‹ Considérations sur la phase prodromique des délires aigusChapitre 27 sur 33 · AS: TR · texte numérisé non relu

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ments, appels, menaces. Idées de persécution et de jalousie contre une voisine. Violences, coups, bris de vitres. »

Malgré l'arsenal thérapeutique utilisé, la teneur en urée du sang est à O gr. 95 et l'agitation reste extrême ; la température monte progressivement ; la malade meurt le 27 décembre 1935.

Les renseignements fournis par le mari font remonter

les troubles actuels à une dispute survenue huit mois auparavant entre la malade et une voisine. Mme A... était en effet devenue très jalouse et accusait son mari d'entretenir de coupables relations avec la voisine. Par la suite, la victime réagit violemment et menaça à plusieurs reprises la malade. Le caractère était devenu plus renfermé, plus emporté. Le 11 décembre, elle entre à la Pitié pour se faire opérer d’un fibrome, deux jours plus tard, la veille de l'intervention, début de l'excitation.

Le mari, la fille et la concierge s'accordent pour écarter l'alcoolisme dont la malade ne présente par ailleurs aucun stigmate objectif.

Nous avons rencontré un cas où le Délire aigu est venu brutalement interrompre une évolution d’abord étiquetée P. G., mais dont le diagnostic avait été controuvé par les recherches biologiques :

OBsERvATION XX

B... Suzanne, couturière, 55 ans, entre à Sainte-Anne le “26 juin 1936 ; elle présente alors un état de confusion légère avec anxiété, onirisme, tantôt terrifiant et tantôt agréable. Troubles cœnesthésiques intenses. Les réactions

LE 60 de positives du sang, les antécédents éthyliques font hésiter le diagnostic. Envoyée à Maison-Blanche, le D' Chatagnou n’affirme pas la P. G. et conclut à un affaiblissement démentiel avec légère confusion. Cépendant un traitement stovarsolique est institué.

Grâce à des appuis politiques administratifs, la famille. obtient le transfert à Sainte-Anne. La malade entre dans notre Service le 2Z août. La présentation n’a pas sensiblement changée et le tableau est celui d'une démence avec troubles psychosensoriels anormalement importants. A la ponction lombaire, le L. G. R. parait normal. Benjoin : 00000.00000.00000. Leuco. : 0,2. B.-W.,Meinicke négatifs. Le syndrome neurologique est lui aussi normal. Le B.-W. sanguin reste positif.

Quatre jours après l’entrée dans le Service, une agitation motrice incoercible s’installe avec un état d’opposition très accentué. La turbulence démentielle a fait place à une excitation psychomotrice intense. La boulimie à un refus strict d’aliments. En quelques jours l’amaigrissement est considérable, mais la lucidité revient par instants d'une façon à peu près totale. La fièvre s'élève, la fonte. musculaire s’accentue et la malade meurt le 6 septembre.

L'observation suivante montre une terminaison brutale par un délire aigu d’une hébéphrénie : OBsERvATION XXI. Mile P... Marguerite, entre à l’Asile le 43 mai 1936. Le:

cerlificat mentionne : « Excitation maniaque atypique. Agitation motrice violente. Attitude théâtrale. Alterna--

lives de mutisme et de soliloques à voix basse. Mobilité: d'humeur, état subfébrile. Refus d’aliments. »

Jusqu'au 23 mai, la malade reste très agitée ; répondant à côté des questions : ses paroles et ses gestes traduisent un très grand désordre des idées. Le refus d'aliments est partiel ; la température reste très élevée, aux environs de 40. Urée sanguine : 0 gr. 68; urines albumineuses, 0,25 à l'Esbach.

Le 23 mai, la température baisse, l’agitation se calme et la malade couchée dans sou lit fait Seulement quelques. mouvements carphologiques. Le 26 mai, elle meurt dans le collapsus, la température étant remontée à 390.

Mile P..., avait déjà été internée à la Clinique du 28 mars au 15 octobre 1935. À cette époque, elle avait présenté, à la suite d’un syndrome confusionnel léger un état d'opposition avec mutisme, étiqueté : syndrome catatonique typique. Get état avait cédé alors qu'on pratiquait. un traitement chrysothérapique allié à la pyétothérapie, si bien que la malade fut présentée comme un cas de rémission de la démence précoce, obtenue par cette méthode thérapeutique.

Revenue guérie dans sa famille elle avait gardé une cer-. taine excitation, un aspect général hypomaniaque, et en mai dernier, avant de prendre quelque repos dans une maison de convalescence, c’est dans ces conditions qu'éclata la crise d’excitation entraînant l’internement.

Dans les antécédents personnels on note une atteinte bacillaire pulmonaire gauche et un foyer de Pott soigné à Berck durant deux ans.

La conduite de la famille fait soupçonner un certain déséquilibre, les deux sœurs rejettent sur la mère la responsabilité de la maladie de Margueritte et mènent une vie assez.

spéciale, très isolée, et mal adaplée aux nécessités s0-

ciales

Étiiseant la transition avec tes cas de Psychose

maniaque dépressive nous trouvons un cas de Psy-

chose d'involution brusquement ee D un Délire aigu. de

OBSERVATION XXIL

H... Adrienne, Pauline, 54, ans célibataire, sans profes-

sion, entre à Sainte-Anne,le 31 mars 1936, après passage

à Heari Rousselle. Hu JE RC

Sans qu'on puisse noter à l’examen physique aucun signe de localisation, la malade, très agitée à son entrée, sombre dans la confusion la plus profonde ; sitiophobie : agitation. Morte le 7 avril 1936.

Dans les antécédents on note : des crises nerveuses de l'enfance, puis vers 12-16 ans, un épisode d’agitation probablement choréique soigné par Gilles de la Tourette.

Lourde hérédité tuberculeuse du côté maternel.

La famille depuis six mois a remarqué que le caractère avait changé; la malade très scrupuleuse s’enfermait dans

une solitude farouche, restreignait ses sorties et faisait

des provisions pour éviter de voir les fournisseurs. Trois semaines avant l'internement elle va chez des

Cousins, s’accuse de toutes sortes de crimes, prétend. qu'elle va les entraîner sur l’échafaud. Quelques jours plus tard à la Madeleine, au milieu d’un office, elle fait

une confession publique à haute voix. Finalement, on

l'amène à Henri Rousselle. Le certificat d’internement

ET

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