‹ Considérations sur le massage et son application dans l'entorseChapitre 12 sur 21 · APPAREIL D’INNERVATION · texte numérisé non relu

APPAREIL D’INNERVATION

1° Convulsions.

Obs. X. Tétanos. Guérison 'par V emploi des frictions et du massage (Gaz. des hôp .,

n° 106, docteur Garin).

B., vingt-sept ans, tempérament nervoso-sanguin , constitution athlétique, caractère irritable.

Accès nerveux grave le lendemain d’une hémorrhagie (suite de l’avulsion laborieuse d’une dent) d’une durée de huit heures: tétanos bien caractérisé de forme clonique. Aussitôt la maladie bien reconnue, opium à haute dose (tous les quarts d’heure une cuillerée à bouche d’une potion de 0sr,30 d’extrait thébaïque sur 100 grammes de véhicule). Une heure après, il survient un accès plus terrible par sa durée et son intensité. L’opium est sans effet, les douleurs sont atroces et ne peuvent être calmées que par des frictions à la nuque, le long de la colonne vertébrale et sur le trajet des gros troncs nerveux avec un liniment ammoniacal.

Les accès se rapprochent et sont de plus longue durée. lsr,50 de sulfate de quinine, soit en lavements soit en pilules; le malade semble calmé. Deux heures après, les accès reviennent aussi intenses. Médecins et assistants remarquent que le massage et les frictions que l’on avait employés étaient les seuls moyens qui diminuaient la durée des accès et augmentaient leur intervalle ; le malade, au reste, les demandait à grands cris; aussitôt

que l’on cessait, un accès nouveau arrivait, et si l’on reprenait à l’instant les frictions et le massage, sa malignité était amoindrie. Un accès apparaissait-il, manifestant son arrivée par des contractions dans les doigts, les bras, les orteils, les jambes, on frictionnait, on exerçait des mouvements rapides de flexion et d’extension de ces parties; survenait-il une ondulation musculaire, on la malaxait , on la broyait littéralement, et l’accès était suspendu. Dès lors les assistants, se relevant de dix en dix toutes les heures, pratiquèrent des frictions, des malaxations continues qui durèrent jusqu’à neuf heures du soir, bien que les crampes eussent cessé depuis deux ou trois heures de l'aprèsmidi. On enveloppa le malade de linges imbibés d'un Uniment sédatif. La nuit fut bonne, le sommeil tranquille. On surveille le malade sans faire de traitement.

Au bout de huit jours il était rendu à ses travaux et à ses amis.

On a attribué la guérison à l’emploi soit de l’opium soit du sulfate de quinine, mais pour moi et pour les personnes qui n’ont pas quitté le malade, il est évident qu’il ne la doit qu} aux frictions et au massage. L’intelligence est restée intacte et M. B. a reçu la prêtrise.

Contractures spasmodiques , spasme des écrivains (Meding).

Chorée . Chaque séance de massage est suivie de bien-être (Blache). Employé à l’hôpital des enfants, chaque fois qu’il a été pratiqué on constate un amendement notable dans le désordre des contractions ; l’enfant se sent mieux, il peut dormir. On a soin de faire exécuter des mouvements très-réguliers.

Hystérie. On a conseillé dans ces derniers temps de pincer la paroi abdominale en la tordant; le massage avec toutes ses ressources nous semble préférable.

Il est efficace surtout contre fhystéralgie et les douleurs viscérales. Récamier dissipait fréquemment les spasmes hystériques par un massage opportun; ce grand chirurgien n’allait point chercher un masseur, il en eût remontré au plus habile [Revue de thér.).

Il est encore certaines manœuvres employées pour calmer l’accès; ces titillations ne nous paraissent ni efficaces ni convenables.

Hypochondrie. Il activerait les fonctions qui sont souvent languissantes. Cet exercice serait une distraction pour l’esprit malade, dont la tristesse et l’inquiétude aggravent la situation.

Chez les sujets bilieux il prévient les stases splanchniques, il est pour cela fort utile dans les pays chauds.

2° Névralgies.

Gastralgie. Frictions sèches et massage (Grisolle, t. II).

Entéralgie. La surface du corps sera excitée par le massage et les frictions sèches (Grisolle , t. II).

Dermalgie. Souvent très-efticace.

Sciatique.

Malgaigne cite une scapulalgie guérie par le mouvement, l’exercice.

Obs. XI (docteur G. L.). Une femme de quarante ans, bien constituée, ressent en se levant de sa chaise une douleur extrêmement vive en un point de la grandeur d’une pièce de 1 franc à la jonction de la tubérosité interne du tibia avec le corps de l’os. Rien à l’examen ni au point douloureux ni dans le reste du membre. La douleur, nulle pendant le repos, devient considérable au moindre mouvement, à la moindre pression; cette femme était en visite à l’hôpital; l’interne de garde est mandé. Celui-ci, après un moment d’embarras et quelques hésitations, a recours au massage. Au bout de dix minutes, la malade peut marcher en boitant. Le massage est repris pendant cinq minutes , la douleur disparaît; la malade marche assez bien ; on lui fait encore quelques frictions énergiques et, totalement guérie, elle put s’en retourner chez elle à pied. Quelle était la nature de cette douleur? quelle était sa cause? Quoi qu’il en soit, un massage d’un quart d’heure l’a fait disparaître.

3° Paralysies.

La paralysie rhumatismale réclame surtout, d’après Grisolle, des agents capables de stimuler vivement la peau. C’est recommander le massage.

L’incontinence d’urine, la paralysie de la vessie, la constipation opiniâtre, l’impuissance ou plutôt la frigidité, les paraplégies anciennes et incomplètes se modifient avantageusement sous l’influence de la flagellation.

Mode d action. Cette violente stimulation des extrémités nerveuses peut se communiquer à la moelle, qui réagit à son tour sur les parties auxquelles elle distribue la sensibilité et le mouvement (Trousseau et Pidoux, Thér .).

On pourrait l’employer dans beaucoup de cas où l’électricité obtient des succès, soit à sa place, soit plutôt pour lui venir en aide. L’excitation nerveuse périphérique , se communiquant aux centres nerveux , peut entraver la perte des fonctions vitales de la partie paralysée. Le massage peut combattre la paralysie pendant qu’elle se produit et dans ses effets.

Ataxie locomotrice. Il n’a pas encore été employé. Je pense qu’il ne peut qu’être utile.

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