entendent, et le bonheur est à vous *. »

Les dieux toujours loués avec grâce et finesse laissent deviner l’idée que les Aryas — mot qui signifie les forts, les dignes — nourrissaient d’eux-mémes; aimant la louange, mais discrète et tempérée par le goût, ils supposent la même disposition chez les immortels qu’ils ont formés à leur image :

< Sois heureux de nos louanges flatteuses, dieu à la

1. Hymne de CouUa. Rig-ViiJa, traduction Langlois. 9. Hymne de Savanarasa.

noble face, et maître souverain ; assiste avec les autres dieux à nos sacriGces *. »

Il y avait chez les tribus védiques, comme au temps d’Homère, des festins en l’honneur des morts : c’est un usage qui se retrouve à notre époque dans les contrées où les mœurs ont gardé quel(jue chose de la primitive simplicité. Dans ces festins, l’on mangeait en silence, afin que les esprits des défunts pussentmanger avec vous. Nous lisons ici dans l’Ame del’Indou, âme silencieuse etrecueillie qui possède l’ouïe des choses intérieures. Ni faste ni fracas dans le culte ; ces pasteurs n’ont à offrir, avec leurs sentiments,que le feu du sacrifice qui brûlesur les verts gazons. Ils demandent en échange aux Asuras divins la pluie fécondante, les vaches laitières, les chevaux, les céréales, pendant qu’ils versent la spiritueuse et mystique liqueur du sôma dans la flamme allumée sur l’autel formé de bois et d’herbes sèches. Le chant ou déclamation de l’hymne accompagne le sacrifice. Les moments du culte sont le matin, à raidi, le soir. La première cérémonie commence à l’aube, avec l’apparition de l’étoile du matin :

« Sans racines, règne Varuna, fort et pur, trésor

élevé de rayons lumineux. Ces rayons descendent, mais leurs racines sont en haut. Puissent-ils briller pour nous au milieu des airs 1

« C’est lui, c’est le royal Varuna qui prépara au soleil celte large voie où il poursuit sa route ; qui, dans une région dépourvue de chemins, en fit un pour le voyageur...

» Ces étoiles qui brillent au-dessus de nos têtes appa-

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