OBSERVATIONS
Observation I. — (Publiée par le docteur Toulouse. Bull. de
Thérapeutique, 15 iuillet 1901).
S..., 21 ans. Etat de démence précoce. Elle maigrissait depuis quelque temps. On lui donne à partir du 6 janvier 1804 (poids 40 kilogrammes) 300 grammes de sucre par jour. Elle grossit régulièrement de 100 grammes en moyenne, et, quatre mois après, le 10 mai, elle pesait 61 kilog. 750.
À certaines périodes, elle a augmenté de 400 grammes par
jour.
Osservation II. — (Publiée par le docteur Toulouse. Bull. de Thérapeutique, 15 juillet 1904).
L..., 40 ans. Débile intellectuelle et sourde muette. Elle maigrissait depuis quelques mois. Le 15 mai 1903, elle pesait 47 kilog. 750.
On ajoute à sa ration ordinaire 300 gr. de sucre par jour. Le 25 février 1904, elle avait gagné 11 kilogrammes.
Le gain moyen a été de 40 grammes, mais il a été de 100 grammes
par périodes.
Observation III. — (Publiée par le docteur Toulouse. Bull. de
Thérapeutique, 15 juillet 1904).
M... 27 ans. Idiote. Cette malade qui ne pesait, par suite d’amaigrissement, que 34 kilog., le 31 janvier 1904, fut mise à la ration quotidienne de 300 grammes de sucre.
Le 22 mars, soit deux mois après, elle avait gagné 8 kilog., soit
130 grammes par jour.
Observation IV. — (Publiée par le docteur Toulouse. Bull. de
Thérapeutique, 15 juillet 1904).
Pig..., 20 ans. Etat de confusion mentale aiguë. Se nourrissait très mal et avait beaucoup maigri quand elle entra dans le service, le 3 janvier 1904, époque à laquelle elle ne pesait que 37 kilog. 500.
Je la mets au régime lacté à 8 litres par jour, ce qui d'ordinaire détermine un certain accroissement de poids que j'accentue avec la dose de 300 grammes de sucre par jour.
Le 4 juin, elle pesait 51 kilog. 600, ayant gagné quotidienne-
ment 200 grammes de poids par périodes.
Observation V. — (Publiée par le docteur Toulouse. Bull. de
Thérapeutique, 15 juillet 4604).
Ch..., 44 ans. Affaiblissement intellectuel avec épilepsie. Cette malade maigrissait depuis plusieurs mois, lorsque, sans changer sa ration alimentaire, je lui donne le 31 janvier 4904 — époque à laquelle elle pesait 57 kilog. 200 — 300 grammes de sucre par jour.
L'accroissement de poids fut très rapide et dure encore. Le 1‘ juin 1904, elle pesait 76 kilog. 800, soit un gain total de 20 kilog. en quatre mois et un gain moyen quotidien de 160 grammes par
jour et parfois de 450 grammes,
Pr StnEl
Observation VI. — Service du docteur Toulouse. (Publiée par
le docteur Damaye. Revue de Psychiatrie, octobre 1904).
X..., 40 ans, mélancolique et gémisseuse, depuis janvier 1904, refuse de s'alimenter.
Son poids était tombé à cette époque à 36 kilog. 500.
On lui administra dès lors, au moyen de la sonde, un litre de lait deux fois par jour, et dans chaque litre, on faisait dissoudre 125 grammes de sucre.
Il y eut, au bout de quelques jours, une amélioration surprenante de l’état physique.
Nous avons ainsi alimenté cette malade jusqu'en fin août dernier : son poids était à ce moment de 51 kilog., soit un gain de près de 15 kilogrammes.
Cette malade avait un aspect beaucoup plus florissant que lors-
qu'elle s'alimentait spontanément au rigime ordinaire.
Observation VII. — (Service du docteur Toulouse. Publiée
par le docteur Damaye. Revue de Psychiatrie, octobre 1904).
X... Excitée maniaque de 18 ans, entrée dans le service en février dernier et à qui on ne faisait ingurgiter qu'avec peine trois litres de lait, encore ne les prenaïit-elle pas toujours, tant s'en faut.
Son poids, le 1‘ juin, était tombé à 51 kilog.
L’adjonction de 300 grammes de sucre au luit qu'on lui faisait
avaler porta, en l’espace de trois semaines, son poids à 55 kilog.
Observation VIII. — (Publiée par le docteur Gardner).
Un fermier de 25 ans, qui pesait autrefois 448 livres, avait été ee dépérissant pendant 4 ou 5 ans. Au printemps, avant sa maladie, il pesait 112 livres. Il eut alors l'influenza suivie d'une broncho-
pneumonie.
En avrll, quand je le vis pour la première fois, il était extrêmement émacié et faible.
Il avait le facies d'un phtysique avancé.
La fièvre, une fois tombée, je le gardai encore au lit et lui ordonnai autant de sucre qu'il pourrait en prendre. La quantité en fut soigneusement pesée. Il prit par jour 100 grammes de sucre de canne pur sans compter les confitures, les gâteaux qu'il consommait fréquemment.
Il augmenta très rapidement de poids : 7 livres à peu près par semaine.
En juin, je l'envoyai au bord de la mer. Il pesait alors 148 livres, mais ses muscles étaient mous.
Il en pèse maintenant 154, il est fort, actif, chasse règulièrement
et travaille beaucoup à la ferme.
Observation 1X. — (Observation prise dans le service du
docteur Toulouse).
M... Née le 10 décembre 1882. Taille 4 m. 50. Entrée à l'asile le 6 août 1903. Son cerlilicat porte: Dépression mélancolique. Refus d'aliments. Gatisme.
La malade présente de fréquents accès d'excitation. Elle s'alimente très mal.
À son entrée dans le service, elle pése 40 kilog. Elle refuse la plupart des aliments, maigrit et ne pèse plus que 89 kilog. en janvier 1904. Le 4 janvier, on lui donne 300 grammes de sucre, 1 litre de lait et deux œufs en supplément, car elle ne touche presque pas à l'ordinaire de l'asile. ;
On lui fait en outre une série de 10 injections d’arrhenal.
La malade est pesée tous les 5 jours environ.
Elle augmente très régulièrement de poids. Le 3 mars, elle pèse
Tia De
45 kilog., gagnant 6 kilog. en ? mois, c'est-à-dire une moyenne de 100 grammes par jour.
La courbe de poids s'élève très rapidement et le 24 mai 1904 la malade pèse 52 kilog. 400.
Le 2 août, le poids est de 58 kilog.
En 7 mois de traitement elle a gagné 19 kilog., soit une moyenne de 90 grammes par jour.
On supprime le sucre.
Le poids diminue aussitôt et le 17 septembre la malade ne pèse plus que 55 kilog., perdant 3 kilog en un mois et demi,
On redonne du sucre (300 grammes par jour).
En 3 jours la malade gagne 2 kilog. et continue à augmenter jusqu’au 17 décembre 1904, moment où on supprime le sucre. Le poids est de 60 kilog. 500.
Cette malade a donc gagné 21 kilog. 500, c'est-à-dire une moyenne de 1.790 grammes par mois au bout d’un an de ce régime.
Après la suppression du sucre la malade maigrit très rapidement. Le 24 mai 1905, elle est retombée à 54 kilog. 800. Elle augmente ensuite et pèse en décembre 1905, 67 kilog.
Un nouvel amaigrissement très considérable se produit pendant toute l’année 1906. A la fin de cette année la malade ne pèse plus que 54 kilog.
Elle augmente à nouveau durant l’année 1907. Au mois d'août elle pèse 61 kilog.
En juillet 1908 la courbe de poids est retombée à 50 kllog.
On ajoute à la ration de la malade 100 gr. de sucre par jour.
Depuis ce moment elle se maintient entre 52 et 53 kilog. jusqu’à son départ, en avril 1909.
Cette malade a pu supporter à deux reprises pendant plus d'un an le traitement sucré. À aucun moment on n’a trouvé de sucres
dans les urines.
Obgervation X. — (Prise dans le service du docteur Toulouse).
G... Née le 13 février 1877. Taille 1 m. 52. Entrée à l’asile le 23 mai 1897.
Se trouve dans un état de confusion mentale chronique avec
pér:odes d’excitation. Démence probable.
La malade commence à maigrir en avril 1903. De 49 kilog. qu’elle pesait à ce moment, elle tombe à 39 kilog. en janvier 1904.
Elle s’alimente très mal.
Le 26 janvier 1904 on lui donne 300 grammes de sucre par jour ; on la pèse tous les cinq jours.
En huit jours, elle gagne 1.600 grammes et pèse 40 kilog. 6.
A ce moment, survient une baisse de poids due à une légère bronchite qui empêche la malade de s’alimenter. Elle est retombée en huit jours, le 20 février à 38 kilog. 250. On la met au lait avec 300 grammes de sucre.
Dès lors on constate une augmentation régulière. La courbe de poids décrit presque une ligne droite, et le 17 mai 1904, cette malade pèse 49 kilog.
Elle a gagné 9 kilog. en moins de quatre mois.
Le sucre est supprimé.
La malaûe maigrit lentement et, le & octobre 1904, ne pèse plus que 45 kilog.
300 gr. de sucre lui sont donnés à nouveau.
Il en résulte une nouvelle ascension de la courbe, et le 3 décembre 1904, elle pèse 48 kil. 500.
Le sucre est définitivement supprimé.
La malade maïgrit de nouveau très lentement durant les quatre années qui suivent et au moment de son départ, en février 1908, ne pèse plus que 39 kil.
Lesurines n’ont jamais renfermé de sucres ni d'albumine pendant tout le traitement.
ANSE Cbservation XI. — (Service du docteur Toulouse).
B... Ernestine, 43 ans, surdi-mutité. Cette malade maigrissait régulièrement depuis le mois de juin 4904 pour tomber à la fin de ce mois, de 73 kilog. à 56 kil. 500.
On ajoute à la ration alimentaire habituelle 150 gr. de sucre par jour.
En 6 jours, elle augmente de 2 kil., et un mois après le début du traitement, elle pèse 59 kil. 2.
La dose de sucre est portée à 200 gr;
La malade augmente régulièrement pendant 3 mois ‘pour peser, le 2? novembre 1907, 67 kil.
La quantité quotidienne de sucre est alors ramenée à 100 gr.
La malade continue à augmenter et atteint, le 22 février 1908, 70 kil. 600.
Elle diminue ensuite jusqu'au début d'août 1908 et ne pèse plus que 68 kil,
On lui donne 150 gr. de sucre au lieu de 100, il se produit une augmentation aie ee et, en juillet 1909, la malade a atteint le poids de 76 kil. 2.
La malade était pesée régulièrement 4 fois par mois depuis le début de son régime et la courbe d'augmentation est très régulière,
A aucun moment l'examen des urines n’a décelé la présence de
sucres ou d'albumine.
Observation XII. — (Service du docteur Toulouse).
M..., née en 1853.
intrée à l'asile en juillet 1899.
Son certificat porte : alcoolisme subaigu avec hallucinations de la vue et de l'ouïe. Tremblements des doigts et de la langue.
En janvier 1904, la malade pesait 78 kil. A partir de ce moments
A Lu
elle maigrit de façon continue pour tomber à la fin de mars 1907 à 61 kil.
On lui donne, outre le régime ordinaire, 150 gr. de sucre par jour, et on la pèse tous les huit jours.
Une augmentation de poids en résulte, et en juillet 1907, il s’est élevé à 64 kil. En 3 mois, la malade a gagné 38 kil.
On augmente le sucre qu'on porte à 200 gr.
Nouvelle augmen'ation. Le 31 août, la malade pèse 67 kil., ayant gagné dans l'intervalle de deux mois 3 kil.
La dose de sucre est ramenée à 100 gr.
Le poids oscille autour de 67 kil. jusqu’à la fin de janvier 1908.
A dater de ce moment, la malade maigrit jusqu'au # avril 1908. Elle ne pése plus que 64 kil.
La ration de sucre est sugmentée de 50 gr., soit 150 gr. par jour.
La courbe de poidss'élève progressivement en décrivant quelques oscillations.
En janvier 1909, la malade pèse 69 kil. 8.
Le poids reste à ce chiffre jusqu'en juin, puis la courbe s'élève de nouveau, et le 7 août 1909, il atteint 73 kil.
On n'a jamais constaté pendant ces 2 ans de régime sucré, ni glucose ni albumine dans les urines.
L'analyse était faite tous Les huit jours.
Observation XIII. — (Sorvice du docteur Toulouse).
Juliette B..., née le 18 mai 1891.
Entrée dans le service le #4 novembre 1907.
Son certificat d'entrée est le suivant: Légère débilité mentale avec épilepsie. Hémiplégie infantile.
La malade à son entrée pèse 43 kilog.
Elle augmente durant les premiers mois de son séjour à l'asile,
: En février 1908, elle atteint 48 kil. 8.
Elle maigrit ensuite durant un mois e} ne pèse plus, le 1° mars 1908, que 48 kil.
100 grammes de sucre sont ajoutés à sa nourriture habituelle.
Le poids reste stationnaire pendant les quinze jours qui suivent.
La dose de sucre est alors portée à 150 gr.
Elle augmente de poids aussitôt et gagne 1 kg. en À mois.
En effet en avril 1908, elle pèse 49 kg.
Son poids s'élève très régulièrement. La courbe ne présente que de légères oscillations et en octobre 1908, la malade pèse 53 kg. 800.
En mars 1909, le poids est de 57 kg.
En mai 1909, il atteind 59 kg.
Durant ces 13 mois de régime, la malade a augmenté de 9 kg. 9 c’est-à-dire environ 700 gr. par mois. :
Le sucre est supprimé.
Depuis le poids oscille autour de 58 kg.
La malade a donc pris pendant plus d'un an 150 gr. de sucre par jour, n’interrompant le traitement qu’à 3 reprises durant 5 à 6 jours de permission.
À aucun moment on n'a trouvé de sucres dans les urines.
Observation XIV. — (S'rvice du Docteur Toulouse)
R..., née en 1874.
Entrée à l'Asile en novembre 1907.
Son certificat porte : Etat de dépression avec amnésie portant sur les faits récents. Paraplégie. Pupilles paresseuses à la lumière. Tremblements des doigts. Gatisme. Alcoolisme. Intoxication professionnelle. — La malade était polisseuse sur métaux.
Elle se trouve dans un très mauvais état général et présente des signes de tuberculose pulmonaire. On trouve des craquements aux
deux sommets.
Late Vo
Cette malade pèse à son arrivée 27 kg.
Elle mange très mal l'ordinaire de l'asile, On lui donne en supplément deux œufs, un litre de lait, une purée, un rôti ei 100 gr. de sucre.
Son poids augmente très vite, et en mars 1908 il est de 37 kg. 700.
En novembre de la même année, il atteind 45 kg. 5.
— La courbe de poids décrit presque une ligne droite jusqu'en avril 1909. La malade pèse alors 55 kg.
— Depuis l'augmentation a continué eten juillet 1909, le poids de cette malade est de 58 kg. c'est-à-dire plus du double du poids primitif.
Pendant ces 21 mois de traitement suivi la malade a augmenté de 31;kg., c'est-à-dire d’une moyenne de plus de 1500 gr. par mois.
A certains moments l’augmentation ctait de 160 gr. par jour.
On n'a jamais constaté la présence de glucose dans les urines
Observation XV. — (Service du Docteur Tculouse)
M... Jeanne, née en novembre 1876.
Entrée à l’Asile en avril 1894.
Ne mange pas seule et s’alimente mal.
En mai 1903, cette malade pesait 36 kg.
Le 24 janvier 1904, le poids est tombé à 34 kg.
On lui fait prendre 200 gr. de sucre par jour et on la pèse tous les 8 jours.
Deux mois après, le 22 mars le poids est de 42 kg. Elle a gagné 8 kg. soit une moyenne de 130 gr. par jour.
Le poids se maintient autour de 42 kg. jusqu'au 5 juillet,
On supprime le sucre.
Il se produit une chute de poids très rapide.
Le 26 octobre, il n’est plus que de 39 kg.