PREMIÈRE PÉRIODE. \ SECONDE PÉRIODE
Population. 45958 Population.58106
kà.é,àxài&’. militaires. 922 kAèdLoixe-. militaires. 2016
Population réelle. . . 45056 ; Population réelle. . . 56090
Décès généraux . . . 4086 Décès généraux . . . 4088
Décès militaires. . . 68 Décès militaires. . . 126
Décès de l’hospice . . 4018 Décès de l’hospice . . 5962
En prenant pour base ces chiffres, ils n’apportent presque aucun changement dans la comparaison des périodes entre elles (1), mais ils réduisent les décès réels de l’hospice à 4,018 pour la première période et à 3,962 pour l’autre, et offrent une différence de 56 décès en moins (au lieu de 2 en plus), quoique la population ait été supérieure de 11,054 personnes.
(1) Première période, sur 100 personnes. . . . 8.92 Seconde période, sur 100 personnes. . . . 7.08
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Proportionnellement, la seconde période aurait
dû donner .. . 5004 décès ;
elle n’a donné que.3962
Différence 1042
Les tableaux précédents qui résument en deux périodes de huit années chacune, le mouvement de l’hospice, sont pleins d’enseignement :
1® Incurables. — Dans la première période, on compte 1 mort sur 4.85, et dans la seconde, 1 sur 4.48. Il faut tenir compte de la constitution médicale de 1846 et surtout de 1847, dont la maligne influence s’est fait sentir partout et particulièrement dans notre hospice, de telle sorte que pour ces deux années elle élève tout-à-coup la mortalité, qui aurait dû rester dans la limite de 10 ou 11, au chiffi-e énorme de 32. Nous ne tarderons pas à constater les mêmes effets sur le reste de notre population. Sans cette circonstance extraordinaire, on voit quelle différence en moins aurait donnée le chiffre de la mortalité pendant la seconde période (1).
20 Vieillards. — On observe une augmentation considérable dans le nombre des décès, correspondant aux deux années fatales ; 209 vieillards succombent, au lieu de 125 suivant la proportion moyenne. Cependant la seconde période a con-
(1) Voir à la page 58 la note relative à la définition Æi mot constitution médicale.
servé l’avantage, puisqu’il y a eu 24 entrées en plug
et 39 décès en moins.
Ce résultat, nous le disons avec une conviction profonde, eût été encore plus consolant, si le bénéfice des ouvroirs n’eût pas été sans cesse compromis par des incidents qui ne devraient pourtant pas porter préjudice à l’existence de nos vieillardsv En détournant les ouvroirs de leur véritable destination, pour y loger un grand nombre d’enfants trouvés, rentrés à l’hospice, ou pour y établir une succursale de l’Hôpital militaire, etc., on annule les ejffets de cette création si utile; elle est comme si elle n’était pas; et les vieillards retombent dans la croupissante atmosphère de leur dortoir, où le trop petit espacement des lits ne peut être toléré qu’à condition qu’une ventilation abondante et prolongée viendra purifier l’air pendant le jour. Or, comment pourra-t-on ouvrir convenablement les fenêtres si les vieillards sont exposés à l’action de l’air extérieur? Oserait-on, pendant la majeure partie de l’année, soumettre à une telle épreuve ces corps affaiblis et déjà glacés par l’âge? Cette considération nous semble assez puissante pour appuyer la demande formulée dans le précédent rapport, savoir : qu’il faut absolument, à la Charité comme à l’Hôtel-Dieu, des salles de rechange, des salles d’en cas, pour les circonstances extraordinaires , si l’on veut que les services régulièrement établis restent toujours dans les conditions salutaires dont vous les avez dotés.
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Les choses en sont arrivées à ce point, que l’on ne considère plus les ouvroirs, qui font partie intégrante du service des vieillards, que comme des salles banales, disponibles pour toutes les éventualités. Présume-t-on, par exemple, que, vu la cherté des vivres, un grand nombre de patrons vont se trouver dans la nécessité de ramener à l’hospice une multitude d’enfants ? On ne s’en émeut point, parce qu’on a la ressource des ouvroirs pour les loger. Pendant la durée de cet encombrement dangereux, que deviennent les vieillards ? ils languissent, tout le jour, dans leurs dortoirs empestés par un air tellement puant et malsain, que les visiteurs étrangers n’en peuvent pas supporter, pendant cinq minutes, l’action méphitique. Cet abus déplorable doit cesser : il s’agit ici d’une question d’humanité. L’urgence de salles supplémentaires ou d’en cas, n’est-elle pas démontrée ?
3° Filles-mères. — Ce tableau doit appeler une attention sérieuse. Dans la première période on compte 1 décès sur 52.90 accouchées, et dans la seconde, 1 sur 30.90. Quelles sont les causes de cette affligeante différence? On a observé, il est vrai, que, depuis l’année 1844, les grands centres, tels que Paris, Rouen, Bordeaux, etc., présentaient un nombre extraordinaire de victimes parmi les accouchées, non-seulement dans.les hôpitaux, mais encore dans le reste de la population ; et ces observations ont été également fournies par la ville de Lyon et les départements circonvoisins. La cons-
titution médicale pernicieuse de l’année 1847 est caractérisée dans notre hospice par une épidémie de fièvre puerpérale dont la durée est de huit mois et pendant laquelle 60 accouchées succombent. Toutefois, peut-on se contenter de ces explications? n’y a-t-il pas, outre ces causes générales, une cause locale? C’est ce qu’il importe de rechercher.
Le département des filles enceintes et en couches est le seul qui n’ait pas eu sa part complète dans la restauration bienfaisante appliquée à toutes les localités de l’hospice.
La salle Ste-Thérèse, au deuxième étage, où les filles enceintes attendent le moment de l’accouchement, manque absolument d’espace et d’aération : elle restera dans ces conditions fâcheuses, tant qu’on n’ama pas rouvert les fenêtres du côté nord, qui sont encore bouchées par la maçonnerie. Cette restauration indispensable est liée à celle de la galerie qui longe cette salle. Souvent encombré par un très grand nombre de filles enceintes dont les lits sont beaucoup trop rapprochés les uns des autres , ce lieu d’attente est un véritable foyer d’infection ; les personnes qui y sont renfermées s’y imprègnent de miasmes délétères, et y contractent nécessairement un principe morbide.
Cet état d’imminence maladive est loin de s’améliorer dans le lieu appelé salle de douleur, au premier étage, près la salle Ste-Pélagie. En effet, on a décoré du nom de salle d’accouchement, une portion de la galerie du premier étage dont on a muré les
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arcades. Très incommode par le défaut d’espace, insalubre par l’impossibilité d’une ventilation suffisante, ce lieu, où règne constamment une odeur fétide, exerce l’influence la plus pernicieuse sur les personnes qui y sont admises et sur les localités voisines, notamment sur la salle Ste-Pélagie qui lui est contiguë.
Celle-ci, d’ailleurs, qui reçoit les accouchées, est complètement privée, ainsi que la sallé Ste-Thérèse qui lui est superposée, de fenêtres du côté nord, car elles sont murées. C’est en vain qu’on attendrait du jeu de la machine appelée tarare, et des conduits d’air que nous avons pratiqués en dernier lieu à grands frais et avec beaucoup de peine, un renouvellement efficace de l’atmosphère confinée j il y a là un vice radical qui ne peut être extirpé que par la réouverture des fenêtres et des galeries , et par l’agrandissement des locaux attribués au département des filles-mères. Autrement vous ne pourrez lesafîranchir de ces retours si funestes de répidémie des fièvres puerpérales, sorte de typhus des accouchées, et engendré , comme le typhus contagieux, par le seul fait de rencombrement dans des lieux imparfaitement aérés (1).
La ventilation venant du nord est ici d’autant plus nécessaire que les deux salles en question, recevant le soleil du midi par les seules fenêtres qui
(1) Val. be Hildesbranb , Du typhus contagieux. Trad. par le docteur Gasc , page 174 , note. — 1814 , in-8°.
y existent, sont pendant six mois de l’année d’une chaleur étouffante et renferment toujours une masse de miasmes dont on s’aperçoit promptement par la mauvaise odeur, surtout dans la salle Ste-Thérèse.
Mais, dira-t-on, pendant les huit années de la première période l’état des lieux n’était pas meilleur, et parmi les accouchées on n’avait à déplorer qu’un nombre très faible de décès. Cela est vrai! Il est possible qu’on eut obtenu des résultats aussi satisfaisants dans la dernière période ; il est probable même que la maligne influence de l’année 1847 eût fait bien moins de victimes. Mais pour cela il aurait fallu que le nombre des admissions fût restreint dans les mêmes limites. Or, ç’a été précisément le contraire : au lieu de 5,132 filles enceintes qui figurent dans la première période, on en a reçu dans la seconde 7,860, c’est-à-dire 2,728 ou la moitié en sus! N’est-ce pas à cet encombrement qu’on doit rapporter la véritable cause du mal ? ne sait-on pas que les épidémies les plus désastreuses se déclarent souvent au milieu d’individus primitivement bien portants et robustes, par le seul fait de leur agglomération outre mesure dans un milieu mal aéré (1) ? Diminuez d’un tiers ou de la moitié le
(1) Pringle , ouv. cité , 1. 1 , p. 160.
Pendant les guerres de la République et de l’Empire, l’encombrement dans les hôpitaux a fait périr un plus grand nombre de soldats français que le fer de l’ennemi. Revolat ,
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nombre des individus entassés dans ces locaux trop étroits, l’état sanitaire s’y maintiendra bon, car vous aurez par cette soustraction de personnes augmenté l’aération et agrandi l’espace.
Au reste, les médications les plus habiles employées pour combattre ces épidémies si redoutables n’exigent-elles pas avant tout la précaution par excellence , qui consiste à soustraire les malades aux influences pernicieuses du foyer d’infection, en les transportant dans un milieu bien aéré et exempt de toute émanation délétère?
C’est bien ce qu’on cherche à faire dans notre hospice. Mais comment y parvenir, quand toutes les salles sont occupées et qu’il n’y a point de local disponible à cet effet?
Toutes ces considérations, appuyées sur les faits dont elles sont l’expression fidèle, démontrent surabondamment l’urgence d’une régénération dans les dispositions matérielles du département des filles enceintes et accouchées. C’est difficile, oui, sans doute ; mais les difficultés seront vaincues si l’on se pénètre bien de cette pensée dictée par 1 expérience: « Ce qui sauve les accolichées dans les hôpitaux, dit Charles White, c’est l’attention extrême de ne les point renfermer dans une atmosphère
Nouvelle hygiène militaire, un vol. in-S®. Lyon, 1803. Tourtelle, Eléments d'hygiène, avec additions par M. le docteur Bricheteaü, 2 vol. in-8". Paris, 1822.
impure, mais de leur faire respirer un air coulinuellemenl renouvelé. »
- Les salles d’accouchement de l’hospice destinées aux filles-mères reçoivent quelques femmes mariées qui, ne faisant pas partie de la population de Lyon, ne peuvent être admises à l’Hôtel-Dieu. Les proportions des catégories de nos accouchées sont assez exactement représentées par cet extrait des registres :
Admissions pendant les années 1844-1845-1846;
Filles enceintes de Lyon et du Rhône. . 1,717
— de divers départements. 329
— de la Savoie. 51
— de la Suisse. 31
Femmes du Rhône. 78
— de divers départements ... 49
Tout en signalant l’augmentation des décès dans les rangs de nos accouchées, augmentation déplorable, qui ne peut être produite que par la cause évidente de l’encombrement et du défaut d’aération, il importe de rester dans le vrai, en évitant toute assertion exagérée. Nous avons donc hâte de dire que nos filles en couches sont entourées des soins les plus attentifs et les plus expérimentés, et que l’Administration s’efforce de multiplier autant que
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possible les précautions de propreté dans le service obstétrical. En voici une nouvelle preuve: jusqu’à ce jour les élèves sages-femmes étaient chargées du soin pénible de vider et de nettoyer les vases contenant les déjections. Après ce travail rebutant, qui tous les jours les dérangeait de leurs études, elles revenaient tout imprégnées de miasmes délétères auprès des lits des accouchées. Il y avait là un danger réel, surtout pendant les épidémies puerpérales. Par suite du nouveau règlement, les élèves sages-femmes, affranchies de cette corvée, ne pourront plus apporter dans l’atmosphère des accouchées une influence malsaine et souvent pernicieuse.
En définitive , il est juste de reconnaître que les filles-mères trouvent à l’hospice de la Charité de Lyon des chances au moins aussi bonnes que dans la plupart des hospices spéciaux soit de France, soit des pays étrangers, où les décès s’élèvent à des proportions parfois effrayantes, en raison d’une sorte d’influence morbide endémique. Cette remarque a été faite souvent par des observateurs compétents en pareille matière.
Ces réflexions et celles qui précèdent trouvent leur justification dans le tableau suivant, qui embrasse le mouvement de vingt-deux années, de 1831 à