PRESSION
[19] Dans l’eau, la pression monte vite et régulièrement à mesure que l’on s’enfonce : 1 kg. tous les dix mètres. Cette pression se répartit de façon égale sur la surface extérieure du corps (pression externe) et dans l’intérieur de l’organisme (pression interne), par l’intermédiaire de l'air respiré qui est débité à la tension ambiante. L’équilibration parfaite des pressions interne et externe permet au plongeur de ne pas être écrasé quand il s'enfonce, de n’avoir pas besoin d’une constitution exceptionnelle pour résister à l’augmentation de pression, ainsi qu’on le croit communément.
Déjà à la pression atmosphérique, la surface de notre corps supporte un poids d’air de 36 tonnes équilibré par une pression égale dans l’intérieur de notre organisme. A une altitude de 5.700 mètres, équivalente à une pression de 0,5 kg., le poids de l'air est réduit de moitié; la pression interne diminue également de moitié. Sinon, le vol en avion serait impossible : la différence pression internepression externe étant telle que l’organisme éclaterait. Inversement, pendant la plongée, à une augmentation de la pression externe correspond une augmentation parallèle de la pression interne; c’est pour cette raison que le plongeur-ne risque pas d’être écrasé, de même que l’avicteur ne risque pas d’exploser.
RAS Cependant, dans certains cas, ainsi que nous le verrons, l’égalisation des pressions interne et externe peut ne pas se faire. Il en résulte un écrasement (squeeze) quand la tension externe est supérieure à la tension interne, ou un éclatement (surpression pulmonaire) quand la pression interne est supérieure à la pression externe.
PoussÉE D’ARCHIMÈDE
[19] Le plongeur est soumis dans l’eau à deux forces verticales et de sens opposé : pesanteur et poussée d’Archimède. Cette dernière égale le poids du volume d’eau déplacé par le plongeur. Si ces deux forces sont équilibrées, c’est-à-dire si le poids du plongeur est égal au poids de l’eau qu’il déplace, le scaphandrier n’est plus attiré vers le bas ou vers le haut; il peut alors se mouvoir suivant la verticale sans effort. C’est effectivement ce qui se produit quand le lestage est correct.
L’homme nu a une flottabilité positive de deux à trois kilos. Equipé d’un scaphandre autonome, il se leste de façon à avoir une flottabilité indifférente ou légèrement négative : la descente sera ainsi facilitée; la remontée s’effectuera aisément, car les bouteilles en se déchargeant seront devenues plus légères (l’air contenu dans trois bouteilles de cinq litres chacune, gonflées à 200 kgs, pèse quatre kgs). A part cette réserve, la flottabilité de l’organisme ne varie guère à mesure que la pression monte. Le plongeur en scaphandre autonome ne court pas le risque de voir son équilibre hydrostatique perturbé.