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Hommes blesses, 290 »
Femmes fiévreuses, 390 j Femmes blessées , 170 ;
Femmes en couche 30
Econome, aumôniers, frères, sœurs, et
employés logés dans l’établissement. 278
Sept médecins et un professeur de clinique médicale,
Trois chirurgiens et un professeur de clinique chirurgicale , secondés par vingt élèves internes ,
Un pharmacien, ayant sous ses ordres plusieurs frères et sœurs, composent le service de santé.
Pour une telle population, renfermée dans la même enceinte, l’espace est-il suffisant? la ventilation est-elle facile et abondante ? les conditions hygiéniques, en un mot, sont-elles bonnes? les changements introduits dans le régime des malades, dans la disposition matérielle de l’édifice , ont-ils exercé une influence sur la vie des hommes et diminué la mortalité? Ce sont là précisément les
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questions que nous cherchons à résoudre, en prenant notre point de départ à l’année 1830.
Installée le 19 octobre 1830, la nouvelle Administration commença en 1832 ses travaux d’assainissement, sous la présidence de M. Terme, et les poursuivit sans relâche pendant les années suivantes (1).
L’Hôtel-Dieu était imprégné dans toutes les parties de l’édifice d’une odeur infecte, causée et entretenue par les émanations provenant des cours, des salles de dissection , du dépôt des morts , des salles de malades et de la boucherie.
Il existe dans les cours , dans la cave même et dans les cuisines de nombreuses ouvertures, destinées à recevoir les eaux pluviales et ménagères qui se rendent au Rhône par des conduits souterrains. Ceux-ci communiquent avec les égouts
(1) Je devrais mentionner souvent mon ami , M. Terme ; car il a montré dans l’administration des hôpitaux , comme plus tard dans celle de la ville de Lyon, dont il fut l’un des maires les plus honorés, cette haute intelligence et ce dévouement au bien public , qui surmontent les difficultés et produisent les œuvres utiles et durables.
SALUBRITÉ DE l’hÔTEL-DIEU. 23
chargés de toutes les immondices de l’hôpital. Il s’échappait incessamment, par ces orifices béants, des masses de gaz fétides et délétères qui viciaient l’atmosphère des cours et pénétraient dans les salles des malades. A cette mauvaise odeur venant du dehors, se joignait celle que répandaient dans l’intérieur des salles les latrines et les chaises percées.
On eut soin de faire un curage complet des égouts, de réparer les canaux et d’en fermer les orifices au moyen de cuvettes à la de Parcieux. Les latrines eurent des appareils inodores, et les chaises percées furent munies de vases hermétiquement fermés. Il en résulta une amélioration appréciable dans la qualité de l’air confiné des cours, des salles de malades et de leurs dépendances.
On établit des fourneaux de fonte en forme de potager dans quinze salles de malades, et bientôt après dans toutes les autres. Il serait à désirer, peutêtre, qu’ils fussent placés à proximité des salles, et non dans leur intérieur; tels qu’ils sont cependant, ils rendent des services réels : on y chauffe facilement les remèdes internes ou externes, ainsi que le linge de corps. Chacun de ces fourneaux remplit, en outre, une fonction importante : au moyen de sa cheminée d’appel, il attire et chasse sans cesse une masse d’air confiné, et procure de la sorte une ventilation bienfaisante. Qu’on n’abuse pas de ces fourneaux pour y faire indûment la cuisine, ils ne mériteront plus les reproches qu’on leur a souvent adressés.
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L’Hôtel-Dieu ne possédait que quelques baignoires en mauvais état , absolument insuffisantes aux besoins. On organisa un système de bains et de douches assez satisfaisant, mais qui devait quelques années après se développer dans de grandes proportions.
Au commencement de l’année 1832, le zèle des Administrations municipales et hospitalières était stimulé par la marche et les approches menaçantes du choléra asiatique ; avant même qu’il eût éclaté à Paris, on sentait la nécessité urgente d’améliorer, autant que possible , les conditions de la salubrité publique : aussi fit-on de grands efforts dans ce sens à l’Hôtel-Dieu. Blanchiment à la chaux d’une partie des murs de l’édifice au dedans et au dehors, nettoiement des cours, réfection de leur pavé afin d’accélérer l’écoulement des eaux, ouverture de plusieurs ventilateurs dans les salles, ordres sévères relativement au maintien de la propreté, rien ne fut négligé.
Enfin, le Conseil d’administration osa prendre une délibération qui fait époque. Nous avons dit qu’en 1787, lors de la création des lits en fer, leur largeur réduite à un mètre avait été calculée dans l’intention que chaque lit ne pût recevoir qu’une personne seule. Cependant, malgré cette précaution, on continuait à coucher deux malades dans le même lit. Cette coutume barbare, empruntée au moyenàge et abolie dans tous les hôpitaux des nations civilisées, se perpétuait parmi nous, sous l’empire
de la routine , à la grande surprise des étrangers.
Le Conseil arrêta, dans sa séance du 25 avril 1 832, qu’à partir du 1er mai de la présente année, il n’y aurait jamais, sous aucun prétexte, deux malades couchés dans le même lit ; et depuis cette époque jusqu’à ce jour, cette décision a été respectée.
Pour faire prévaloir cette mesure, si salutaire, si sage , si hautement approuvée par la raison et la morale, il fallait pourtant la réunion de deux circonstances : l’imminence dans nos murs du terrible fléau qui déjà frappait la capitale, et surtout les volontés unies des membres d’une Administration toute nouvelle, dont la marche n’était point gênée par les tiraillements et les embarras de la tradition. Cela est si vrai, que dans le principe quelques esprits éclairés, mais trop facilement assujettis aux habitudes routinières, ne manquèrent pas de raisonnements spécieux pour s’élever contre une décision, qu’ils considéraient comme trop sévère et trop absolue et qu’ aujourd’hui ils sont forcés d’approuver sans aucune restriction.
Dans les hôpitaux de Paris, les malades sont couchés dans des lits à rideaux et sans ciel. Ici la disposition est différente, il n’y a de rideaux que pour les lits des salles payantes (1). Tous nos lits en fer, longs de 2 mètres et larges de 90 centimètres , ont
(1) Dans ces salles , chaque malade payait par journée 2 francs , qui ont été réduits à 1 franc 25 centimes.
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un ciel en toile blanche, accompagné d’une toile qui tombe du côté du chevet et l’enveloppe ; le ciel est joint à une bande de toile appelée tour de lit, et qui forme avec le ciel une sorte de baldaquin. Autrefois ce tour de lit, qui était en drap pendant la saison d’hiver, descendait à 70 centimètres au-dessous du ciel. Afin d’examiner un malade, il fallait que le médecin glissât sa tête sous ce tour de lit pour la relever dans un réceptacle de miasmes fétides sans issue.
Sur ma demande, les tours de lit furent réduits à 40 centimètres de hauteur (1). L’inconvénient, quoique diminué , subsistait ; je le fis disparaître en restreignant l’étendue de la toile du ciel de lit du côté des pieds du malade , de manière à laisser un large passage aux miasmes. Cette mesure si simple et si avantageuse, appliquée maintenant à tous les lits de l’Hôtel-Dieu, a contribué à purifier l’atmosphère particulière à chaque malade , et par conséquent à assainir l’air confiné dans les salles.
t§33-fl§34.
Les canaux et les égouts furent l’objet de nouvelles réparations; l’église et le réfectoire, ainsi qu’une
(1) La direction de l’Hôtel-Dieu était alors confiée à un administrateur dont le dévouement et les lumières y ont laissé de profonds souvenirs de reconnaissance, M. Jacquier, père de l’un de nos collègues.
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