‹ Considérations sur la salubrité de l’Hôtel-Dieu et de l’Hospice de la Charité de LyonChapitre 11 sur 35 · SALUBRITE DE L HÔTEL-DIEU · texte numérisé non relu

SALUBRITE DE L HÔTEL-DIEU

seul fait, croirait-on que le fourgon de la panneterie et les chariots des approvisionnements séjournent dans les cours, exposés à la pluie, parce que l’espace manque absolument pour les abriter sous des remises?

On voit que, dans le système de 1844, les constructions ne s’arrêtaient pas à l’angle de la rue de la Barre et de la rue Bourgchanin, qu’elles empiétaient sur cette dernière rue, pour y remplacer les maisons caduques; tandis que, dans celui que je propose, le corps de bâtiment complémentaire se terminerait à cet angle, où viendrait le rejoindre la grille du promenoir, prolongée sur l’emplacement des maisons caduques abattues (voir le plan). Cette différence essentielle dans les deux.projets est delà plus haute importance au point de vue de l’aération et de la salubrité. Quant aux locaux qui devaient être fournis par les constructions sur la rue Bourgcbanin, ils se trouveraient remplacés très amplement par la possession de ceux qui sont actuellement occupés par l’Ecole de médecine.

Dans le projet de 1844, le devis estimatif dressé par M. l’Architecte des hôpitaux portait à 640,000 fr. la dépense totale des reconstructions. Si l’on défalque de cette somme les 150,000 fr. qu’auraient coûté les travaux sur la rue Bourgchanin, il est évident que la construction faite seulement sur la rue de la Barre n’excéderait pas une dépense de 490,000 fr.

C’est beaucoup, il est vrai. Mais il s’agit de faire

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un grand bien; et.vous avez prouvé que le désir de multiplier les moyens de secours avait semblé multiplier aussi vos ressources, car vous avez pu suffire à des dépenses souvent répétées et fort considérables.

Si l’on récapitule les sommes payées pour les travaux accomplis à l’Hôtel-Dieu depuis le 1®'janvier 1830 jusqu’au 31 décembre 1852, on obtient le résumé suivant :

Travaux ordinaires pour les ré- fr. c.

parations annuelles. 590,888 74

Ce qui fait, en chiffre moyen, une dépense annuelle de 25,690 fr.

80 cent.

Travaux extraordinaires, en y comprenant : la construction de l’aile méridionale et du corps de bâtiment sur la rue de la Barre, la création du promenoir, la restauration de la façade occidentale, etc. 1,011,153 04

La création du passage substitué à un foyer d’infection doit figurer dans ce tableau, puisque ce passage fait partie intégrante de l’édifice. . 399,614 73

Total . 2,001,656 M

Il est vrai que les capitaux employés à la construction du passage et à celle du corps de bâtiment sur la rue de la Barre sont pécuniairement productifs , puisque ce corps de bâtiment est loué à la

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ville pour l’Ecole de médecine, au prix annuel de 16,000 fr., et que le passage procure par la location des boutiques un revenu de 20,000 fr. ; mais d’un autre côté l’Administration s’est privée de 20,000 fr. de rente environ, par la démolition des maisons que remplace la plantation d’arbres du promenoir. Ainsi donc, les produits annuels du passage ne font que couvrir le déficit d’une valeur pécuniaire à peu près égale.

Il m’eût été facile de reproduire ici le tableau détaillé, année par année, de toutes les dépenses. Mais comme il ne s’agissait pas de dresser un compte financier, j’ai cru devoir me borner à mettre en évidence ces groupes principaux de cbiflûes qui résument tout; ils suffisent pour donner la preuve que l’Administration, noblement inspirée, a su s’élever à la hauteur de sa mission dont eUe a compris la portée et le but.

Malgré l’ordre sévère et la stricte économie avec lesquels ces dépenses ont été ordonnées, y aurait-il quelque opposition chagrine disposée à se récrier, et à blâmer leur extension ? S’il en était ainsi, à tous ces chifiBres de dépenses ordinaires ef extraordinaires qui, en définitive, n’ont trait qu’à des matières d’argent, il n’y aurait, pour toute réponse, qu’à opposer d’autres chiffres d’une valeur bien plus précieuse, puisqu’ils représentent la vie et la mort des hommes. Oserait-on se plaindre des frais de la culture quand ils produisent de tels fruits ?

Vous avez dépensé de l’argent ! mais dans l’espace

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de 15 ans 3^4,385 malades pauvres ont reçu des secours dont ils auraient été privés, et, sur la masse totale des malades, il y a eu 311 décès en moins que dans les années précédentes.

Vous avez dépensé de l’argent! mais dans l’espace de 15 ans vous avez arraché à la mort 4,834 malades, qui, sans ces dépenses intelligentes et libérales, auraient fatalement succombé. Jamais argent, nous le répétons, a-t-il été mieux employé? En présence de ces résultats, n’êtes-vous pas émus par ce sentiment de joie intime que donne un grand succès ? et le bonheur des familles auxquelles vous avez conservé des membres qui en sont les soutiens, ce bonheur, dis-je, ne le partagezvous pas?

Toutefois, ne perdons pas de vue que le repos n’est point permis tant qu’il reste du bien à faire. Il s’agit, répétons-le, d’achever l’Hôtel-Dieu et de le délivrer de toutes les servitudes qui lui causent un si grave préjudice ; c’est un acte non de luxe, mais de bienfaisance que la société lyonnaise attend de votre ardente charité ; c’est un sûr moyen d’abaisser encore lechiffi”e delà mortalité dans cet asile de la douleur, assaini par une plus large aération. Il n’est nullement téméraire d’avancer que si vous avez ramené la moftabté d’un sur sept à un sur neuf, vous pouvez la faire descendre à un sur dix. Cette belle perspective, qui n’a rien de décevant, n’est-elle pas propre à exciter l’élan de tous les cœurs généreux ?

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Parmi les travaux d’utilité pubücpie qui, depuis ving-tciaq ans, concourent à accroître la beauté et la Ialâ>rité delà ville de Lyon, il n’en est point de plus profitable à la classe ouvrière que celui dont j’ai rhonneur de vois entretenir; il serait pour notre population l’un des plus grands bienfaits. Ce corn- • plément de votre oeuvre, tout en contribuant pms- Lmment à embellir et à assainir les quartiers environnants, serait salué par les acclamations unanimes de tous les habitants de la cité ; car tous portent un profond intérêt à l’Hôtel-Dieu, à ce bel établissement agrandi par les dons de nos peres, et qui exprime si bien, par ses magnifiques proportions, le sentiment caractéristique des Lyonnais : la chante chrétienne.

LÉGENDE

OU

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