‹ Considérations sur la méningite cérébro-spinale et particulièrement sur les récentes épidémies de BayonneChapitre 23 sur 33 · RAS LORS. LÉ · texte numérisé non relu

RAS LORS. LÉ

lumiere. Cou flexible, sans raideur. Pouls calme à 55°, Deux injections de morphine modèrent cette agitation.

235 Décembre. — Les phénomènes d’excitation ont retrocédé; B... parait avoir repris Connaissance et essaie même de répondre aux questions posées, sans pouvoir articuler le moindre mot; il pousse de temps en temps quelques gémissements et reste couché en chien de fusil. Visage plus calme, mais expression hébétée. Yeux fermés, pupilles égales et très rétrécies. Cou sans raideur appréciable. Pouls à 80, respiration normale. T. 36°,8. Trémulations musculaires occupant différents groupes de muscles, surtout ceux de la face; langue sale, blanche; rien à la gorge; ventre normal: miction volontaire impossible; 400 gr. d'urine par le cathétérisme, pas d’albumine. Traitement : injections de morphine, bromure, 3 bains chauds à 40°. Injection de 1200 gr. de sérum. Lavement purgatif. Diaphorèse abondante dans l’après-midi.

26 Décembre. — Nuit assez agitée. Pendant plusieurs heures, la pupille droite a présenté une dilatation considérable, la gauche restant moyennement dilatée. L’agitation continue ce matin, bien que moindre, B... paraît vouloir répondre aux questions, mais ne peut pousser que quelques grognements. Pupilles étroites ; rougeur de la moitié droite de la face. Dévialion de la langue à droite et parésie faciale droite. Mouvements du cou et des membres faciles. Apparition de quelques vésicules d'herpès à la commissure labiale gauche. Pouls à 72. Le lavement n’a pas produit d'effet. 650 gr. d'urine par le cathétérisme. Même traitement.

27 Décembre. — Agitation extrême toute la nuit; B... a poussé des cris terribles; même situation ce matin. La paralysie faciale s’est accentuée; pupilles étroites; début d’hyperesthésie générale; langue sale, noire. Pouls fort à 68. Dans l’après-midi, à deux reprises, convulsions cloniques généralisées d’une très grande intensité, de 2 minutes de durée environ; diaphorèse abondante. Mort à 10 heures du soir avec une température de 390,5.

Autopsie. — Congestion très intense de tout le système vasculaire encéphalique. Poids du cerveau : 1650 gr. Trainées purulentes larges et épaisses le long des grosses veines de la surface externe des deux hémisphères. Couche de pus tapissant la base du cerveau au niveau du chiasma des nerfs optiques qui est englobé dans l'exsudat. Les faces antéro-latérales de la protubérance et du bulbe sont revêtues d'une couche de pus concret et verdâtre; les ventri-

gr =,

cules, particulièrement les ventricules latéraux, sont remplis d'un liquide purulent abondant et épais. Le pus forme une membrane épaisse et adhérente à la partie moyenne de la 2° circonvolution frontale gauche et de la 1'e circonvoiution-occipitale du côté correspondant. La moëlle baigne dans une couche de pus abondante. Les poumons présentent à leur sommet des nodules tuberculeux assez abondants eten voie de ramollissement à gauche ; il existe en outre des adhérences pleurales en arrière et au sommet des deux poumons, adhérences surtout fortes et étendues à gauche. Cœur gros et un peu mou. j

Rien à signaler dans la cavité abdominale à part un certain degré d'hypertrophie de la rate et la réplétion de la vésicule biliaire par une quantité très considérable de bile.

OBSERvATION xvn (inédite)

Méningite cérébro-spinale épidémique. Guérison.

B... Pierre, soldat au 49° régiment d'Infanterie, originaire des Landes, 21 ans, un mois de service. Entré à l'Hôpital le 25 décembre

Homme de constitution moyenne, un des moins vigoureux en apparence des malades atteints jusqu’à l'heure présente de méningite cérébro-spinale; pas de maladies antérieures. B... a été pris la veille, 24 décembre, dans l'après-midi, de maux de reins, de vomissements et de douleurs à la nuque : il n’a eu ni perte de connaissance, ni période d’excitation, ni élévation de température.

Nouveaux vomissements bilieux, céphalalgie, rachialgie, douleur dans la nuque; yeux également douloureux, surtout à la pression; cou raide, léger opisthotonos ; mouvements des membres faciles et sans contractures; langue sale, rien dans la gorge ; ventre rétracté ; constipation; miction impossible. Pouls à 72, régulier. T39%,

Traitement : 3 bains chauds, morphine, bromure, sulfate de quinine. Injection de 1 litre de sérum; on vide la vessie par le cathétérisme ; pas d’albumine dans l’urine.

26 Décembre. — Etat stationnaire. Agitation et délire légers dans la nuit du 26 au 27 ; le matin de ce dernier jour : opisthoto-

RÉTRRE

nos bien accentué; apparition de vésicules d’herpès à la commissure labiale droite ; rachialgie intense. Pouls à 92. Même traitement ; le sérum est porté à 1200 gr.

Situation à peu près identique les jours suivants; le malade prend très bien le bouillon et le lait (2 litres par jour).

29 décembre. — Opisthotonos très marqué; contracture du coude droit avec douleur sans épanchement appréciable; surdité presque complète. Même traitement.

30 décembre. — Amélioration de l’état général; disparition presque complète de l’opisthotonos et de la céphalalgie ; le malade urine seul, on supprime les injections de sérum.

2 janvier. — La céphalalgie et la raideur de la nuque ayant repäru, on reprend les injections de sérum; de nouvelles vésicules d'herpès se montrent au niveau de la commwissure labiale gauche et sur la moitié correspondante de la lèvre. La température remonte subitement le 6 janvier, ou 14° jour de la maladie; elle prend à partir de ce moment jusqu’au début de la période franche de convalescence un type nettement intermittent. Les accès débutent par un grand frisson et se dénouent par une diaphorèse abondante. Injections quotidiennes de sérum : 1200 gr. ; le malade prend aussi 3 à 4 litres de lait par jour.

Rien de particulier à signaler du 6 au 30 janvier; le malade a pu résister d’une façon remarquable, peut être grâce aux injections de sérum à haute dose et aussi parce qu’il a pu ingérer de fortes quantités de lait. Les accès fébriles s’accompagnaient parfois d’une céphalalgie violente qui faisait pousser des cris très élevés au ma-

. lade, et d’un retour momentané de l’opisthotonos.

B... a commencé à se lever le2 février, uno heure dans la journée, les injections de sérum ont été supprimées à yartir de ce moment. Départ en convalescence, le 18 février.

OBSERVATION XVIII (inédite)

Méningite cérébro-spinale épidémique. Guérison.

C... Mathurin, soldat au 49° régiment d'infanterie, originaire des Basses-P yrénées, 21 ans, six semaines de service. Entré à l'hôpital le 31 décembre 1897.

À son entrée, affaissement prononcé; décubitus latéral ; yeux fermés, évitant toute lumière; pupilles très dilatées; parait entendre, mais ne répond pas aux questions posées; mouvements du cou très douloureux ; hypéresthésie marquée de la moitié gauche du corps; membres souples; langue assez propre; rien à la gorge; ventre rétracté; constipation; urine seul.

Rien dans la poitrine, respiration normale. Pouls dicrote à 70. T 370, 2. Traitement : bromure, lavement purgatif; injection de sérum : À litre.

2 janvier. — Moins d’affaissement le matin; cou raide sans opisthotonos vrai; même raideur de tout le tronc qui se déplace tout d’une pièce quant on veut remuer le malade; pupilles rétrécies ; miction volontaire aisée ; débâcle par 2 lavements purgatifs. Même traitement.

Dans l'après-midi, la température s’élève subitement à 38°, 2 sans retentir sur l’état général.

- 8 janvier. — Même état; apparition de vésicules, d’herpès sur la lèvre supérieure droite et à la commission labiale correspondante; la température est redevenue normale. Même traitement.

La situation a toujours été s’améliorant et le malade a repris le régime ordinaire le 15 janvier.

OBSERVATION xi1x (inédite)

Méningite cérébro-spinale épidémique. Mort.

T..., Albert, soldat au 49° régiment d'Infanterie, originaire de la Charente-[nférieure, 21 ans, 2 mois de service. Entré à l'Hôpital le 10 janvier.

À son entrée, affaissement extrême, perte de connaissance absolue. T..., vomit à deux reprises des matières couleur jaune verdâtre quand on le couche dans son lit ; la maladie aurait débuté la veille par une violente céphalalgie et des vomissements alimentaires. Décubitus dorsal ; plaintes, gémissements et quelques cris; yeux fermés, rétrécissement pupillaire à droite, dilatation extrême de la pupille à gauche; injection conjonctivale trés marquée à droite, moindre à gauche ; hypéresthésie du membre supérieur gauche dont les mouvements doloureux amènent des contractures réflexes ;

hypéresthésie moindre aux membres inférieurs, nulle au bras droit; légère raideur du cou; langue sale, haleine fétide ; ventre rétracté : vessie dilatée contenant 700 gr. d'urine qu'on extrait parle cathétérisme; pouls très faible à 120. Mouvements respiratoires, 24. T. &1°,8. Traitement : bromure, lavement purgatif ; sulfate de quinine; injection de 1500 gr. de sérum. Diaphorèse abondante toute la journée.

11 Janvier. — Agitation extrême toute la nuit. Amélioration le matin ; la température est tombée à 38,1. T... se plaint beaucoup de la tête et de la nuque qui est raide; apparition de vésicules d’herpès labialis. Pouls, toujours très faible à 120. Même traitement, plus caféine 0,80 centigr. L’agitation reprend dans l’après midi : délire, plaintes, vomissements bilieux; nuit très mauvaise, T..., a souillé ses draps d’urine et de matières fécales.

12 Janvier. — Etat plus calme; a pris un peu de bouillon dans la matinée; deux saignements de nez peu abondants dans la journée ; l’herpès labialis est très confluent sur les deux lèvres; T..., recommence à délirer et à s’agiter beaucoup dans l’après midi; il vomit chaque fois qu’il essaie de prendre un peu de lait.

13 Janvier. — Nuit agitée. Epistaxis reviennent avec assez d’abondance. Excitation extrême, T... pousse des cris violents. Ni les bains chauds, ni le bromure, ni les injections de morphine n'arrivent à modifier cet état d’une façon bien appréciable.

14 Janvier.— Surexcitation rétrocède et faitplace à un état comateux qui s’accentue de plus en plus; respiration très irrégulière; pouls violent, irrégulier; résolution complète des membres. Mort avec une température de 420,8. Deux heures et demie après le décès, le thermomètre marquait 43°,1.

Autopsie. — Sujet vigoureux, très musclé.

Cerveau. — Traînées purulentes peu épaisses de pus grisâtre opalin, disséminées à la surface externe de la masse encéphalique, suivant le trajet des grosses veines et formant en quelques points au niveau des coudures veineuses des abcès concrets. Couche de pus assez épaisse à la partie postérieure des deux ventricules latéraux.

La moëlle baigne dans le pus qui est collecté en quantité considérable dans la portion lombaire de la cavité rachidienne. Rien à

signaler dans les autres organes, à part une dilatation considérable

de l'intestin, surtout du gros intestin.

OBSERVATION Xx (inédite)

Méningite cérébro-spinale épidémique. Mort.

H... Ferdinand. soldat au 49% régiment d'infanterie, originaire des Basses-P yrénées, 21 ans, 3 mois de service. Entré à l'hôpital le 2 février 1898, à 5 heures du matin.

La veille, 4° février, après avoir été à une marche militaire, H... avait été pris de violente céphalalgie avec prostration et épistaxis; ces phénomènes s'étaient accentués dans la soirée et la nuit,se compliquant de vomissements, et avaient nécessité son envoi d'urgence à l’hôpital.

A son entrée, agitation considérable, plaintes, cris ; H...se débat avec une force telle qu’il faut deux hommes pour le maintenir. Yeux fermés avec myosis considérable; contracture des muscles de la nuque: pas d’hypéresthésie générale; mouvements des mem bres faciles et ne provoquant ni douleurs ni contractures réflexes; langue sale; rien dans la gorge; ventre rétracté ; tâches pétéchiales assez confluentes sur la face antérieure du thorax et du ventre; respiration régulière; rien dans la poitrine; pouls à 68. T 39° à 4 heures du matin, 36°, 4 à 9 heures. Miction impossible; 850 gr. d'urine par le cathétérisme. Traitement : bromure, injection de morphine, lavement purgatif, injection de sérum : 1500 gr.

Après midi calme; vers 6 heures du soir, crise violente de 25 minutes de durée pendant laquelle deux hommes avaient peine à maintenir le malade dans son lit ; ces crises réapparaissent vers 7 et 9 heures du soir avec une intensité croissante.

Dans la nuit du 2 au 3, abattement complet; respiration saccadée ; irrégulière ; cœur désordonné, irrégulier, avec bruit de roulement continu; mort à 7 heures du matin, 26 heures après l’entrée à l’hôpital. £

Autopsie. — Sujet très vigoureux, constitution athlétique.

Congestion très intense de toute la masse cérébrale. Quelques petites traînées purulentes, minces, grisâtres sont disséminées sur la surface externe, particulièrement sur la partie antérieure des deux hémisphères cérébraux, sur les premières frontales à leur partie supérieure et à leur base. Traînée purulente plus épaisse et plus

net À

NL ri

Page 1