‹ Considérations sur la faune pélagique du golfe de MarseilleChapitre 36 sur 54 · UT · texte numérisé non relu

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4 par une couche nerveuse sous-épidermique très fine, ou plutôt par un tronc nerveux, qu'on n’aperçoit bien qu'à l’aide de l’acide osmique. Les rapports qui existent entre ce tronc nerveux ou ses ramifications et les cellules adhésives, m'ont entièrement échappé. Quant aux cellules interradiales, il m'a été impossible de constater leur présence dans la nageoiïre terminale, aussi bien que dans les nageoires latérales. Hertwig nie leur existence dans les individus adultes, de sorte que les observations de Grassi méritent confirmation. Il est probable d’ailleurs que ces cellules n'existent pas chez toutes les espèces.

Il faut enfin remarquer l'absence complète de muscles dans les nageoires. Ce fait a une importance capitale; car, au lieu que les nageoires soient des organes actifs de locomotion, jouissant de mouvements propres, elles ne se meuvent que par suite de la contraction du corpslui-même, et, suivant l’expression de B. Grassi, elles sont des organes d'équilibre. On peut les considérer comme le reste d’un appareil plus complexe qui devait occuper entièrement les parois de la queue et du tronc, et jouir de mouvements propres. Le genre Spadella avec ses trois nageoires s'éloigne plus à ce point de vue du type primitif que le genre Sagitta, qui possède deux nageoires en plus.

3° Cellules adhésives. — La Sagitta Claparedi, Grass, qui vit entre les Algues et sur Les rochers du rivage, se fixe aux parois des cristallisoirs, quand on la tient en captivité, foujours par la face ventrale (Hertwig). Cette face montre en effet des papilles qu'Hertwig a nommées papilles ou cellules adhésives. Cet éminent histologiste pense que la présence de ces papilles est la conséquence du mode de vie de ce Chétognathe. B. Grassi, d'autre part, ayant constaté ces papilles sur la Sagitta Darwinii, Grassi, qui habite la surface, ne partage pas entièrement cette opinion. La Spadella Marioni, qui vit aussi à la surface, possède également des cellules adhésives, de sorte que le régime biologique ne semblerait pas avoir déterminé leur formation, si nous ne savions pas que tous les Chétognathes sont capables de quitter momentanément la surface pour gagner les bas fonds. L’argument de Grassi ne semble plus dès lors avoir sa raison d’être. Mais les papilles sont-elles réellement adhésives ? Si, lorsqu'une Spadélle se repose au fond d’un vase, elle le touche par sa face ventrale, il n’y a là rien que de très naturel; car, ne serait-il pas étonnant qu’elle se renversât sur le dos? En outre, dans cette position, elle ne se colle pas au verre du cristallisoir ; elle s’y appuie simplement, sans faire prise. D'ailleurs, la structure de ces papilles diffère, à mon avis, de celle qui leur a été attribuée par Hertwig.

Les papilles que Busch le premier découvrit, ont été étudiées surtout par ce naturaliste et plus récemment encore par Grassi. D’après O. Hertwig, dans ces

cellules placées sur l’épiderme se trouvent, outre les nucléus, de petits bâtonnets ainsi que du pigment,

Le naturaliste italien n’a, d'autre part, constaté ni bâtonnets, n1 pigment et signale longuement les régions où ces papilles sont particulièrement abondantes. J'ai pu vérifier l'exactitude de ces faits; mais, tandis que les deux observateurs précédents décrivent les papilles comme des cellules différentes de l’épiderme et munies d’un noyau central, je crois qu’elles ne dôivent pas être distinguées des cellules épidermiques sous-jacentes. Je ne sais si toutes les cellules de l'épiderme sont dans ce cas ; mais, à coup sûr, certaines d’entre elles ont la propriété de sécréter un mucus particulier. Ce mucus s’accumule à la face libre de la cellule, la soulève, la distend outre mesure jusqu’à ce qu’elle cède. Le mucus ainsi produit sert sans aucun doute à lubréfier la face ventrale de l'animal, qui est destinée à se mettre en contact avec des corps étrangers. La papille, produite par le mécanisme précédent, ne se délimite donc pas de la cellule épidermique sous-jacente, et le nucléus de celleci, changeant de position, est souvent entraîné au sommet de la cellule entre celleci et la hernie qu’elle présente. Le noyau est quelquefois plus profondément placé et occupe le centre de la cellule (pl. V, fig. 5). Enfin, en examinant l’épiderme par transparence (pl. V, fig. 4), on voit souvent autour du nucléus cellulaire un cercle foncé qui indique la papille en question.

Le rôle que les prétendues cellules adhésives jouent me paraît être plus naturel que celui qui leur a été jusqu'ici attribué; car, les Chétognathes ne se collent en aucun cas aux corps étrangers. Cette explication a d’ailleurs le mérite de concorder avec la structure de ces éléments.

B. Grassi, enfin, a décrit des glandes sous-épidermiques, localisées le long des nageoires latérales dans la Sagitta Claparedi, Grassi. Je les ai vainement recherchées dans la Spadella Marioni.

Krohn et Claparède, les premiers, signalent l’existence d’un revêtement cellulaire épithélial.

Gegenbaur étudie également l’épiderme et voit dans les soies qui existent, entre autres espèces, chez la Spadella draco, Krohn, l’analogue des soies de certains Nématodes (Enoplus).

O. Hertwig examine avec détail les diverses particularités de l’épiderme, mais il néglige certains faits, par exemple ceux qui sont relatifs à la stratification, etc., que fait connaître Grassi. Ce naturaliste montre également la diversité que les cellules épidermiques présentent avec les espèces et suivant les régions dans une même espèce.

Busch découvre les cellules adhésives dont la structure a été étudiée tout parti-

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