PREFACE XIX
Etienne et Paul I", pour satisfaire à la pieuse demande que Pépin le Bref avait faite à Rome, de cet Antiphonaire typique. CharJemagne aussi, se plaignant de l'altération des chants liturgiques dans ses maîtrises de Metz et de Soissons, avait envoyé ses chantres chercher le texte original à Rome, en leur disant : « Quel o est le plus pur, de la source vive ou des ruisseaux «qui en découlent ? — La source! répondirent-ils. — « Retournez donc à la source de saint Grégoire; car il a est manifeste que vous avez corrompu la cantilène de « l'Eglise. » D'autres copies, dans la suite des âges, avaient été livrées parles papes aux maîtrises des villes et aux chœurs des abbayes qui les avaient implorées. C'étaient ces multiples copies, dont il fallait déchiffrer les signes neumatiques et énigmatiques, et en fixer la notation qu'ils signifiaient par points et par virgules, en confrontant cette notation, antérieure au xn^ siècle, avec celle que Guy d'Arezzo transcrivit plus tard sur des portées et en caractères modernes.
Vingt ans sr^m passés avec la rapidité d'un jour sur ces déchiffrements des neumes et sur cette reconstitution du texte intégral de saint Grégoire. Pour servir de preuve fondamentale et péremptoire à la fidélité des mélodies transcrites, Dom Pothier et ses confrères ont photographié jusqu'à deux cents copies de manuscrits divers qui reproduisent sans une variante le texte de l'Antiphonaire primitif. La version authentique des mélodies grégoriennes était donc retrouvée, et ces pionniers de la phonétique liturgique pouvaient retourner à Solesmes, certains d'avoir rendu au monde catholique