‹ Considerations sur la France (volume 3)Chapitre 16 sur 28 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

La nouvelle édition de cet ouvrage (i) touchait à sa fin, lorsque des Français dignes d'une entière confiance m'ont assuré que le livre du Développement des vrais principes , etc., que j'ai cité dans le chap. VIII, contient des maximes que le roi n'approuve point.

« Les magistrats, me disent-ils, auteurs du i livre en question, réduisent nos états gck néraux à la faculté de faire des doléances, et k attribuent aux parlements le droit exécutif « de vérifier les lois , celles même qui ont été « rendues sur la demande des états ; c'est-à-dire, « qu'ils élèvent la magistrature au-dessus delà « nation. »

- J'avoue que je n'ai point aperçu cette erreur monstrueuse dans l'ouvrage des magistrats

(1) C'est la troisième en cinq mois, en comptant la contrefaçon française qui vient de paraître. Celle-ci a copié fidèlement les innombrables fautes de la première, et en a ajouté d'aulres.

français ( qui n'est plus à ma disposition ); elle me paraît même exclue par quelques textes de cet ouvrage, cités aux pages uo et ni du mien ; et l'on a pu voir, dans la note de la page h 6, que le livre dont il s'agit a fait naître des objections d'un tout autre genre.

Si, commeon mel'assure, lesauteurs se sont écartés des vrais principes sur les droits légitimes de la nation française, je ne m'étonnerais point que leur travail, plein d'ailleurs d'excellentes choses, eût alarmé le roi; car les personnes mêmes qui n'ont point l'honneur de le connaître, savent, par une foule de témoignages irrécusables, que ces droits sacrés n'ont pas de partisan plus loyal que lui, et qu'on ne pourrait l'offenser plus sensiblement qu'en lui prêtant des systèmes contraires.

Je répète, que je n'ai lu le livre du Développement, etc. dans aucune vue systématique. Séparé de mes livres depuis longtemps ; obligé d'employer , non ceux que je cherchais , mais ceux que je trouvais; réduit même à citer souvent de mémoire ou sur des notes prises anciennement, j'avais besoin d'un recueil de cette nature pour rassembler mes idées. Il me fut indiqué (je dois le dire) parle mal qu'en disaient les ennemis de la royauté ; mais s'il contient des erreurs qui m'ont e'chappé, je les désavoue sincèrement. Etranger à tous les sys-

ternes, à tous les partis, à toutes les haines , par caractère, par réflexion, par position, je serai assurément très-satisfait de tout lecteur qui me lira avec des intentions aussi pures que celles qui ont dicté mon ouvrage.

Si je voulais, au reste, examiner la nature des différents pouvoirs dont se composait l'ancienne constitution française; si je voulais remonter à la source des équivoques, et présenter des idées claires sur l'essence, les fonctions , les droits, les griefs et les torts des parlements, je sorliraisdes bornes à'unpost-scriptum, même de celles de mon ouvrage, et je ferais d'ailleurs une chose parfaitement inutile. Si la nation française revient à son roi, comme tout ami de l'ordre doit le désirer; etsi elle a des assemblées nationales régulières, les pouvoirs quelconques viendront naturellement se ranger à leur place, sans contradiction et sans secousse. Dans toutes les suppositions , les prétentions exagérées des parlements, les discussions et les querelles qu'elles ont fait naître, me paraissent appartenir entièrement à l'histoire ancienne.

ÏÏS.

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