VIII DEDICACE
tionnels sinon plus fulgurants que ce prophète de l'Horeb qu'inspirait une Béatrice moderne.
Ainsi donc le siècle, qui aura entendu près de cent ans les belles phrases du patriarche aristocrate de l'Abbajre-aux-Bois, va mourir sur des ruines plus lamentables peut-être que celles qui abritèrent son berceau. Et voilà tout ce qu'a pu la lyre d'Amphion, pour la\ reconstruction des murs de Thèbes! En vérité', l'heure n'est-elle pas venue d'^ajouter Vargument à la forme, la thèse au décor, et d'exposer l'enseignement du Génie du Christianisme à' la fois dans sa profondeur et dans son élévation, dans sa sévère et rédemptrice vérité -: comme dans le rayonnement immortellement jeune de sa beauté réparatrice, aux yeux de cette génération sans foi ni espérance qui entre dans sa Révolution plus effrayamment encore que la précédente ne sortit de la sienne.
Mais, hélas ! nos Béatrices sont toutes mortes, et les yeux bleus de M'^^ de Beaumont, tout à coup pris de froid, sont remontés briller au pays des étoiles. Nous n'avons plus l'âme de Chateaubriand, et la villa de Savi" fitiy-sur-Orge oii le dernier prophète de France vati^ cina,aplein de feuilles mortes les chambres où V heureux René vécut , fut aimé, oublia même... Et nous, c'est de plus loin que ce rêveur christianisant des huttes de Ccluta et des savanes des Natche\, que nous revenons. Nous arrivons du pays noir du Socialisme athée et de V Anarchie niveleuse dans les ruines et dans la mort, n'ayant plus même la conception d'aucune page d^ histoire comparable à la nôtre. Sur la route qui nous conduit