‹ Considérations sur la salubrité de l’Hôtel-Dieu et de l’Hospice de la Charité de LyonChapitre 18 sur 35 · DE L IIOSPICE DE LA CHARITÉ · texte numérisé non relu

DE L IIOSPICE DE LA CHARITÉ

organisation du service des nourrices, il n'y a pas aujourd’hui de différence considérable entre la mortalité des enfants trouvés nouveau-nés et celle des enfants du reste de la population. En définitive, nous conservons annuellement 116 enfants qui, sans la réforme du 1®*' octobre 1843, seraient morts dans la première ou la seconde année de leur existence. Quoique ces faits se passent hors du régime intérieur de l’hospice qui nous occupe spécialement, ils s’y rattachent et sont d’ailleurs d’un si grand intérêt qu’ils devaient être mentionnés.

Vieillards. — Les vieillards des deux sexes se divisent naturellement en trois classes : les valides, les infirmes ou caducs, et les malades.

Une salle immense, ayant 129 mètres de longueur sur 25 mètres de largeur, était affectée au logement des vieillards valides et caducs des deux sexes, séparés par un galandage de 2 mètres de hauteur. A l’extrémité de chacune de ces deux divisions étaient réservés un certain nombre de lits pour les infirmes.

Comme cet emplacement des vieillards était sans cesse habité, et que les valides n’en sortaient mo-. mentanément que pour se rendre au réfectoire ou à la promenade aux jours permis, il y régnait, malgré les soins donnés à la ventilation, une puanteur repoussante ; l’air y était constamment vicié et fort insalubre.

Les infirmes ou caducs de l’un ou de l’autre sexe furent installés dans deux salles spécinles, où ils.

reçoivent les soins particuliers qu’exige leur état.

Quant aux vieillards valides, il fut décidé qu’ils n’occuperaient que pendant la nuit la salle en question, considérée désormais comme dortoir; que, pendant le jour, ils habiteraient des ouvroirs créés à cet effet à l’étage supérieur. Les abords en sont faciles : deux escaliers larges et à pente douce servent l’un aux vieux, l’autre aux vieilles. Les ouvroirs , orientés à l’est et à l’ouest, sont percés de fenêtres opposées ; 'la vue s’étend sur le Rhône et les plaines du Dauphiné. Dans la partie centrale du plafond on a construit une rangée de huit lanternons munis de châssis d’évent, qui complètent la ventilation et donnent encore plus de clarté. Ces salles de récréation ou de travail sont d’un aspect agréable, fraîches en été et chauffées en hiver. D’après le nouveau règlement, les vieillards quittent le matin leurs dortoirs, qu’on a la facilité d’aérer largement aussitôt après ce départ, ce qu’il était impossible de faire convenablement auparavant.

Ainsi donc, par suite de ce régime nouveau, les vieillards n’entrent jamais que dans un milieu salubre, soit ouvroir, soit réfectoire, soit enfin dortoir, bien purifié pendant leur absence. De plus, ils ont la faculté d’aller à la promenade hors de l’hospice trois fois par semaine : ce sont là des conditions hygiéniques excellentes. Elles rappelleront notre attention.

A propos des vieillards valides, c’est ici le lieu de parler d’une réforme salutaire. Suivant une an-

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cienne coutume et sur la demande des familles, nos vieillards sont fort souvent appelés à figurer, une torche à la main, dans les funérailles des habitants de notre ville. Ces pauvres vieillards octogénaires, ou à peu près, puisque le moins âgé est à sa soixante - treizième année , accompagnent le cercueil. On exigeait qu’ils se rendissent ainsi jusqu’au cimetière de Loyasse. Parcourir ce long trajet, gravir cette montagne, quelle fatigue et quel danger en tout temps, mais surtout pendant les intempéries de l’hiver et les chaleurs de l’été ! Une si rude corvée n’était-elle pas incompatible avec l’âge avancé et la faiblesse de nos vieillards? Au retour, plusieurs d’entre eux tombaient malades ; d’autres, évanouis en chemin, étaient rapportés mourants à l’infirmerie de l’hospice, dont j’étais alors médecin. Touché de ce lamentable spectacle, je profitai de mon entrée dans le Conseil pour demander que cette coutume du moyen-âge, à laquelle tiennent les familles lyonnaises, fut sinon abolie, au moins modifiée de manière à n’être plus nuisible. Je proposai de la laisser subsister, mais sous la condition expresse que, s’arrêtant au pied de la côte, nos vieillards fussent de là ramenés à l’hospice sous la conduite d’un frère. Dans votre séance du 2 mars 1842, vous voulûtes bien sanctionner ma proposition. A dater de ce jour, ses bons résultats ont pu être constatés.

Deux infirmeries bien aérées reçoivent les vieux et les vieilles, aussitôt qu’ils sont atteints de mala-

dies. Telle a été l’organisation du régime des vieil, lards.

Incurables. — Les incurables occupent des dortoirs dans lesquels on a pratiqué des séparations, de manière à former une sorte de cabinet pour chacun des individus composant cette catégorie. Les cloisons d’une hauteur de deux mètres, reliées par une corniche, avec tringles et rideaux, laissent une libre circulation à l’air dans la région supérieure ainsi que dans la partie inférieure, près du parquet dont les cloisons sont séparées par un intervalle de 10 centimètres.

Dans les salles que les incurables occupaient antérieurement, on avait déjà adopté le système des cloisons, par suite d’un don anonyme de six mille francs fait en 1838 à l’hospice, dans cette intention formellement exprimée.

Enfants malades. — Les enfants malades appartenant à l’agglomération lyonnaise sont traités dans des salles au nombre de sept, situées au premier étage, et qui par leur proximité forment un hôpital du jeune âge enclavé dans l’hospice. Une huitième salle, entièrement séparée, reçoit les enfants varioleux, qui auparavant restaient mêlés avec les autres malades. Cette mesure a été très salutaire.

Pour les cas de médecine, les admissions ont lieu de deux ans à quatorze ans inclusivement;

Pour les cas de chirurgie, dès le moment de la naissance ; et alors la mère qui allaite l’enfant est

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couchée et nourrie dans une salle particulière affectée à ce genre de service.

Dans le principe, deux salles seulement furent ouvertes pour les enfants de deux à douze ans : c’étaient les salles St-Ferdinand et Ste-Marie (1). Vous voyez quel développement a pris cette institution bienfaisante, qui comble une lacune dans les secours publics donnés à la classe pauvre, et qui permet de soustraire au contact des adultes ces enfants auparavant reçus à l’Hôtel-Dieu. Espérons que, par un nouvel accroissement de cet hôpital du jeune âge, les enfants malades, étrangers à notre ville, pourront y trouver place et ne plus faire partie de la population de l’Hôtel-Dieu qui doit être uniquement composée d’adultes.

A la Charité, comme à l’Hôtel-Dieu, les salles d’autopsies cadavériques et de dissection étaient placées sous les combles; on y arrivait par l’escalier qui longe la pharmacie et conduit à l’infirmerie des vieilles. Cet escalier, aujourd’hui l’un des plus

(1) Pour chaque enfant admis , il fallait que les parents payassent 50 centimes par jour. J’obtins , en ma qualité de président de l’Administration des, salles d’asile, une réduction de 25 centimes en faveur des enfants inscrits sur les listes de cette institution. — Plus tard cette faveur devint générale, et enfin l’admission eut lieu gratuitement pour tous les petits malades. C’est par une délibération récente que les limites de l’âge d’admission ont été prolongées jusqu’à 14 ans inclusivement.

beaux delà maison, était dénaturé par la maçonnerie qui remplissait ses arcades aujourd’hui restaurées, et de plus servait de poulailler.

Ces salles de dissection et d’autopsies cadavériques avaient été réunies, en 1838, au dépôt des morts, dans une ancienne écurie sise au coin de la cour St-Martin. Outre que c’était là un affligeant spectacle offert à la vue de tout le monde de la maison, c’était un foyer d’infection; et, comme il y a un réfectoire contigu à cet emplacement, les mouches, attirées par l’odeur des mets, quittaient les cadavres pour envahir les tables à toutes les heures des repas.

Aujourd’hui le dépôt des morts et ses annexes sont relégués sous la voie charretière de la cour de la pharmacie, dans un local isolé, spacieux, bien aéré, exempt de mauvaise odeur-et dérobé aux regards. Ce local, loué auparavant au public, est ainsi rentré très utilement dans le service de l’hospice.

Dans la cour St-Josephun petit corps de bâtiment d’un seul étage a été construit pour la matelasserie et autres usages ; on y a ménagé une pièce où se réunissent les vieillards qui ne peuvent se priver de l’habitude de la pipe. Le rez-de-chaussée a été disposé pour faire un établissement de bains.

Au moment où s’achevait cette construction, nous recherchions les moyens de fournir aux vieillards une sortie indépendante, afin qu’ils pussent descendre de leur salle sans être obligés de traverser

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celle des vieilles. Déjà plusieurs projets étaient à l’étude, lorsqu’en désignant l’endroitqui me semblait le plus convenable pour l’emplacement d’un escalier, j’en découvris un tout fait, en pierre de taille, très bien conservé et d’un fort bon style. Il n’y eut absolument qu’à le mettre en évidence en faisant disparaître les planchers qui couvraient son entrée dans la salle, et la maçonnerie qui bouchait sa communication avec la voie charretière de la cour. Si je cite ce fait, c’est pour montrer jusqu’à quel point l’édifice était dénaturé de toutes parts.

Cette cour St-Joseph, où sont placés la buanderie et le lavoir, avait, comme la cour analogue de l’Hôtel-Dieu, l’inconvénient d’une humidité causée et entretenue par les vapeurs en stagnation. On déblaya la voie charretière, qui avait été mise en location et séparée à cet effet de l’intérieur du claustral au moyen d’un mur; on substitua une grille de fer à la porte cüchère donnant sur le quai : il n’en fallut pas davantage pour changer entièrement les conditions atmosphériques de la cour et de tout le voisinage. Ce fut le même résultat que celui qui avait été obtenu à l’Hôtel-Dieu.

A la faveur de ce procédé, quatre grandes voies charretières aboutissant au quai, d’autres situées au côté opposé sur la rue de la Charité, sont devenues de puissants ventilateurs qui renouvellent sans cesse l’air confiné des cours et des galeries.

Les approvisionnements de l’hospice, les dépôts de linges et d’étoffes étaient disséminés dans une

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foule de baraques qu’on venait de démolir. Un magasin général, assez vaste pour contenir tous ces objets, était commandé par l’ordre et l’économie. Je crus pouvoir tirer parti, pour l’établir, d’un corps de bâtiment où existait encore un de ces faux planchers partout démolis.—Il y avait là un rez-de chaussée et un entresol. Commelerez-de-chaussée était dequatrevingt-dix centimètres en contre-bas du niveau des cours, on le couvrit d’une couche de bitume. Une large voie, ménagée au centre des divisions établies pour les approvisionnements de natures diverses, conduit à un large escalier par lequel on monte à l’étage supporté par le faux plancher ; celui-ci est coupé, comme le pont d’un navire, par trois grandes ouvertures entourées de balustrades: elles contribuent à favoriser la circulation de l’air, et à faciliter les communications entre les gens de service. Ce magasin général, d’un bel aspect, exempt de toute humidité, est fort commode et par ses agencements et par sa position centrale dans l’hospice.

Des cuvettes inodores furent appliquées à toutes les anciennes latrines et à plusieurs autres récemment construites dans diverses parties des services. Par l’effet de cet appareil et des lanternons ventilateurs posés au sommet des cabinets, on fut affranchi de toute mauvaise odeur, à tel point que l’on a pu placer impunément dans quelques coins de nos salles des latrines dont la présence est inoffensive.

Pendant ce temps on démolissait les nombreuses baraques et les faux planchers qui remplissaient di-

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verses galeries et notamment celle du rez-de-chaussée de la cour de la pharmacie. Les arcades furent rouvertes ainsi que les fenêtres de la pièce correspondante. — En prolongeant ce travail jusqu à la barrière du quai où l’on plaça une grille, la vue et l’aération purent s’étendre du quai du Rhône à la rue de la Charité. De ce côté la galerie fut terminée par une immense fenêtre cintrée, munie d’une persienne.

Les chambres destinées aux élèves internes avaient été établies dans les soupentes des galeries. Ces logements, aussi insalubres qu’ignobles , disparurent avec les échafaudages qui les soutenaient. Les élèves internes habitèrent des chambres commodes au-dessus de la pharmacie.

Celle-ci fut assainie d’abord par l’aération donnée à son entourage, par la démolition du mur qui bouchait une voie charretière contiguë, actuellement libre, aboutissant au quai du Rhône, qu’on aperçoit au travers d’une grille en fer. La pharmacie fut assainie ensuite par la démolition de la maçonnerie qui remplissait les belles arcades de sa façade. Ce cachot sombre, humide, malsain, devint une des belles parties de l’édifice; on y fit un parquet et de nouveaux agencements. En un mot, tout ce local et ses dépendances éprouvèrent une complète ■transformation. Les visiteurs de l’hospice y admirent une pièce ornée de boiseries quidatent des premières années du règne de Louis XfV, et qui, privées d’air, tombaient de vétusté dans cet humide emplacement.

Aujourd’hui les sœurs hospitalières attachées au service delà pharmacie sont parfaitement exemptes des maux chroniques qu’elles y éprouvaient constamment.

Dans la salle de la crèche, on plaçait au milieu des enfants sains, les enfants atteints de la syphilis. Ceux-ci furent couchés dans une salle voisine, contenant sept berceaux à l’usage exclusif des nouveau-nés vénériens. Tous les ustensiles nécessaires à ce nouveau service spécial ne furent plus confondus avec ceux du service général.

On organisa, pour les nourrices qui chaque jour viennent chercher les enfants nouveau-nés, des dortoirs et une salle particulière spacieuse, bien aérée, où elles se réunissent et travaillent en comniun. Elles peuvent se promener dans le jardin de la crèche. Les communications avec les personnes du dehors, et les sorties, ayant occasionné de graves abus, leur ont été interdites.

La salle Ste-Pélagie pour les filles ,accouchées ne suffisant pas aux besoins, on augmenta l’étendue de ce service par l’adjonction d’une nouvelle salle et d’une autre salle destinée à l’accouchement. Ces locaux annexes, qui servaient aux cours de chimie de l’école, sont exposés au levant et au couchant et parfaitement salubres. Toutefois, nous rappellerons bientôt votre attention sur la disposition matérielle des salles destinées aux filles enceintes et accouchées.

La chapelle intérieure des vieillards, qui était

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sombre, humide, insalubre , fut assainie par la réouverture de quatre grandes fenêtres dont on enleva la maçonnerie; on ouvrit à l’entrée une large porte cintrée.

La restauration de l’église, qui ne put s’accomplir sans des travaux d’art difficiles, fut complétée par un calorifère d’autant plus utile que les crues du Rhône la rendaient froide et humide. La chapelle où les enfants nouveau-nés reçoivent le baptême était, suivant l’usage, cachée par des planches étendues sur la porte cintrée qui donne dans l’église; on les fit disparaître, et la grille en fer de forme élégante, remise à neuf, établit une communication entre l’église et cette chapelle annexe.

Tous les tableaux furent restaurés non-seulement dans le lieu saint, mais encore dans le reste de la maison, qui en possède quelques-uns d’un assez grand mérite. Je ne peux m’empêcher de porter les regards sur le tableau allégorique de la Charité, dont la libéralité d’un peintre lyonnais célèbre et regretté, M. Orsel, a orné la salle du Conseil. Cette belle composition, sortie des mains d’un artiste qui n’a produit que des oeuvres admirées, menaçait ruine : heureusement restaurée, elle peut braver maintenant les injures du temps (1).

(1) Deux autres tableaux religieux, attribués à Lebrun, et la belle vierge de Sasso-Ferrato, entourée d’une guirlande de fruits par Michel-Ange des batailles, placés aujourd’hui dans le réfectoire de la communauté, ont été sauvés d’une perte imminente par une intelligente restauration due à M. Dumas.

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La lingerie, les réfectoires, les bureaux de l’économat et du service des enfants, les logements des aumôniers et du chirurgien-major, les dortoirs des frères et des sœurs, leurs infirmeries particulières, éprouvèrent non pas seulement Une restauration, mais un changement radical, par suite de déplacements, de transpositions, et de distributions toutes nouvelles. Elles étaient motivées par la pensée d’em semble et opérées dans le but de classer, de grouper aussi régulièrement que possible, les catégories si diverses de notre population hospitalière.

L’infirmerie des sœurs, par exemple, occupait une salle enclavée dans le nouvel hôpital d’enfants; il fallut nécessairement s’en emparer pour ce service spécial. Une autre salle plus convenable au deuxième étage devint l’infirmerie des sœurs. Puisque nous avons parlé de cette nouvelle salle des enfants, il est à propos de rappeler en deux mots ce quelle était et ce qu’elle est devenue au point de vue de la salubrité. Privé de ventilation transversale, ne recevant l’air que par la seule rangée de fenêtres qui l’éclairent, ce local était constamment imprégné de mauvaise odeur, très humide, et réputé avec juste raison malsain. Aussitôt qu’il fut évacué, nous l’examinâmes , M. l’architecte et moi, avec la résolution de ne le livrer à l’hôpital des enfants qu’après y avoir corrigé complètement les vices inhérents à la disposition primitive. Le mur qui fait le fond de ce local est adossé à l’Hôpital mihtaire : l’humidité provenait-elle de quelque filtration dans les joints des

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pierres? L’eau ruisselait à la surface des crépis, mais on put constater, en abattant quelques fragments de cet enduit, que l’épaisseur du mur était irréprochable : donc l’humidité n’était que le produit de la respiration et de la transpiration cutanée des personnes qui habitaient cette pièce dépourvue d’une aération suffisante. Il ne s’agissait plus que de créer une ventilation: nous y parvînmes en ouvrant deux ventilateurs à fleur du parquet, contre le mur du fond et aux deux extrémités de la pièce ; en pratiquant, en outre, dans le plafond et le toit et toujours près du mur, trois larges ouvertures surmontées de lanternons vitrés à châssis mobiles. L’effet de ces ventilateurs fut si heureux, que cette salle est devenue depuis tout aussi salubre que les autres ; car le renouvellement de l’air s’y opère d’une manière facile, prompte et complète, par les vasistas des lanternons opposés à la rangée de fenêtres. Peut-être trouvera-t-on ces explications trop minutieuses, cependant elles ont leur importance. En fait de salubrité, rien ne doit être négligé, et c’est souvent, comme nous l’avons déjà dit et prouvé, par des moyens fort petits en apparence qu’on obtient de grands et utiles résultats.

Les enfants convalescents ont pour promenoir des cours ombragées par des arbres et égayées par des parterres remplis de fleurs. La cour St-Nicolas est attribuée aux garçons, la cùur Ste-Catherine aux filles. — Toutes les autres cours ont reçu également des plantations, des bancs de repos, et partout la

verdure et les massifs de fleurs rompent la monotonie du pavé et des murailles.

Aujourd’hui que le jardin de la crèche, entouré d’une grille élégante, est visible à tous ceux qui parcourent la maison, on le reconnaît à la statue en marbre qui s’y élève sur un piédestal entouré de verdure et de fleurs : c’est celle de cet homme inspiré de Dieu, dont la charité victorieuse fonda les établissements en faveur des enfants trouvés et abandonnés. Voilà bien la figure vénérée de saint Vincent de Paul : il tient un enfant dans ses bras, et va recueillir celui qui implore son secours. Il domine de cette place l’œuvre des pauvres enfants délaissés. Sa présence ravive dans tous les cœurs le sentiment chrétien, dont il fut le touchant et subbme modèle. — Lorsque M. Roccoffort de Vinières fit, en 1834, un legs de 10,000 firancs à l’Administration, pour que les traits de saint Vincent de Paul fussent toujours présents aux yeux des serviteurs des pauvres , il fiit animé d’une belle pensée. Cette statue, exécutée par M. Marochetti, et érigée en 1846, n’est pas simplement un ornement pour notre hospice de la Charité, elle y est un exemple et un encouragement (1).

(1) L^exécution de cette statue avait été confiée par l’Administration à M. le comte L. de Ruolz, alors professeur à l’Ecole des beaux-arts de Lyon. Son projet à mi-grandeur, sur lequel j’eus l’honneur de présenter un rapport au nom d’une commission , avait été accueilli avec la plus grande

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Nous renonçons à poursuivre l’énumération détaillée des travaux exécutés dans cette période d’années. Il suffira de rappeler qu’ils ne pouvaient avoir d’efficacité dans l’intérieur des salles que parle concours des travaux exécutés au dehors, c’est-à-dire dans les galeries et les cours. Aussi marchaient-ils simultanément.

Nous pûmes enfin, non sans de grandes difficultés, supprimer, ici comme à l’Hôtel-Dieu, les lavages des saUes, qui furent mises en couleur, cirées et frottées. Toutes leurs dépendances, et notamment les souillardes, furent l’objet d’une réparation générale.

Peut-être parviendrons-nous à donner une idée de la transformation singulière que cet hospice a éprouvée dans toutes ses parties, en faisant connaître le chifire des ouvertures tant portes que fenêtres qu’on y a rendues à leur destination. En voici le compte : cent sept arcades, cent vingt-cinq fenêtres, vingt portes avaient été bouchées par la maçonnerie ; toutes les autres fenêtres conservées étaient assombries par des barreaux et, de plus, par un grillage à mailles serrées dont on les a délivrées. — Il faut ajouter que les voies charretières et leur issue sur

faveur par le Conseil. Malheureusement empêché par la maladie de poursuivre son travail, M. de Ruolz en prévint l’Administration qui dut, dans un délai fixé par le testateur, accomplir ses volontés. Son choix se fixa sur un statuaire connu par de grands et beaux ouvrages, M. Marochetti,

le quai ou la rue de la Charité, avaient été séparées de l’hospice par des murs.

Sous la direction de M. Thollon, administrateur de l’intérieur de l’établissement, de nouveaux travaux ont été faits non-seulement pour maintenir la propreté des cours, des galeries et des salles, mais encore dans l’intention d’améliorer de plus en plus le régime de notre population hospitalière.

Ainsi, dans le service des vieilles on a donné plus d’espace au cabinet des latrinesj on a planchéïé la salle des hommes caducs. Celle des femmes caduques a été bitumée, et l’on y a augmenté l’aération au moyen de ventilateurs ouverts dans le plafond.

On a restauré plusieurs pièces, notamment le logement de l’économe.

Le rez-de-chaussée du corps de bâtiment de la cour St-Honoré, disposé, comme nous l’avons dit, pour former les salles de bain, contient maintenant trente baignoires disposées d’une manière très confortable.

Un séchoir dans de bonnes conditions, et une machine hydro-extracteur semblable à celle de l’Hôteb Dieu, complètent le service de la buanderie et du lavoir.

L’Administration a dû fournir, conformément à la loi, les éléments d’une clinique d’accouchement

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poiirriastruction des élèves de l’Ecole de médecine. C’était d’une diflBculté extrême, car non-seulement nous n’avions point de local disponible, mais encore dans les corps de bâtiments qui paraissaient convenables pour cette nouvelle destination la population hospitalière était déjà trop nombreuse. Après de vaines recherches et bien des combinaisons stériles, on dut se résigner à un grand sacrifice. Nous venions de terminer, avec beaucoup de peine et à grands fi*ais, l’hôpital des enfants, et de rétablir jusque vers la rue de la Charité la galerie qui longe la salle Ste-Hélène. Eh bien! c’est dans cette enceinte spéciale qu’on a été obligé d’enclaver la clinique obstétricale et ses dépendances : il a fallu refaire une construction dans cette portion de la galerie déblayée et restaurée depuis si peu de temps, et qui, par ses jours sur la rue de la Charité, donnait de l’air et de la lumière à ce quartier du claustral. U a fallu gâter l’harmonieuse disposition des salles des enfants malades, diminuer l’air, la lumière et l’espace, si nécessaires aux besoins de ce service ! Puisse cet état de choses, qui nous a fait rétrograder dans la voie de nos restaurations architecturales et des améliorations sanitaires, n’être que provisoire ! Espérons que bientôt il sera possible de faire cesser cet état de gêne et de compression, si préjudiciable à l’intéressante institution de l’hôpital des enfants! L’inconvénient grave dont nous nous plaignons n’empêche pas qu’on ne se plaigne aussi, d’un autre côté, de ce que la clinique obstétricale

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est trop à l’étroit. On a raison ; sa véritable place n’est pas là. Tout pourra se concilier par la translation de cette clinique dans un autre emplacement de l’hospice où elle sera dotée de meilleures conditions, et alors notre service des enfants n’aura plus à souffrir de ce voisinage vraiment affligeant.

La population de l’hospice de la Charité étant divisée en catégories très diverses, on ne peut se rendre compte de son mouvement général qu’après avoir passé en revue les mouvements particuliers qui appartiennent à chacune des divisions du service : c’est la marche que nous avons suivie en dressant les tableaux ci-après; ils comprennent deux périodes de huit années. La première commence au l®*" janvier 1834, et finit au 31 décembre 1841. La seconde embrasse les huit années qui ont suivi la restauration matérielle du claustral et la réorganisation du personnel servant, ainsi que la distribution méthodique de la population de tout âge et de toutes conditions dont l’hospice est le refuge. De l’étude comparative de ces deux périodes sortiront des aperçus, des réflexions et des propositions qui, ce nous semble, ne seront point sans utihté.

tableaux

Incurables.

première

POPULATION

ANNÉES

GÉNÉRAI.E de l'hospice, y compris

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