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Nous n'avons l'intention de nous occuper ici que du premier groupe, c'est-à-dire de l’affection qui se traduit par un état inflammatoire grave de la muqueuse affectant tout ou partie du rectum et du côlon en produisant à leur niveau des ulcérations superficielles, suppurantes ou hémorragipares.
Ces hémorragies sont le plus souvent le symptôme capital ; elles attirent rapidement l'attention des malades et les effraient non par da gravité des symptômes qui les accompagnent, mais par leur abondance. leur répétition et leur ténacité malgré tous les traitements employés. Elles peuvent exister seules, mais souvent se surajoute à elles une suppuration plus ou moins abondante, qui peut même dans certains cas prédominer.
Ces recto-colites confondues jusqu'il y a une vingtaine d'années avec les dysenteries amibiennes ou bacillaires, ont actuellement une symptomatologie propre et bien définie; mais les examens de laboratoire n’ont servi jusqu’à ce jour qu’à éliminer de ce groupe toutes les affections intestinales à parasites ou à microbes connus, sans jamais donner de résultat positif quant à l’agent pathogène, s’il ekiste, auquel elles sont dues. C’est ce qui a permis à Bensaude et Oury, dans un article récent, de dire : « Il est impossible d’en fournir une définition précise et positive, ce n’est que par exclusion que nous définirons les recto-colites hémorragiques et purulentes, syndrome dysentérique aigu ou chronique, dont l’amibe ou
aucun parasite actuellement identifié, non plus que
le bacille dysentérique ne peut être rendu responsable ».
Quoiqu'il en soit ces recto-colites d'étiologie inconnue ne sont vraiment entrées dans le cadre de la nosologie médicale que du jour où elles ont été différenciées des dysenteries amibiennes ou bacillaires, ainsi que des affections dues à des germes plus rares : balantidium coli, lamblia intestinalis, trichomonas homini.
Ce sont donc les recherches de laboratoire qui ont permis par élimination de disjoindre des dysenteries d'une part, du groupe confus des entéro-colites d'autre part, une entité morbide bien définie : les recto-colites hémorragiques et purulentes. Mais l'étude approfondie de cette affection et la possibilité d’en faire le diagnostic précis ne sont dues qu'à la généralisation des examens endoscopiques.
Jamais en effet les troubles fonctionnels ne sont à eux seuls assez caractéristiques pour entraîner un diagnostic; rarement l'examen radioscopique peut donner des renseignements probants, aussi l'endoscopie jouet-elle un rôle important et c’est pourquoi l’on a pu dire : Il n’est pas de diagnostic de recto-colite en dehors de la rectoscopie.
Le rôle précieux et indispensable de la rectoscopie ne s’est pas borné là, c’est elle qui a permis en outre de contrôler l'efficacité des différents traitements préconisés. C’est qu’en effet la question du traitement
des recto-colites pose un problème des plus délicats,
car il n’en est pas de spécifique et malheureusement tous ceux accumulés jusqu'à ce jour et que le médecin devra essayer successivement avec méthode et patience n’ont donné le plus souvent que des résul-
tats passagers et inconstants.