‹ Considérations sur le génei du christianisme. "Les beaux-arts." Introduction aux mélodies grégoriennesChapitre 1 sur 22 · Considérations sur le génei du christianisme. "Les beaux-arts." Introduction aux mélodies grégoriennes · texte numérisé non relu

Considérations sur le génei du christianisme. "Les beaux-arts." Introduction aux mélodies grégoriennes

Je veux inscrire votre nom en tête de ces pages que je commence aujourd'hui et que je ne terminerai jamais peut-être, tant Vœuvre que je médite est étendue et mesurée la vie de l'ouvrier que fy emploie. Si Joseph de Maistre vivait encore^ c'est à l'auteur des Considérations sur la France que j'oserais dédier ces Considérations sur le Génie du Christianisme, comme les cahiers de félève au maître qui les corrigerait peut-être et les ferait valoir, ne fût-ce que par les ratures. Depuis que., par vos éloquentes historiographies sur votre grand compatriote de Savoie, vous nous Vave^ ressuscité dans la magistrale hauteur de son génie et de son caractère, votre modestie courageuse vous expose à passer à nos yeux pour son représentant officiel, — et laisst\-moi ajouter bien vite que, dans cette Savoie féconde en penseurs et en écrivains de race., Joseph de Maistre n'en eût préféré aucun de meilleur style ni de plus nobles pensées. Vous étie\ tout indiqué à l'honneur que vous demandent ces pages, de leur tenir lieu du maître disparu et de jeter

. VI DEDICACii

sur elles le coup d'œil de Vexaminateur qui a le droit d'être sévère, et de Vami qui veut rester indulgent ; ce coup d'œil du montagnard fait aux hauteurs et aux grandeurs de ses sites alpestres^ que je vous oblige à abaisser vers l'humilité de ces pages et le plan général de cette œuvre trop audacieusement projetée.

A Vaube de ce siècle, quand, au sortir de la Révolu^ tion, les éminences donnaient encore si peu d'ombre à la France et faisaient Joseph de Maistre s'écrier : « Honneur à la plaine, on naime que cela! » au printemps même de la p?emière année de ce siècle et de cet ossuaire oii il n'y avait de place que pour d'autres tombes encore et pour les bottes ensanglantées du César monstrueux qui en entreprenait la garde, — un jeune homme penché sur les abîmes avec sa génération de décapités muets ou d'esclaves survivants et plus muets que les morts, venait soudain de relever la tête. C'était une tête idéale de rêveur où le génie se mire dans la beauté et dont les yeux, transparents et profonds comme l'a:{ur du ciel, ont vite fait de se détourner des bas-fonds de la terre pour observer les cimes. Que Dieu passe, ou seulement un de ses anges, au faite brancolant de cette civilisation en ruine, et, pour la nation qui va périr, le miracle de résurrection commence avec l'orientation d'un seul regard du génie vers les sphères éternelles. Pour la France et pour Chateaubriand , une femme fut cet ange. Elle toucha le jeune homme sur l'épaule, et l'on partit... Vous save^ le délicieux roman qui se déroula, pour fauteur si merveilleusement improvisé du Gcnie du Christianisme, S(nis les charmilles de Savginy

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