‹ Considérations sur l'histoire. Le monde antiqueChapitre 5 sur 156 · I. Sliakspeare · texte numérisé non relu

I. Sliakspeare

INTRODUCTION. 41

anachronisme fatal, il n'a rien compris à son époque, il a pensé et vécu dans l'antiquité, en, visionnaire. Aussi n'est-ce plus à la fin qu’un fou glorieux que son imagination précipite à travers tout vers l'impossible.

Plutarque est d’avis qu’ Alexandre n’e&t pas accepté l’empire des Perses afin d’avoir la gloire de le conquérir. Ce n’est pas l'ambitieux qui répétera jamais en compagnie du philosophe :

Qoe noD* faut-il? un Uiil, la sant^, la famille;

Quelque! amii, riiirer, autour d'un feu qui brille;

Un esprit sain, un cceur de bienveillant conseil,

Et quelque livre, aux champs, qu'un lit loin du grand nombre. Assis, la tête i l'ombre.

Et les pieds au soleil '.

Retirer son âme de la presse, suivant l’expression du judicieu.\ Montaigne, n’est point son fait. 11 faut qu’il foule les hommes en ses pressoirs, il a sa coupe à remplir. 11 n’y a donc pas de danger que la terre s’endorme dans la paix, l’ambition veille. « L’ange exterminateur tourne comme le soleil autour de ce malheureux globe et ne laisse respirer une nation que pour eu frapper d'autres *. » Si du moins l’épée des grands exterminateurs ouvrait des brèches à la civilisation, si de ces déluges de sang et de larmes l’humanité sortait retrempée et plus forte 1 Mais que reste-t-il de tant de boulevei-semeuts? « Ceux-là dont la renommée coûte si cher au genre humain, que laissent-ils après eux? Un bruit, un souvenir mêlé avec celui de désastres fameux*, mais rien qui soit proprement d’eux; nul mo-

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