PROPOSITIONS
Dans les phlegmasies aiguës en général , telles que la pleurésie , la pneumonie, la péricardite, l’endocardite, l’angine, etc., traitées de bonne heure par la formule des évacuations sanguines coup sur coup, la guérison est la règle, la mort l’exception. Au reste, pour que cette formule réussisse, elle doit être employée suivant les règles que son auteur a posées; au-delà et en-deçà de ces règles, les résultats ne sont plus les mêmes.
Dans la plupart des cas de rhumatisme articulaire aigu avec mouvement fébrile considérable , on remarque la coïncidence de cette phlegmasie avec la péricardite et l’endocardite.
La saignée et la digitale sont les principaux moyens de traitement palliatif contre les lésions dites organiques du cœur.
Dans plusieurs maladies aiguës, le choix de telle ou telle méthode de traitement est souvent une question de vie ou de mort.
La plupart des maladies chroniques sont la suite d affections aiguës négligées ou traitées par la méthode dite expectante.
Dans les grandes maladies , les liquides en général, et spécialement le sang et les urines, offrent des changemens , ou, si l’on veut, des symptômes aussi constans que le sont ceux fournis par l’exploration des solides vivans.
En général, tant que dans une maladie aiguë fébrile on n’aura point complètement ou à peu près éteint le mouvement fébrile, il ne faut pas prescrire le plus léger aliment. Lorsque, l’état fébrile étant ’ dissipé, on pourra commencer l’usage des alimens , il ne faut en permettre d’abord qu’une petite quantité, prise parmi les plus légers, n’en augmenter la dose que par degrés bien ménagés; et si l’on doit pécher en pareille matière, que ce soit par défaut plutôt que par excès.
La prédisposition aux maladies constitue moins une cause proprement dite, qu’une condition propre à favoriser les causes déterminantes, lorsqu’elles sont mises en jeu.
Dans les maladies aiguës , il faut déployer vivement, coup sur coup , les moyens dont se compose notre arsenal thérapeutique, attaquer pour ainsi dire l’ennemi sur tous les points à la fois, et particulière-
ment sur le point le plus exposé; le charger sans relâche; ne pas lui laisser un repos pendant lequel il peut se relever; le poursuivre à outrance jusqu’à ce qu’il ait abandonné le terrain, et que le médecin ait épuisé toutes les ressources disponibles dans un cas donné. C’est par une telle méthode, employée avec toute la prudence nécessaire, que l’on guérit tant de cas rebelles aux méthodes ordinaires.
Pour s’élever au rang des sciences exactes et positives , la médecine doit reposer sur une connaissance exacte et approfondie de l’anatomie normale et anormale , et emprunter aux sciences physiques leurs lumineuses méthodes d’observation.
Pour qu’une observation particulière soit bien faite, il faut quelle soit une exacte et fidèle représentation , une sorte de portrait de l’état du sujet aux différentes périodes delà maladie , simple ou compliquée, dont il est affecté.
Quel que soit l’appareil par lequel on commence la description de l’état du malade , une règle dont il ne faut en général jamais s’écarter , c’est de ne procéder à l’exploration d’un autre appareil qu’après avoir recueilli tout ce qui est relatif aux divers changemens qui se sont opérés dans le premier.
La méthode numérique appliquée à des faits bien observés, bien classés , bien analysés , bien égalisés , est, dans l’état actuel de la thérapeutique, un puissant moyen de démonstration; l’ignorance et la paresse pourraient seules en contester l’utilité.
Les diverses causes des maladies doivent être recherchées non-seulement dans les modifications des nombreux agens physiques qui nous environnent de toutes parts, mais aussi dans certaines circonstances morales, c’est-à-dire dans toutes les choses qui sont l’objet de l’hygiène.
Il faut une vocation pour l’art d’observer comme pour tout autre art , et l’on naît observateur comme l’on naît poète.
La médecine , en tant que science fondée sur l’ observation et l’expérience, emploie, pour prouver la vérité, les mêmes voies et moyens que les autres sciences delà même catégorie, savoir : la démonstration directe ou par les faits , et la démonstration indirecte ou par induction et analogie.
Déduire des faits les inductions et les conséquences qui en émanent, est une des qualités nécessaires à l'observateur. ( Cfiomel , Pathol, générale. )
XVflI.
Ce n’est pas tout, en anatomie pathologique , que d’avoir recueilli des faits et de les avoir, après ample examen, bien pesés , bien jugés, il faut ensuite, comme dans louteautre science, les classer , les systématiser suivant leurs communautés et leurs particularités , leurs ressemblances et leurs différences.
Il n’existe point de maladie sans siège.
Quelle que soit la maladie à laquelle on ait affaire, le pronostic qu'on en portera devra, pour être juste, reposer sur une saine appréciation de la nature, du siège, de l’intensité, de l’étendue de la maladie , et sur la connaissance des modifications qu’entraînent dans la durée et la mortalité de cette maladie les circonstances de l’âge , du sexe, de la constitution , de la saison, du climat, etc.
En médecine, comme dans toute autre science, on ne peut procéder que par la double voie de l’observation et de la rationnalisation.
Les données fournies par l’interrogatoire des malades sur les causes de leurs maladies ne doivent être accueillies qu’avec une grande prudence. et, quant aux signes fournis par cette voie, ils sont en général bien moins propres à servir de base à un diagnostic rigoureux et précis que ceux recueillis par les méthodes physiques d’observation, telles que l’inspection , la percussion, l'auscultation , la palpation, etc.
La percussion, l’auscultation, la pondération, la mensuration, le calcul, l’exploration thermométrique, hydrométrique, électro-métrique, dynamo-métrique, etc., voilà les sources pures et fécondes
de l’observation médicale , en tant quelle s'exerce sur les conditions mécaniques, physiques , chimiques que le corps humain a reçues en partage avec tous les autres ^borps.
Du moment où quelque vérité médicale nouvelle a fait son apparition dans le monde , il n’est donné à nulle puissance humaine de l’anéantir; on ne peut qu’en retarder le triomphe.
^ p XXV.
Dans les questions litigieuses de thérapeutique qui se présentent journellement , la moralité des auteurs divergeant d’opinions doit être prise souvent en grande considération.
C’est une grande et commune erreur, de prendre les doutes de certains auteurs pour l’expression réelle de l’état de la science.
Les faits ne sont muets que pour ceux qui ne savent pas les interroger.
Comme toutes les autres méthodes thérapeutiques, la méthode des saignées coup sur coup doit évidemment être accommodée à l’intensité de la maladie, à la force, à l’âge, au tempérament, au sexe des malades , aux complications, en un mot à toutes les circonstances qui , sans rien changer au fond même de la maladie, en modifient la forme. L’auteur de cette méthode insiste beaucoup , et avec raison,
sur ce point important , et tous les jours on voit dans son service l'application de ce principe.
C’est ainsi qu’il guérit certaines pneumonies , certains érysipèles , avec deux saignées coup sur coup , tandis qu’il en est d’autres dont la guérison réclame cinq , six , sept et huit émissions sanguines , soit générales, soit locales. Dans les cas très-légers, il suffit d’une seule saignée , et même on s’en abstient quelquefois entièrement , lorsque la maladie est tellement bénigne, sous le double rapport de son siège et de son degré , que la vie du malade n’est nullement compromise.
Dans un grand nombre d’affections de l’œil , le nitrate d’argent est d’une efficacité incontestable.
Si l’on veut retirer du vésicatoire comme topique tout l’effet qu’il est susceptible de produire, il faut l’appliquer dans de grandes proportions. M. Velpeau se sert, pour combattre les tumeurs blanches, dans le cas où la maladie porte sur les parties molles , de vésicatoires ayant quelquefois un- pied carré.
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