INTRODUCTION
La dilatation des rétrécissemens de l’urètre par une méthode lentement progressive et par des moyens doux , élastiques, semblait avoir acquis force de loi chirurgicale, quand un chirurgien d’une longue expérience, d’un talent reconnu, propose de renverser cette pratique qui, selon lui est entachée de timidité cl àe cauteleux préceptes, et à sa place il préconise une méthode basée sur ce principe : « Plus le rétrécissement est prononcé, plus l’instrument destiné à le traverser sera volumineux. » Les bons esprits et les amis de l’humanité ont dû être effrayés par l’énoncé seul de cette proposition ; ils devaient donc l’examiner et la combattre, si , au fond, elle renfermait les erreurs et les dangers que sa forme paradoxale faisait prévoir: c’est ce qu’ont fait MM. Sanson (par l’organe de M. Boinet ), V elpeau , V idal (de Cassis) et Laugier. M. Mayor, comme tous les réformateurs, (l’homme s’identifie toujours avec son œuvre), a pris pour des attaques personnelles les argumens qu’on a opposés à sa méthode, et dans une seconde édition de son mémoire, il a répondu avec quelque vivacité. M. Vidal de Cassis, qui avait fait deux articles assez étendus dans le Journal Hebdomadaire, a répliqué, en s’efforçant de donner à la discussion ce calme que la science réclame à juste titre, et de faire, comme il l’a dit, de la question qui s'agite, une question de bon sens chirurgical.
Il est bien téméraire à moi , débutant dans la carrière où je n’ai point encore conquis une place, de m’attaquer à une question appar-
tenant jusqu’à ce jour au domaine réservé des spécialistes; d’oser paraître, au lendemain de ma veille des armes, et avant même d’être reçu médecin , dans l’arène où luttent entre eux des hommes d’expérience , de talent et de cœur. Je cours risque d’être rudoyé dans le choc, et de rapporter émoussée et contuse l’arme vierge que j’ai cherché à affiler sur de trop dures poitrines. Mais il y a toujours quelque courage à braver un danger dont on sait l’étendue, et cela seul, ajouté à la justice de ma cause, fera, j’espère, mon excuse.
D’ailleurs, je ne me présente dans la lice que protégé et couvert par le nom et l’autorité des maîtres éprouvés, que depuis long-temps j’ai pris pour guides. Je ne me suis hasardé à combattre qu’à l’abri de leur drapeau, et pour ainsi dire, sous leur égide.
Avant d’entrer dans la discussion, je jeterai un coup d’œil rapide sur quelques jmints d’anatomie saine et pathologique de l’urètre. La critique des faits précédera celle des analogies, sur lesquelles M. Mayor appuie sa méthode.
Je terminerai par une série de propositions^qui constituent une espèce de seconde thèse, destinée à formuler quelques-unes de mes convictions sur la médecine, comme la première aura exposé ma manière de voir sur un point particulier de la chirurgie.
Ces propositions , presque toutes empruntées aux doctrines nouvelles de M. Bouillaucl, sont, dans mon intention, un hommage rendu à ce savant professeur, aux préceptes duquel je suis aussi heureux de pouvoir manifester ma foi, que de publier ma reconnaissance pour les bontés dont il m’a comblé.
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