‹ Considérations sur l'opération Césarienne à la clinique d'accouchements de BordeauxChapitre 14 sur 47 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Résultats.

Les quarante-trois césariennes que nous rapportons ont été pratiquées dans les conditions que nous venons d'exposer, en. se conformant aussi strictement que possible aux détails de la technique et aux indications opératoires. Nous allons les étudier au double point de vue des résultats immédiats et des résultats éloignés.

Les résultats immédiats.

Les résultats immédiats peuvent se résumer brièvement dans ce tableau :

Césariennes conservatrices suivies de guérison ..... 38 Césariennes conservatrices suivies de mort...,..... 2 Césariennes suivies d'hystérectomie avec guérison... 3 Césarienne suivie d'hystérectomie avec mort ...... AO: EAÉOD ES VIVANT RME RTE UT SE ARR EN 41 BA TAN TS MO LISE RE AE RE PER A dE SENS AN à

Nous enregistrons, en somme, deux morts maternelles, deux morts fœtales et trois hystérectomies.

Dans le premier cas, la mère mourut d'æœdème aigu et généralisé du poumon, dans les quarante-huit heures qui suivirent l'intervention. Cette disparition rapide ne semble pas devoir être imputée à la césarienne. Il s'agit plutôt d'un refroidissement dont eut à souffrir la malade au cours de son transport de la clinique à l'Hôpital Tastetoù elle devait être opérée (Obs. X). Dans le deuxième cas, il se déclara une péritonite généralisée. La césarienne conservatrice avait été pratiquée après un essai infructueux d'accouchement prémaluré. On découvrit à l’autopsie une

désunion partielle de la suture utérine (Obs. VF). Quéinnec 2

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Des deux enfants, l'un (0Bs. VI) n'a pu être ranimé. L'autre (Obs. XXX VIII) est mort quelques heures après la naissance, sans que rien à l’autopsie puisse expliquer cette issue fatale.

Les trois hystérectomies enfin furent faites pour de gros fibromes dont l'un (Obs. XX VI) présentait de fortes adhérences avec l'uretère droit, la vessie et les anses intestinales. Il fut impossible de pratiquer la myomectomie afin de conserver l'utérus.

Les suites de couches furent normales dans la grande majorité des cas; les épérées quittèrent la clinique dans un délai de vingt à trente jours après l'intervention. Cependant treize d’entre elles présentèrent des complications qui prolongèrent leur séjour à l'hôpital, sans toutefois les mettre en danger de mort. Nous notons quatre hémorragies abondantes qui survinrent soit immédiatement, soit quelques jours après l'opération ; elles furent facilement jugulées par l'ergotine ou le tamponnement vagino-utérin. Il y eut aussi trois phlébites des membres inférieurs dont une double; quatre dilatations aiguës de l’estomac, une lymphangite mammaire suivie d'abcès et un érysipèle de la face.

Les résultats éloignés.

Les résultats éloignés ont pu être contrôlés sur plusieurs des femmes césarisées pendant la période 1920-1924 sur laquelle porte notre statistique. Ils sont éminemment favorables tant au point de vue anatomique que fonctionnel. Six femmes ont subi une césarienne itérative, quatre pour la seconde fois, et deux pour la troisième fois, ce qui donne un total de huit césariennes itératives.

La paroi abdominale à toujours été trouvée résistante, avec une cicatrice souple et solide sans trace d'amincissement, ni amorce d'éventration.

Des adhérences ont été constatées deux fois. Il s'agissait d’adhérences très légères entre la cicatrice pariétale et une frange épiploïque (Obs. XII et XL). On ne trouve plus ces adhérences formidables que l'on rencontrait parfois au début

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de l'ère des césariennes où l'utérus s’accolait à la paroi et aux organes voisins : épiploon, intestin, vessie, jusqu'à former un bloc compact rendant pénibles les grossesses ultérieures, et quelquefois gênant fortement une césarienne itérative.

La cicatrice utérine était à peine visible dans 2 cas (Obs. XII et XXXIV); on se trouve devant une restitutio ad integrum, assez fréquente d'ailleurs en pareilles circonstances, comme le prouvent des observations de M. Faugère, M. Reeb et M. Potocki. Dans 5 autres cas, la cicatrice était souple et solide, l'épaisseur de la paroi utérine restant à ce niveau normale. Dans une dernière observation enfin (XXII et XXXII), on a constaté à la césarienne seconde un léger amincissement de la paroi, et à la césarienne troisième, un amincissement encore plus accentué, faisant supposer que l'utérus n'aurait pas toléré une grossesse prolongée de plusieurs jours encore ;ceci montre avec évidence que la gestation et l'accouchement peuvent se passer très bien malgré un amincissement notable de la cicatrice.

L'avenir fonctionnel de: césarisées est à la base des objections que l’on se plait à faire à l'opération césarienne. Il semble pourtant qu'à l'heure actuelle ces objections doivent disparaître devant les résultats favorables qu'on ne cesse d’obtenir.

L'avortement, chez les femmes césarisées, devient chose de plus en plus rare; pour notre part, nous n’en avons observé aucun cas, et sans doute faut-il attribuer les nombreux avortements qui survenaient jadis à une technique insuffisante (Morisson-Lacombe).

Il en est de même de l'accouchement prématuré; toutes les femmes que nous avons suivies ont continué leurs grossesses jusqu'à terme, sans douleurs, sans inconvénients spéciaux du fait de la césarienne précédente.

La rupture utérine, enfin, ne se voit plus que de façon exceptionnelle; nous n'en rapportons aucun cas. Tout au plus, en avons-nous constaté une menace chez cette femme qui subissait sa troisième césarienne et présentait au niveau de la cicatrice un amintissement appréciable. Cette complication devient d'ailleurs tout à fait rare depuis qu'on pratique la stérilisation,

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