Vritra, celui qui couvre de nuages l'atmosplière
un coup mortel ; la mère tombe sur le fils. Dànu est étendue, comme une vache sur son veau.
« Le corps de Vritra, ballotté au milieu desairs agitéset tumultueux, n’est plus qu’une chose sans nom que submergent les eaux. Cependant l’ennemi d’Indra est enseveli dans le sommeil éternel...
« Indra, roidu monde mobile et immobile, desanimaux apprivoisés et sauvages, armé de la foudre, est aussi roi des hommes. Gomme le cercle d’une roue embrasse les rayons, de même Indra embrasse toutes choses *. »
Après ce drame des airs, l’on aime à se reposer sur une plus douce image :
« La lune, poursuivant son vol à travers les vagues de l’air, s’avance dans le ciel. O rayons du jour à la trace dorée, l’œil ne peut retrouver votre voie. »
Dès que l’Indou ne combat plus, son âme s’ouvre à la contemplation; semblable à la fleur du lotus qui s’épanouit sur la tranquille surface des eaux, il revient à sa nature.
Les Aryas védiques croyaient à la persistance de l’âme. L’un des quatre frères de la famille des Gopayanas est tué. Les trois autres offrent le sacrifice àAgni, puis ils se rendent auprès du cadavre et prononcent ces paroles ;
« Quand ton âme visite au loin la contrée de Yama, fils de Vivaswat, nous la rappelons ici, à ton habitation, à la vie.
« Ton âme visite au loin le ciel et la terre ; nous la rappelons ijci, à ton habitation, à la vie. »
L’âme du trépassé visite ainsi le monde entier, les quatre
i. L'Angirâs Hiranyaâiùpa.
régions de l’air, le grand réservoir des nuages, les torrents lumineux, les ondes et les plantes, le soleil et l’aurore , les larges montagnes, les extrémités de l’horizon, le passé et le futur. Au milieu de la cérémonie, Agni apparaît aux Gopayanas , et se tenant en face du cadavre de Subandu, il lui dit :
« Voici ta mère, voici ton père, voici ta vie. Tu peux marcher, ô Subandu; viens, lève-toi.
Cf Comme avec une corde on lie un joug pour le consolider, ainsi l’âme te soutient pour la vie, pour l’existence, pour un heureux développement...
« Je suis l’âme de Subandu, et je viens de la contrée de Yama, fils de Vivaswat, pour la vie, pour l’existence, pour un heureux développement * ...
Dans ce passage, en même temps que l’universelle paternité d’Agni, la métempsycose terrestre se trouve esquissée : « Celui qui connaît le père avec ses rayons inférieurs, sait aussi connaître tout ce monde avecses supérieurs. Marchant sur les pas de nos poètes, qui peut ici célébrer ce dieu? D’où est née l’âme?
« 11 en est, dit-on, qui viennent vers nous et s’en retournent, qui s’en retournent et reviennent, t
a L’homme agit et, sans le savoir, n’agit que par lui; sans le voir, il ne voit que par lui. Enveloppé dans le sein de sa mère et sujet à plusieurs naissances, il est au pouvoir du mal *. »
Cette dernière phrase de l’hymne n’indiquerait-elle pas une date plus récente, ou bien sa première rédaction n’aurait-elle pas subi des retouches et des suppléments?