TOTAUX
DE l’hospice de LA. CHAEITÉ. 185
CHARITÉ DE LYON, de 1831 à 1852 ( 22 ans).
PÈMODE.
Total de la population Total des décès. .
Population.
HOSPICE DE U Décès mensuels des Filles-mères,
seconde
Septembre 66
fl
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DE l’hospice de LA CHARITÉ.
charité de LYON, de 1831 à 1852 ( 22 ans ).
PÉRIODE
Population.
Décès.
Population.
Décès.
Population.
Décès.
Population.
Décès.
Population.
Décès.
Population.
Total de la population ..... 10,164 Total des décès. . . . . • ■ • 279
Ces deux tableaux, comparés entre eux, nous
donnent les résultats suivants :
Première période. Population. . . . 7497
Deuxième période.10164
En plus. 2757
Décès 175 1 femme sur 42.32 sur 100 2.36 Décès 279 1 femme sur 36.43 sur 100 2.74
Mortalité générale pendant ces 22 années :
Filles en couches, 17571. — Décès, 454.
Sur 100 accouchées , 2.58 ont succombé.
C’est un décès sur 38.70 accouchées.
Si l’on compare ces résultats avec ceux de la Maternité de l’Hôtel-Dieu, on est jfrappé de l’énorme différence que présentent ces deux services :
En effet , sur cent femmes accouchées , on
compte . ..1.45 décès,
et sur cent filles accouchées . . . 2.36.
Chez les premières, c^est 1 décès sur 68.94 accouchements;
chez les secondes, c’est 1 décès sur 38.70 accouchements, ou presque le double.
Mais il est vrai de dire que dans tous les hospices d’accouchement on observera constamment une proportion de décès très forte, en comparaison de celle de nos salles de maternité à l’Hôtel-Dieu. Combien de fois n’avons-nous pas vu des adm^
DE l’hospice de la chaeité. 189
ûistrateurs et des médecins étrangers compulser nos registres pour vérifier ce qu’on leur avait appris de cette mortalité renfermée dans des limites si étroites et si exceptionnelles! Leur étonnement n’a-t-il pas été partagé par M. le baron de Watteville lorsqu’il était en inspection dans le département du Rhône (1) ?
Il est facile, ce nous semble, d’expliquer cette disproportion. Les femmes enceintes n’arrivent à l’Hôtel-Dieu qu’au moment de leurs couches : inscrites d’avance, elles savent que leur lit est tout prêt à les recevoir ; elles apportent dans un local bien aéré, parfaitement salubre, des dispositions physiques régulières et une conscience tranquille. — A la Charité, toutes ces conditions existentelles? Nullement; c’est précisément le contraire.
Les filles-mères sont en proie à des affections morales qui depuis le commencement de la grossesse ont troublé plus ou moins profondément leur existence. Inquiètes sur leur présent et sur leur avenir, bourrelées de remords ( car parmi elles on compte beaucoup de filles trompées et plus malheureuses que coupables), combattues souvent par le désir de conserver leur enfant et la crainte d’affî-
(1) Je cite le nom de M. le baron de Watteville avec d’autant plus de plaisir , que je lui dois plusieurs bonnes idées touchant les mesures de salubrité applicables à l’hospice de la Charité ainsi qu’à l’Hôtel-Dieu , et qui ont été employées avec avantage.
190 SA.LUBRITÉ
cher leur honte, elles sont malades plus ou moins par le seul fait de l’anxiété morale ; et d’ailleurs le genre de vie qu’elles ont mené, les privations, les humiliations, les manœuvres parfois employées pour provoquer l’avortement, tout enfin ne s’estdl pas réuni pour développer en elles un germe morbide pernicieux ? Admises à l’hospice deux ou trois semaines avant le terme de la grossesse, elles sont entassées dans une salle insalubre par l’encombrement et le défaut d’aération. Elles s’y imprègnent, nous l’avons dit, de miasmes délétères. C’est dans ces conditions que survient l’accouchement, et que les joies maternelles se changent pour elles en amères douleurs. Après la fatigue de tant d’épreuves physiques et morales, est-il donc étonnant que parmi ces malheureuses filles la mort fasse tant de ravages , lorsqu’elle respecte l’asile de paix où les femmes de nos ouvriers viennent se parer légitimement du titre sacré de mères ?
Telles sont, sans doute, les causes de la mortahté à peu près double qu’on observe dans les salles d’accouchement de la Charité, comparées à celles de l’Hôtel-Dieu.
4» Enfants trouvés {Mouvement intérieur). — La bonne tenue de la crèche et la salubrité toute nouvelle des locaux environnants, la facile aération du jardin actuellement dégagé de son enceinte de murailles, expliquent la diminution considérable dans la mortalité des enfants nouveau-nés.— Les enfants, du jour de lanaissance à un an, ont ressenti fin-
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fluence fatale de la constitution médicale de 1847: parmi eux les décès se sont élevés au chiffre de 116. Il en a été de même pour les enfants au-dessus de l’âge d’un an : la mortalité a été de 745, sur la masse des enfants trouvés, dans l’intérieur de l’hospice, quoique pendant cette année de 1847 leur nombre ait été bien inférieure celui des cinq années subséquentes.
Cette remarque prouve encore que la constitution médicale n’a épargné ni les sexes, ni les âges différents et extrêmes de la vie ; elle s’appbque également à la catégorie suivante.
5° Hôpital des enfants (de 2 à 12 ans). —Parler de cet intéressant service, et n’avoir à produire que des relevés arithmétiques, c’est, pour un médecin, une tâche bien stérile et bien ingrate. Mais il faut nous renfermer strictement dans notre cadre.
La simple inspection du tableau comparatif de mouvement dans les salles des enfants malades doit suffire pour faire apprécier leurs excellentes conditions de salubrité. Cependant l’année 1847 y est marquée par son influence meurtrière : quoique le nombre des enfants admis reste inférieur à celui des années subséquentes, on voit les décès se multiplier et atteindre le chiffre de 285. A part cette mortalité insobte, due à une cause mystérieuse que les efforts de l’art sont impuissants à combattre victorieusement, vous voyez que ce service spéciàl, largement développé sous l’influence d’une aération abondante et pure, s’est affranchi presque de moitié
du tribut qu’il doit payer à la mort : celle-ci a reculé au fur et à mesure que la salubrité se répandait dans ce département et dans les localités environnantes.
Puisse cette heureuse conquête n’être point compromise ! Puissent ces résultats n’être point amoindris par la compression alarmante que vient de ressentir notre hôpital d’enfants! Je veux parler de l’installation obbgée de la clinique obstétricale en faveur des élèves de l’Ecole de médecine, création utile sans doute, mais opérée de la manière la pins fâcheuse, puisque vous n’avez pu satisfaire à la loi qu’aux dépens d’un service parfaitement établi. Puisse la diminution de l’air et de l’espace n’être pas bientôt, comme je le crains, caractérisée par l’insalubrité des salles contiguës, c’est-à-dire par une mortalité plus forte parmi ces intéressants malades, qui déjà ont à souffrir de ce triste voisinage, implanté sur le périmètre qui leur était entièrement réservé !
6 ® Mouvement général.— Les circonstances pernicieuses tant de fois signalées, auraient dû. aggraver sensiblement le tableau de mortalité de la seconde période; cependant nous avons pu lutter contre elles avec un avantage marqué. En effet, pendant ces huit dernières années on a reçu 12,148 individus de plus que dans les huit années précédentes, et il n’y a eu que 2 décès en plus; le chiffre de la mortalité s’est abaissé de 1 sur 11 à 1 sur 14. Cent personnes admises dans la première période donnent 8.99 ou
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presque 9 décès, tandis que dans la seconde ce mêmenombre d’admissions ne donne que 7.03 décès. Suivant la proportion, la seconde période aurait
dû donner.5,166 décès,
on n’en a compté que . . . . . 4,088
C’est une différence de . . 1,078
Si je ne parle pas du mouvement fourni par les militaires malades temporairement installés dans les ouvroirs à cause de l’insuffisance de l’Hôpital militaire, c’est qu’il n’en résulte pas de changement bien notable en ce qui touche notre mouvement général. On peut s’en assurer au moyen des observations et des chiffires contenus dans les pages précédentes.
A l’hospice de la Charité comme à l’Hôtel-Dieu, la mortalité a donc diminué en raison des assainissements introduits dans toutes les parties de l’édifice et de ses alentours. Il est de toute évidence que cette diminution, déjà très satisfaisante, l’eût été bien davantage, ainsi que nous l’avons clairement démontré en examinant chacun des départements du service général, si d’une part l’influence maligne de la constitution médicale de 1847 n’avait pas produit des ravages insolites dans notre population hospitalière, et si d’autre part les encombrements de personnes n’avaient pas contre-balancé et presque paralysé dans certains services l’action salutaire des agents de l’hygiène.
Ce n’est assurément pas sans de grands efforts, ni sans de grandes dépenses, que nous sommes par-
19i SALUBRITÉ
venusàrestaurerrhospicedela Charité; elcepeadant
si l’on réfléchit à tout ce qu’il y avait à faire, si l’on sait que les seuls frais de démolition, y compris les restaurations immédiates des fenêtres, se sont élevés a 50,000 fr. environ, on doit s’attendre, pour l’ensemble des opérations, à des chiffres considérables.
Voici le résumé des dépenses depuis 1830 jusqu’au 31 décembre 1852 :
Travaux ordinaires. . . . 523,549 fr. 45 c.
Ce qui fait en chiffre moyen 22,763 fr. par année.
Travaux extraordinaires . . 205,427 80
Total. 728,977 fr. 25 c.
Que, de prime abord, ce chiffre total paraisse exorbitant, nous le concevons. Mais qu’on le décompose par petites sommes affectées aux détails si variés des travaux opérés sur tous les points de l’édifice et de ses dépendances; qu’on se rende compte, en un mot, de cette restauration générale qui équivaut, pour ainsi dire, à une construction primitive, on acquiert la certitude que tout a été réglé strictement suivant la mesure des besoins. En effet, toujours dirigés par un esprit d’économie sévère, mais en même temps toujours désireux de rendre à ce bel établissement ses conditions premières de salubrité et de l’approprier convenablement aux exigences de sa destination, nous n’avons
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rien donné au goût de luxe et de vaine ornementation. Les vrais ornements d’un hôpital, son luxe propre, c’est-à-dire les qualités fondamentales si souvent définies dans les pages qui précèdent, voilà ce que nous avons recherché avec persévérance. Lorsque, par un examen attentif, on apprécie les heureux effets de la régénération de cet hospice; lorsqu’on se pénètre de l’idée consolante que des secours plus larges et plus efficaces ont pu, grâce à çes dépenses, être appliqués à un hien plus grand nombre de malheureux de tous les âges, puisque, dans cette dernière période de huit années, les admissions ont été de 12,148 en plus et que pourtant les décès n’ont été que de 2 en plus ; lorsque enfin on constate que 1,078 individus, qui forment le quart de la population, devaient périr et ont été sauvés, qui pourrait ne pas approuver des dépenses si utiles et si fécondes, qui pourrait ne pas s’associer à la joie de la victoire remportée sur la mort ?
Jamais argent fut-il mieux dépensé? C’était ce que nous disions en parlant de l’Hôtel-Dieu; nous le répétons ici, mais en ajoutant, comme pour l’Hôtel-Dieu, qu’il reste beaucoup à faire dans l’hospice de la Charité, et qu’après avoir si bien commencé l’œuvre de régénération, il faut la compléter: le hien public l’exige.
Pour arriver à ces fins, deux opérations liées entre elles sont nécessaires : il s’agit premièrement de transférer hors de l’enceinte de l’hospice la boulangerie sise dans la courSt-Honoré; secondement,
de construire sur cet emplacement le corps de bâtiment projeté qui achèverait l’édifice.
En 1846, la Commission spéciale, instituée à l’effet d’examiner la première question, avait discuté les avantages et les inconvénients de la suppression absolue de la boulangerie. Dans ce système on aurait passé des marchés avec des fournisseurs, comme pour la viande et autres objets de consommation. Après de longues délibérations, appuyées de calculs et toujours dirigées par le désir de concilier le bien-être des malades pauvres de nos établissements avec l’ordre et l’économie, la Commission, considérant qu’il fallait aussi prévoir les événements et assurer la régularité du service quelles que fussent les éventualités, arrêta que la manutention du pain qui alimente les hôpitaux et hospices de Lyon serait conservée, mais transférée soit aux Broteaux, soit au lieu dit la Quarantaine, sur la rive droite delà Saône. C’est ce dernier avis qui prévalut. Organe de cette Commission, je signalai au Conseil les graves inconvénients et même le danger résultant de la présence de la boulangerie dans l’intérieur de l’hospice : elle peut devenir une cause d’incendie ; elle est fort incommode par les hurlements des geindres qui fatiguent tout le voisinage; enfin elle dépare la belle ordonnance de l’hospice, et occupe un vaste périmètre qui peut et doit recevoir une destination importante. Ces motifs , que j’extrais de mon rapport, furent appréciés parle Conseil, qui à Funanimité adopta en principe les
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conclusions de la Commission et manifesta le désir de les mettre à exécution aussitôt que l’état des finances le permettrait : décision naturelle et logique, puisqu’elle n’était que la suite d’idées déjà produites dans des discussions antérieures.
En effet, cinq ans auparavant, en 1840, il avait dû être question de déblayer le sol occupé par la manutention du pain, alors que l’Administration s’occupait avec activité des plans et devis relatifs à l’achèvement de l’hospice. On voulait construire le corps de bâtiment indiqué par les pierres d’attente qui datent de la naissance de l’hospice, et destiné à relier les parties de l’édifice sises au levant et au couchant de la cour St-Honoré. Quelques difficultés, survenues dans lés conventions avec le locataire général de l’hôtel de Provence, furent cause de l’ajournement du projet. Mais, nullement abandonné, il fut repris à dix années d’intervalle, c’est-à-dire en 1850, lorsque des obstacles à peu près de même nature entravèrent encore cette grande et utile entreprise. Elle s’accomplira, nous n’en doutons pas, et dans un avenir qui ne saurait être éloigné; car les besoins sont urgents, et il est de toute évidence que l’hospice doit recevoir l’espace et le développement qui lui manquent absolument. Il y a là une de ces nécessités impérieuses auxquelles il est impossible de résister.
Que, par suite de combinaisons financières très sages et toutes dans l’intérêt des pauvres, l’Administration ait voulu accroître ses revenus en dis-
trayant du service hospitalier les vastes locaux dont se composent l’hôtel deProvence et ses dépendances; qu’elle ait encore, dans le même but, mis en location une autre partie de la façade sur la place de la Charité, c’est juslifiable ; mais il importe que les divers services de l’hospice n’en ressentent aucune compression, aucune gêne. Eh bien! en présence des faits, nous sommes obligés de reconnaître que ces maux redoutables existent et qu’ils appellent un prompt remède. Or, il sera fourni par la réalisation du double projet : translation de la manutention du pain hors du claustral, achèvement de l’édifice.
Admettez que cette double opération soit faite et terminée, quelles précieuses ressources ne vous offre-t-elle pas !
Parlerai-je de la beauté architecturale qui doit en résulter; de la régularité donnée aux parties de l’édifice, jusqu’à ce jour incomplètes? Ce serait un avantage qu’on ne peut voir avec indifférence. Mais il s’agit de choses bien autrement importantes :
1“ L’hospice est affranchi d’une servitude incommode et dangereuse : la manutention du pain, tout à-fait déplacée dans le centre de l’édifice.
2“ La cour St-Honoré, devenue la plus spacieuse et la plus belle de toutes, est séparée de l’hôtel de Provence par un corps de bâtiment régulier.
3“ Ce corps de bâtiment, composé d’un rez-dechaussée , d’un premier et d’un second étage avec galeries comme dans le reste de la maison, présente un développement de 38 mètres de longueur sur
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14 mètres de largeur. Les nouvelles salles ont 9 mètres de largeur ; et, quant à leur longueur, on peut la borner ou l’étendre suivant les besoins,
4® Grâce à cette construction complémentaire, on peut fonder à la Charité un service obstétrical complet et qui serait cité comme modèle. Les salles de l’HôteLDieu affectées aujourd’hui au service de la maternité rentreraient dans le domaine des fiévreuses ou des blessées. Les femmes enceintes seraient admises pour leurs couches à l’hospice de la Charité dans un département complètement séparé de celui qui est attribué aux filles enceintes et en couches, avec lesquelles je n’ai garde de confondre les mères de famille, dignes d’un respect particulier.
Les salles d’accouchement à l’Hôtel-Dieu datent du temps où l’on y recevait les aliénés, les galeux, etc. Elles n’y sont pas à leur véritable place ; elles appartiennent non à l’Hôpital général, mais à un hospice spécial, conformément à l’usage qui a prévalu avec raison, dans tous les grands centres de population.
5® Quant aux filles enceintes et en couches, elles seront en partie logées dans des locaux supplémentaires, spacieux, bien aérés, et cela avec d’autant plus de facilité que l’extrémité occidentale du nouveau corps de bâtiment aboutit au département qu’elles occupent actuellement.
C’est alors qu’il devient facile de rouvrir les galeries e‘t les fenêtres murées dont la restauration est
si nécessaire, et d’établir pour les accouchées malades une infirmerie distincte des salles occupées par les accouchées en état sain.
6 ® La clinique obstétricale de l’Ecole, transférée dans le bâtiment neuf, y est plus à l’aise et rend ainsi à l’hôpital des enfants l’espace et l’air dont elle le prive aujourd’hui, et qu’il importe de restituer à cet établissement d’une ordonnance primitive si heureuse.
7® L’hospice est enfin doté de salles de rechange ou d’en cas, si indispensables pour parer aux encombrements. Le service des ouvroirs des vieillards reste à tout jamais assuré.
8 “ Les enfants trouvés , ramenés quelquefois à l’hospice par masse, suivant les événements qui portent la perturbation dans les campagnes, peuvent y être logés sans préjudice pour l’ordre et la régularité de la maison.
Ne sont-ce pas là d’immenses bienfaits? Pour peu qu’on examine l’état actuel de l’hospice, en comparant la pénurie des locaux avec les exigences du service ordinaire et des circonstances extraordinaires qui se reproduisent si souvent, on comprendra qu’il ne s’agit point ici de dépenses pour objets de luxe, mais bien pour causes d’un intérêt majeur, celui de l’humanité.
En parlant de ces projets d’achèvement de l’hospice, en exprimant le vœu qu’ils se réalisent, j’ai omis sans doute bien des choses de détail qui ont trait au régime intérieur. Si je n’ai point men-
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lionné d’autres projets relatifs à un système plus économique de chauffage et d’éclairage, applicable aux deux hôpitaux, relatifs également à un perfectionnement dont les procédés culinaires sont susceptibles, c’est que vous méditez ces grandes questions et que vous attendez, pour prendre un parti définitif, le résultat des expériences tentées dans d’autres hôpitaux, qui, plus tard, pourront nous fournir d’utiles exemples. Et d’ailleurs nos établissements ne sont pas, à cet égard, dans des conditions telles qu’on doive se montrer très impatient de se lancer dans l’inconnu. Au point de vue de la nourriture, du chauffage et de l’éclairage, notre population hospitalière est mieux partagée que celle de la plupart, des établissements dont on vante la bonne tenue et le progrès.
Si donc nous pouvons attendre en ce qui touche ces diverses améliorations, il n’en est pas de même par rapport à l’achèvement des deux édifices hospitaliers : l’Hôtel-Dieu et la Charité.
Cette démonstration évidente que la mortalité dans l’un et l’autre de ces établissements offre une diminution d’autant plus marquée que la salubrité s’est accrue, ne doit-elle pas être un stimulant continuel et assez puissant pour doubler les efforts? et ne devez-vous pas chercher par tous les moyens possibles à abaisser encore, dans l’hospice de la Charité, le chiffre déjà si amoindri des décès?
Pour atteindre le but il faut du travail et des luttes, il faut des sacrifices. Mais vous le savez.
202 SALUBRITÉ DE l’hOSPICE DE LA CHARITÉ.
Messieurs, et vous le prouvez tous les jours, on ne fait le bien qu’à ce prix ! Ce n’est qu’à ce prix qu’on obtient de Dieu cette bénédiction vivifiante, sans laquelle les hommes s’agitent en vain; sans laquelle toutes les entreprises humaines, frappées d’impuissance, restent inachevées ou stériles (1).
(1) Et cœpisti benedicere domui servi tui, ut sit semper coram te : te enim, Domine , benedicente, benedicta erit in perpetuum. ( Paralipomen. xvii, 27).
Benedictio Domini divites facit, nec sociabitur eis afflictio. (Salomon. Proverb, x , 22).
(2) Nisi Dominus ædificaverit domum, in vanum laboraverunt qui ædifîcant eam.
Nisi Dominus custodierit civitatem, frustra vigilat qui custodit eam. (David . Psalm. cxxvi).
LÉGENDE
DU