‹ Considérations sur la réaction de Schultz et Charlton: sa technique, ses résultats, sa valeur pour le diagnostic de la scarlatineChapitre 7 sur 21 · I. — TECHNIQUE · texte numérisé non relu

I. — TECHNIQUE

Dans leur communication, Schultz et Charlton signalent la possibilité de faire le diagnostic d’une éruption scarlatiniforme de deux manières:

1° En recherchant l'extinction de l’exanthème suspect par un sérum humain normal ou par un sérum de convalescent de scarlatine ;

2° En recherchant sur une scarlatine typique, confirmée biologiquement, les propriétés extinctrices du sérüum prélevé sur un malade présentant une éruption suspecle.

La première méthode est dite directe ; la seconde est dite méthode indirecte.

1° Méthode directe

a) DATE. — Pour que la réaction soit franche, il est indispensable de pratiquer l’injection de sérum au début de la période d’exanthème. Zæller considère comme indispensable de pratiquer les injections dès le premier jour de la période d’éruption. Cependant, la plupart des auteurs ont obtenu les résultats les meilleurs au deuxième jour et ont eu l’occasion d’observer l'extinction après le

JD

troisième ou le quatrième jour. Il semble que même après cette date il n’est pas sans intérêt de pratiquer la réaction de Schultz-Charlton : lorsqu'elle est positive, elle garde toute sa valeur pour trancher un diagnostic hésitant. {

Pour Dick et Zingher, c’est la neutralisation in situ de la toxine scarlatineuse par une antitoxine du sérum qui réalise l’extinction. Or, suivant Bahov, la quantité de toxine fixée aux capillaires du derme augmente au cours de la période d’état. Les doses d’antitoxine habituellement employées n’auraient qu’un effet neutralisant insuffisant au quatrième jour.

b) Lieu D’ÉLECTION. — Les deux premiers jours de l’éruption, l’exanthème est à son maximum à la base du thorax, sur l’abdomen, les flancs, sur la face externe des cuisses. C’est à l’un de ces lieux d’élection qu’on pratiquera l'injection de sérum. Nous la pratiquons sur la peau de la paroi abdominale.

L’injection sous-cutanée d’une dose importante de sérum n’a permis d'obtenir l’extinction que dans des cas rares et inconstants ; aussi importet-il que l'injection soit faite uniquement dans le derme sous peine d’obtenir des résultats sans valeur.

A cet effet, il est nécessaire d'employer une aiguille fine (aiguille à intradermo-réaction). Lorsque l'injection est bien faite, la distension du derme se traduit par une grande résistance de la poussée du piston de la seringue ; une papule à surface ischémiée se forme et disparaît en une heure.

ESS PNA

C) LA QUANTITÉ DE SÉRUM à injecter varie selon les auteurs, de 2/10 à 5 centimètre cube. Cette dernière dose est nécessaire pour produire une extinction franche dans certaines éruptions très foncées.

Les ‘expérimentateurs anglais et italiens emploient des doses beaucoup moindres. La dose d’un demi-centimêtre cube que nous avons adoptée, s’est Loujours révélée suffisante inême dans les exanthèmes les plus prononcés, à condition de posséder un sérum dont le pouvoir extincteur a été éprouvé.

d) LA LECTURE DE LA RÉACTION est faite au bout de douze à trente six heures. Mais l'extinction est souvent précoce et dans la majorité des cas il est possible de observer dès la douzième et même la sixième heure -après l’injection.

S'il s’agit d’une scarlatine, apparaîl progressivement upe zone qui pâlit, devient rose, puis franchement blanche, exceptionnellement subictérique. La disparition de l’'exanthème se fait de la périphérie vers le centre.

On observe une plage arrondie ou ovale à contours polycycliques, de diamètre variable allant de la dimension d’une pièce d’un-franc à celle d’une paume de main. Elle est parfois limitée à sa périphérie par un liseré rouge. La peau a souvent sa coloration normale el est redevenue lisse et douce.

— Quand on examine au capillaroscope la zone d'extinction on constate que les plexus capillaires sont normaux et se détachent sur un fond à peine rosé; en opposition dans la zone d’éruption ils sont dilatés.

—tf40—

Le phénomène est d’autant plus lisible que lexanthème est plus franc. Lorsque l’éruption est fruste, la lecture de la réaction peut être plus aisée à la lumière diffuse, à jour frisant ou même à la lumière de Wood.

Hamel considère le phénomène de S. Ch. comme une guérison locale définitive ; dans tous les cas où elle s’est produite, cet auteur a vu lextinction durer jusqu’à la fin de l’exanthème et se continuer post-mortem. Cependant, il a été signalé, dans des cas exceptionnels, la réapparition de l’exanthème au bout de vingt-quatre ou trente-six heures, la persistance de l'extinction semblant dépendre alors de l’intensité de l’éruption el del’activité extinctrice du sérum injecté. Nous ne Pavons jamais observé après injection de 0,5 cc. de sérum de convalescent.

Il'est cependant certain que les sérums les moins : actifs réalisent une extinction passagère, submergée le lendemain par lexanthème, tandis que les plus actifs donnent une zone d’exlinction qui dure jusqu’à la fin de la maladie et dans laquelle la desquamation fait défaut.

Des résullats analogues peuvent être réalisés expérimentalement en pratiquant ‘des intra-dermoréactions simullanées avec des dilutions de sérum de moins en moins actives. î j

Voici à titre d’exemple les résultats que nous avons observés chez 51 scarlatineux :

ef

a) Extinction — 49 fois soit dans 96 % des cas ;

non extinction — 2 fois soit dans k 9% des cas.

RP

b) Dimension de la zone éteinte (avec 0,5 cc. sérum).

Diamètre de 55 Cm. : : = , "4 fois

» HÉM UT re l ) » DOPTSUALISS 2 ee ten Tr VD » (2 LEP 2 pre 6e ER NÉ D LE D » A LERQ lég a TRS DRE Le ps SEE ES » de ROMANE AMEL +55 » de: 5 ému. His Ft » de 6 (EF SE ER I »

hg »

2° Méthode indirecte

Il peut arriver que le malade ne soit examiné qu’au 4° ou au 5° jour où même plus tard après le début de l’éruption, celle-ci ayant alors disparu. Il est cependant possible la méthode directe étant dans ce cas inapplicable de faire le diagnostic rétrospectif de l’exanthème.

On prélève le sérum du malade et on recherchera sa valeur extinctrice sur un exanthème scarlatineux d’un autre sujet : c’est la méthode indirecte.

a) Il y a extinction locale : le malade n’est pas atteint de scarlatine ; les propriétés extinctrices n'apparaissent dans le sérum qu'après le 20 ou le 25° jour, compte tenu toutefois d’une marge d'erreur dus à l’inactivité de certains sérums normaux.

b) Il n’y a pas extinction locale : le sérumest celui d’un scarlatineux.

La valeur de cette méthode est très réelle et son étude en a été minutieusement poursuivie par Neumannet

Page 1