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divers microbes, qui existent normalement dans la bouche, n'y sont inoffensifs que si la salive s’y sécrète en abondance avec sa composition normale, et en conservant les propriétés antiseptiques qu'elle doit au sulfocyanure de potassium ; mais que la bouche renferme des débris alimentaires, des substances facilement putréfiables, les bactéries exercent sur elle leur action fermentescible et il en résulte une haleine mauvaise et souvent des affections de la bouche. D'autre part, l'organisme est encore protégé contre ces divers microbes, même lorsqu'ils deviennent virulents, par un revêtement épithélial qui tapisse la bouche et la langue et par l’enveloppe spéciale des dents. Que cette première enveloppe vienne à être déchirée par une érosion, ou par un commencemeni de carie, le microbe trouve une porte d'entrée pour gagner soit les Iymphatiques, soit le tissu cellulaire sous-jacent, soit la chambre pulpaire et, alors, nous allons assister à une série d'accidents dont quelquesuns peuvent amener la mort, ainsi que le professeur Sébileau l’a montré récemment.
Nous allons étudier successivement les accidents mécaniques, puis ceux de voisinage, ceux qui sont dus indirectement à l’appareil dentaire, et enfin, les affections
‘générales d’origine dentaire.
4° Il peut arriver qu’à la suite de la fracture d’une dent, ou d’une évolution vicieuse, la langue devienne l’objet de frottements ou d'irritations répétées, sources de douleurs, de gêne, et parfois d’inflammation générale de l'organe. Le D' Camille Savoire a eu l’occasion d’observer récemment, chez undeses malades, une stomatite
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accompagnée de glossite, dont l'origine était une irritation produite par une molaire dont la position était défectueuse. L’extirpation de cette molaire vint seule à bout des accidents que l’antisepsie la plus rigoureuse n'avait pu vaincre.
2° Le premier inconvénient déterminé par le manque de soins hygiéniques de la bouche, c’est le séjour de débris alimentaires dans les interstices dentaires. Grâce à la température qui règne dans la bouche, à la présence de l'acide tartrique et des micro-organismes, ils ne tardent pas à entrer en fermentation en produisant une odeur bien caractéristique quise communique à l'haleine et en donnant naissance à des produits irritants pour la muqueuse buccale, pour les gencives et pour l'émail des dents. Il en résulte souvent des gingivites, des stomatites et la carie dentaire.
Cette carie dentaire, dont nous étudierons ultérieurement les causes, peut, par propagation ou à la suite de tentatives maladroites d'extraction, se propager aux alvéoles et déterminer une nécrose du maxillaire, avec une suppuration aiguë (abcès, fluxions) où chronique (fistules). La douleur qui en résulte peut rendre difficile l'alimentation, amener l’insomnie, et devenir une cause de déchéance organique.
3° L'inflammation des gencives peut se propager aux cavités voisines et déterminer des amygdalites, des angines, des pharyngites qui, de catarrhales ou de simplement inflammatoires qu’elles sont, peuvent, sous l’action des micro-organismes pathogènes qui, se rencontrant dans la bouche, deviennent par ce fait, viru-
lents, devenir spécifiques (diphtériques, streptococciques, Staphylococeiques). L’inflammation du pharynx, ellemême, peut se transmettre à la trompe d’Eustache et devenir le point de départ d'accidents otiques, à la trachée et même aux bronches.
À propos de ces complications otiques et oculaires le D’ Ollagnier, dans les conclusions de sa thèse et après avoir cité une quarantaine d'observations très intéressantes, dit : « Que les perturbations physiologiques et
- pathologiques de la dentition retentissent fréquemment
sur les organes visuels et auditifs. » :
Nous avons eu fréquemment l’occasion, dans les diverses cliniques dentaires que nous avons fréquentées de rencontrer des malades atteints de ces affections dont l’origine était dans une mauvaise dentition.
C’est un fait bien connu des spécialistes, que la carie
de la dent de six ans ou de la dent de douze ans peut
avoir pour conséquence une sinusite maxillaire d’où découlent, parfois, des accidents de suppuration qui retentissent sur l’état général en produisant une cachexie spéciale, la cachexie dentaire, si bien étudiée par les professeurs Lejars et Richet.
4° D'autre part, la première conséquence d'une dentition mauvaise est une mastication insuffisante, et dans les établissements d'instruction où l'on accorde aux enfants un temps très restreint pour les repas, Îles édentés sont obligés de mastiquer incomplètement leurs aliments et de donner à leur estomac un bol alimentaire mal divisé.
En sa qualité de réservoir destiné à l’'emmagasinement
des diverses substances alimentaires, l'estomac est exposé à un grand nombre de causes d’irritations mécaniques ou toxiques ; or, l’une des principales causes d'irritation mécanique est produite par des aliments ‘grossiers ou mal divisés, et, par conséquent, rebelles à la digestion. Cette division insuffisante des aliments amène la surcharge de l’estomac et peut-être constitue une cause fréquente d'occlusion spasmodique du pylore. En tous les cas, le séjour trop prolongé des aliments qui en est la:conséquence détermine des fermentations exagérées, avec production de substances irritantes pour la muqueuse et de toxines susceptibles d’influencer le système nerveux et la nutrition en général. Il est bien certain que beaucoup de dilatations d'estomac, de dyspepsies et de gastrites ne reconnaissent pas d’autres origines. Les docteurs Mathieu et Legendre ont successivement signalé ces faits à l'attention des pédiatres et les gastrothérapeutes ont depuis longtemps reconnu comme un type clinique la gastrite des édentés et confient toujours aux chirurgiens-dentistes le traitement préparatoire de leurs malades.
»° Le professeur Sébileau, dans un travail récent, a montré comment la pulpe dentaire infectée pouvait infecter à son tour les glandes salivaires, les vaisseaux lymphatiques et les groupes ganglionnaires auxquels ceux-ci aboutissent et déterminer des affections graves se ramenant à trois types cliniques : la septicémie lympho-phlegmoneuse du cou, la septicémie-phlébophlegmoneuse, la septicémie générale. Ces affections, qui tendent à diffusion, produisent souvent de l’albu-