I. ÎS
(jui nous a réalisés après de lents progrès nous impose le progrès comme condition de notre propre conquête et de la sienne. Rien sans peine I on n’escamote ni n’improvise le progrès — on le mérite.
Les Grecs surent se borner. Ne rien pousser à bout, c’est l’art d’écrire — et de vivre, c’est la sagesse. En cepoiut, nous avons beaucoup à apprendre d’eux. S’ils ont donné le gouvernement à l’intelligence, ils ne lui ont pas donné le despotisme; elle respecte les 'droits du sentiment et ceux de la sensation. Zens engendre Minerve après avoir englouti l’océanide Métis, qui représente la raison '. Minerve invente tous les arts utiles; l’agriculture par la cbarrue, l’art homicide de la guerre par la lance et par l’épée ; l’art de tisser, l’art de guérir lui sont attribués. C’est la déesse de la raison pratique, dont Vulcain, le métallurgiste, est l’auxiliaire, dieux et déesses marchant deux à deux dans la mythologie grecque, Jupiter avec Junon, Apollon avec Diane, Mars avec Vénus, Mercure avec Gérés. Ce que Minerve ne fait pas, ce qu’elle ne peut pas faire, c’est d’engendrer les beauxarts ; la raison et l’utilité n’engendrent pas la poésie : l’industrie est tille de la nécessité, mais l’art naît du secret besoin de beauté et d’idéal que l’intelligence et la raison, en dépit de leur part nécessaire dans la composition et la forme des œuvres d’art, ne sauraient enfanter. Au temps d’Homère les Grecs estiment beaucoup le courage et la force, mais ils lui préfèrent déjà l’intelligence et le bien dire; dans l’Ajax furieux de Sophocle, les armes d’Achille sont dévolues à Ulysse qui l’emporte sur