‹ Considérations sur la nature et le traitement du choléra-morbusChapitre 16 sur 41 · e cas , choléra apoplectique , guéri · texte numérisé non relu

e cas , choléra apoplectique , guéri

Jean Baptiste Jean , garçon-tonnelier , âgé de 34 ans , d'une constitution sanguine et robuste , montagne des corneilles n° 796, (quartier affligé par le choléra) , éprouve subitement, le 6 septembre i83s , vers les onze heures du matin , quelques vomissemens séreux et blanchâtres, des crampes dans les jambes et des coliques qui vont en augmentant dune manière efFr ayante. Je

vois le malade sur le midi ; il est dans un e'tat d'asphyxie ? ayant perdu toute connaissance et n'exprimant plus aucune douleur malgré les horribles contractions spasmodiques qui se font observer , par intervalles \ dans les membres ; la face profondément altérée et cholérique offre un aspect hideux ; la couleur de la peau est plombée et cadavéreuse , la voix éteinte 5 le pouls presque insensible , etc. Voyant le malade sur le point de succomber par la concentration du sang au cerveau, et comme la chaleur de la peau est encore assez prononcée pour espérer que le sang coulerait, j'ordonne de pratiquer sans aucun délai une forte saignée , qui me semble indispensable pour l'arracher à la mort. M. Dullière , chirurgien de garde à l'hôpital militaire , situé dans le voisinage , est aussitôt appelé , arrive en toute hâte et ouvre largement la veine céphalique. Le sang coule difficilement , surtout dans le premier moment : il est noir comme de l'encre et épais comme de l'huile. Après avoir obtenu environ trente onces de sang , sa liquidité et sa couleur deviennent naturelles , et la piqûre est fermée, A la suite de cette évacuation sanguine 7 le cerveau devient libre ; les facultés intellectuelles reprenent leur exercice ; le pouls se fait sentir fortement; la sensibilité se réveille ; mais le malade éprouve de nouveau plusieurs vomissemens aqueux , ressemblant à une décoction d'avoine. Frictions alcoholiques , cataplasme chaud de farine de lin sur le ventre , cataplasmes chauds et sinapisés aux jambes , application de la chaleur au corps 9 potion de quatre onces d'infusion de fleurs de sureau , deux onces de rob de sureau et une once et demie d'esprit de Mindererus , préparée chez

M. le pharmacien Beyle j diète absolue , eau d orge eu boisson. A quatre heures après midi , réaction assez forte 1 amendement notable : le malade ne se plaint que d'une soif très-vive. A huit heures , il est dans une transpiration abondante.

Le 7 , à six heures du matin , l'amélioration continue : le pouls est relevé 5 la physionomie revient à son expression naturelle ; la voix , quoiqu'encore rauque , est plus distincte ; la sueur est tellement copieuse 9 depuis la nuit , qu'elle perce le matelas. Rien que le décoctum pétri foresti en boisson. La sécrétion des urines se rétablit dans la journée.

Le 8 , cessation des symptômes morbifiques.

Le 9 , convalescence 5 il se plaint de faim ; on lui donne du lait coupé d'eau d'orge. Le 1 o , il commence à prendre un peu de bouillon de veau et d'arrowroot cuit dans du lait. Le i5 , guérison parfaite.

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