‹ Considérations sur l'histoire. Le monde antiqueChapitre 99 sur 156 · Les Sept Chefs devant Thèbes, le Choeur k Éléocle · texte numérisé non relu

Les Sept Chefs devant Thèbes, le Choeur k Éléocle

LA GKECE.

d’où qu’elle vienne, n’en triomphera; le jour vient où l’homme que la justice a élevé au-dessus du dieu qu’il imagina le juge et lui jette ce cri : Tu es l’arbilfaire! Ce jour-là, le dieu a vécu. Dieu est la justice ou n’est pas; la justice trône, son arrêt de mort efface les iniques rois ou dieux, dans sa lumière : astre de l’humanité, elle fait briller le divin dans nos consciences.

Rien ne mord, hommes ni dieux, sur l’inévitable.

« Oui, la souveraine puissance du destin est terrible; jamais ni la richesse, ni Mars, ni forteresses, aucun noir vaisseau qu’assiège de toutes parts la vague écumaiite ne lui échapperont *. »

Éléocle répond au chœur qui lui propose d’offrir des sacrifices agréables aux dieux :

« Les dieux! depuis longtemps ils nous ont rejetés; la seule offrande qui puisse leur plaire, c’est notre mort ; le destin veut nous perdre; pourquoi donc essayer sur lui de lâches complaisances*?

Ici le destin et les dieux sont condamnés ensemble.

« ... Je ne sais où tourner d’abord mes regards, » s’écrie le roi de Tbèbes, Gréon, vers lequel reflue l’horrible destin de la race d’CEdipe frappée dans ses descendants : « Tout est mouvant autour de moi et s’écroule, tout ce que touchent mes mains, tout ce qui s’étend audessus de ma tête : sur moi le destin s’est appesanti d’une manière effroyable. »

Aristote a raison : le double ressort de la tragédie c’est l’horreur et la pitié, la pitié fille de l’horreur, réaction du cœur secourable contre l’implacable fatalité.

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