‹ Considérations sur l'hygiène dentaire dans les Établissements d'EnseignementChapitre 19 sur 21 · MONSIEUR LE MINISTRE · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE MINISTRE

J'ai l’honneur d'appeler votre très haute et bienveillante attention sur la défectuosité des services dentaires dans les établissements publics et privés d'enseignement, placés sous la tutelle ou la surveillance de l'Etat, tels que lycées, collèges, écoles primaires communales et autres institutions libres.

Cette défectuosité m’a été absolument démontrée par l’état déplorable dans lequel je trouve la dentition des élèves entrant à l'Ecole Polytechnique et qui, scientifiquement, est imputable au défaut d'inspection, au manque de conseils, quelquefois à la crainte de la douleur, à la négligence, mais souvent aussi à la situation modeste de certaines familles.

Voici du resté, Monsieur le Ministre, de quelle manière j'ai organisé, à l'Ecole Polytechnique, le service dentaire qui m'a été confié par le Gouvernement.

Dés la rentrée, en novembre, je procède à un très minutieux examen de la bouche de tous les élèves, sans exception, ayant bien soin de consigner scrupuleusement, sur une fiche spéciale,

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l'état actuel du système dentaire de chacun d'eux et cette mesure me permet, par la suite, de traiter d’une manière efficace, les diverses affections dont peuvent être atteints ces jeunes gens que je reçois, en mon cabinet de l'Ecole, trois fois par semaine à heure et jour déterminés. Je les exhorte fortement à venir se faire soigner, leur faisant d’ailleurs ressortir tous les avantages qu'ils peuvent retirer d’une bonne dentition, et ajoutant que les frais sont à la charge de l’administration de l'Ecole.

Grâce à ce système, mes conseils sont suivis et mes efforts couronnés de succès.

C'est pourquoi il serait désirable, pour ne pas dire absolument nécessaire, d'instituer, dans :es lycées, collèges, écoles primaires et autres établissements d'instruction, un service gratuit el obligatoire analogue à celui-que j'emploie si heureusement à l'Kcole Polytechnique. Ce service serait confié à un, chirurgien-dentiste légèrement rétribué par l'établissement, la commune, le département ou l'Etat. Ce praticien, suivant mon exemple, inspecterait les bouches à la réouverture des cours scolaires, établirait les fiches individuelles, donnerait des conseils et les soins nécessaires aux élèves. Le médecin attaché à la maison d'éducation serait chargé de contrôler deux fois par

an la bonne exécution des traitements.

Cette nouvelle organisation administrative entraverait et supprimerait, dans bien des cas, le développement d’un grand nombre de maladies telles que : gingiottes, périostites, sinusites, abcès, pharyngites, laryngites, dyspepsies, etc., attribuables à une infection d'origine dentaire et à une impuissance de mastication.

La création de ce service ne serait point onéreuse car la plupart des chirurgiens-dentistes, possédant déjà une clientèle, rechercheraient cette situation officielle, pourvu, toutefois, qu'il

leur füt alioué une rémunération même peu importante.

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En préconisant cette réforme, d'ordre purement hygiénique, que vous saurez, du reste, apprécier, Monsieur le Ministre, je n'ai qu’un seul objectif : « Être utile à la jeunesse française », et je me trouverai largement récompensé si vous daignez vouloir bien donner une sanction à mon projet d'ordre si essentiellement humanitaire et scientifique.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur le Ministre, votre très humble

et dévoué administré.

J. BERCUT,

Ancien Pharmacien des Hôpitaux, Chirurgien-Dentiste de l'Ecole Polytechnique, de l'Association amicale de la Préfecture de Police et de la Société des employés de l'Hôtel de Ville.

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