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28 Décemb.— Ratonneau ..... ) » (b).
Les Tintinnides se rencontrent donc toute l’année et en assez grande abondance dans le golfe de Marseille. Si, au mois d’avril et du 1° au 9 juin 1889, la récolte de ces Protozoaires a été nulle, ce résultat négatif dépend de ce fait, que par une mauvaise mer il est impossible de recueillir à la surface aucun Tintinnus.
Ces Infusoires se trouvent presque exclusivement dans le voisinage des côtes. Le vallon des Auffes est caractéristique à ce point de vue. C’est l'endroit du golfe en effet où non seulement les espèces, mais encore les individus sont le plus nombreux. Par contre, l’espace compris entre Carry et Ratonneau ne m’aurait donné aucune espèce, si je n’avais exploré la calanque de Morgilet, où le calme est habituel. Les Tintinnus ne semblent donc pas s’éloigner beaucoup de la côte; les diverses espèces rencontrées dans la mer du Nord par Ehrenberg, Claparède et Lachmann sont également littorales.
Certaines espèces communes de la mer du Nord existent également dans le golfe de Marseille, mais elles y sont toutefois plus rares. Tel est le cas de 75#tinnus inquilinus, subulatus, acuminatus, mucicola et amphora.
Je n’entrerai dans aucun détail au sujet des espèces nouvelles, car elles ne s’éloignent pas sensiblement des Tintinnus déjà décrits. D'ailleurs, j'espère pouvoir prochainement en donner une étude complète.
2° Cilio-flagellés ; Péridiniens. — Ces Infusoires ayant fait l’objet d’une étude spéciale, je renvoie au mémoire inséré dans le premier volume des Æwnales du Musée d'Histoire naturelle de Marseille. N° 8, 1883.
3° Haltérides. — Le genre Halteria, Dujardin, ainsi que le genre Srrombidium, Clap, ont été érigés en famille distincte par Claparède et Lachmann (1). Cette famille est caractérisée non seulement par la présence de cirrhes buccaux au pôle antérieur du corps, mais aussi par l'absence complète de cils.
Ehrenberg (2) avait décrit certaines Haltérides sous le nom de Trichodines.
(1) Loc. cit, p. 367.
(2) EHRENBERG. — Înf. et Monatsh. d. k. p. Akad. d. Wiss. z. Berlin, 1840.
Eichwald (1) réunit également les Haltéries aux Trichodines, rapprochement qu'on ne peut guère soutenir, pas plus que la prétendue parenté des Haltérides avec les Kéroniens, malgré l'opinion de Dujardin (2). Claparède et Lachmann ont seuls compris, à mon avis, la véritable place zoologique de ces êtres, lorsqu'ils les ont considérés comme un groupe aberrant d’Infusoires ciliés, groupe qui trouve place parmi les Péritriches de M. le professeur Stein.
Aux deux genres Halteria et Strombidium, seuls représentants de la famille, il convient d’ajouter un nouveau genre, le genre Campanella, Gourret, dont le corps, au lieu d’être nu, est muni d’une cuirasse double particulière, dans laquelle il est suspendu au moyen d’un pédoncule contractile.
La famille des Haltérides se répartit donc en trois genres :
SOIR ALLAL ICE SR Le eee DL PARLE 1 HALTERIA. Corps nu.
Pas de soies. Animaux essentiellement nageurs. 2 SrromBipium.
HALTERINA. au Corps muni d’une d ù CirrhésADhGCAUx. et NA ere mars 3 CAMPANELLA, double cuirasse,
Je n’étudierai ici que ce dernier genre.
Parmi les Thalassicolles pêchées à différentes latitudes dans l'Océan Atlantique, Claparède et Lachmann (3) ont trouvé des fourreaux vides ayant appartenu à des Infusoires, peut-être à des Tintinnus, fourreaux particuliers en ce qu’ils sont doubles. Ces éminents naturalistes ont figuré deux de ces fourreaux (/oc. cit. pl. IX, fig. 5 A-5 8).
Le 20 juillet 1882, je prends avec le filet flottant des coques également vides, doubles, identiques à celle représentée planche IX, figure 5 8 (voir plus haut).
Le 10 août de la même année, je puis connaître, sur une espèce différente des précédentes, quels sont les habitants de ces coques curieuses.
La Campanella pelagica, nov. spec., que j'ai recueillie à trois reprises, est complètement hyaline. La coque, incolore et diaphane, est un cône qui se rétrécit à quelque distance du sommet pour former un pédicule assez long et arrondi à son extrémité postérieure. Ses parois arrivent sur le bord de l'ouverture antérieure, puis s’invaginent de façon à constituer un second fourreau dans l'intérieur du premier. Le fond du refoulement s’arrête un peu avant d'atteindre le pédicule basilaire; celui-ci est par suite la seule région de la coque qui ne soit pas doublée. L'intérieur du pédicule, de même que l’intervalle limité par les deux fourreaux,
(1) Excawazn. — Dritter nachtrag zur Infusorienkunde Russlands, Moscou. 1852. (2) Dujarnin. — Suites à Buffon ; /#fusoires, pp. 410-416, 1841. (3) Loc. cit., page 210.
x À = apparaît comme rempli de petites granulations, d’ailleurs hyalines, et qui ne sont autre chose que la substance même de la coque.
Le corps a la forme d’une cloche ou d’une urne; il est suspendu par un filament contractile et très ténu dans le fourreau protecteur, un peu au dessous de l’ouverture duquel il est normalement placé. La face antérieure, concave, présente un bord dorsal et un bord ventral, bien différents l’un de l’autre. Tandis que celui-là est indivis, se prolonge plus avant que le bord ventral et est complètement dépourvu de cils et de cirrhes, le bord opposé ou péristome présente une profonde échancrure (fig. 2, pl. IIT) qui le divise en deux lobes très inégaux, le gauche étant de beaucoup le plus petit. Ces lobes portent des cirrhes vigoureux, non seulement sur leur bord antérieur, maïs aussi dans l’échancrure qui les sépare. Pendant l'extension, c’est-à-dire lorsque l’Infusoire : fait légèrement saillie hors de la coque, le péristome ne présente plus d’échancrure; il est convexe et, dans cet état, le bord antérieur dorsal est invisible. Les cirrhes sont disposés en trois faisceaux dont deux latéraux et un médian, le faisceau latéral gauche correspondant aux cirrhès de l’échancrure. Si à cette disposition on compare la spire buccale des Tintinnides, on voit que chez ces derniers les cirrhes forment plusieurs rangées concentriques, qui ne rappellent en rien la distribution des cirrhes des Campanelles.
L'ouverture buccale est comme chez les Tintinnides située excentriquement; mais, tandis que dans ceux-ci elle est placée dans le plan de la dépression concave qui tronque le corps en avant, elle se trouve dans les Campanelles au fond de l’échancrure interlobaire. Cette échancrure ou vestibule porte des cirrhes, répartis inégalement sur ses parois, plus nombreux sur le bord gauche que sur le bord opposé, vibrant rapidement à la façon des cils vibratiles, dont ils se distinguent par leurs dimensions. La bouche elle-même est une petite ouverture circulaire, visible surtout lorsque des particules étrangères, propres à la nutrition, sont introduites, par suite du battement des cirrhes, dans l’invagination prébuccale. A l’état d'extension, la bouche s'aperçoit avec difficulté ; elle n’est plus apparente, lorsque l’Infusoire, après avoir brisé le pédoncule qui le retient à la coque, nage complètement indépendant à la surface de la mer.
Au sommet du corps, c’est-à-dire au point diamétralement opposé à la face antérieure, part, comme une dérivation du parenchyme interne, un prolongement hyalin, apparaissant comme un fil très délicat et qui vient s’insérer sur la ligne médiane, au fond de la coque interne. C’est grâce à cet organe spécial que l’Infusoire est maintenu dans son fourreau protecteur. Au moindre contact, par suite de la contraction de ce pédoncule, la Campanelle se rétracte dans la coque, dont elle occupe le fond, et où elle reste dans l’immobilité la plus complète. Après un laps de temps plus ou moins long, elle reprend peu à peu sa position ordinaire. Par