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CHAPITRE IV

Des Dangers de la Rupture précoce des Membranes

Après avoir énuméré les cas dans lesquels la rupture artificielle des membranes était légitime, parce qu’elle permettait de lutter efficacement contre un péril menaçant pour la mère ou pour le fœtus, nous voudrions montrer les dangers auxquels elle expose. En un mot nous voudrions faire ici le bilan, des services qu'elle rend, et de ce qu’elle coûte. Nous espérons montrer qu'en dehors des cas de nécessité absolue elle ne doit jamais être employée, parce qu’elle ne présente alors que des inconvénients.

Nous avons tiré cette conviction des résultats d’une statistique que nous avons faite à la Clinique Tarnier. Nous y avons relevé tous les accouchements durant l’année 1905, soit un total de 1679 cas.

Nous avons cru devoir éliminer tous les cas dans lesquels une dystocie fœtale ou maternelle pouvait provoquer une prolongation exagérée du travail, tous les avortements et les accouchements gémellaires, les cas de mort du fœtus ou ceux pour lesquels

nous n'avons pu recueillir que des renseignements douteux ou insuffisamment précis.

Ces déductions faites il nous est resté un total de 1302 cas se répartissant ainsi :

556 ruptures spontanées à dilatation complète ;

303 ruptures artificielles à dilatation complète ;

229 ruptures précoces ;

214 ruptures prématurées.

Nous avons alors cherché quelle était la durée moyenne du travail dans chacune de ces quatre catégories pour les primipares et pour les multipares, et de même quelle était la longueur de la période d'expulsion.

Nous croyons intéressant de publier en entier le relevé de nos recherches pour les accouchements où s’est produite la rupture précoce des membranes. Cette statistique est divisée en deux parties : la première contient les ruptures précoces chez 140 primipares ; la seconde les ruptures précoces également chez 89 multipares ; c'est la totalité des cas de rupture précoce nettement établie qui se sont présentés durant l’année 1905.

La première colonne indique le numéro d'’inscription de ces femmes à la Clinique Tarnier.

La seconde colonne le temps écoulé entre le début du travail etle moment de la rupture. Lesigne d’égalité (—) veut dire que la rupture a eu lieu dès les premières douleurs.

La troisième colonne indique le temps écoulé

après la rupture et jusqu’à la dilatation complète.

La quatrième, la durée totale du travail.

La cinquième, enfin, la durée de la période d’expulsion.

Nous montrerons à la fin de cette statistique les résultats généraux et les moyennes, et enfin les déductions que l’on en peut tirer.

Ds, A ee.

Primipares

Nombre 140. — Durée totale du travail 18h. 3 Durée de l'expulsion 1 h. 19’

La rupture a lieu après-le début du travail

heures

Temps écoulé jusqu’à dilatation complète

heures

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