‹ Considérations sur le massage et son application dans l'entorseChapitre 8 sur 21 · V PEAU ET TISSU CELLULAIRE · texte numérisé non relu

V PEAU ET TISSU CELLULAIRE

Ecchymoses et contusions (Du massage dans les) par le docteur F. Rizet ( Gazette médicale de Paris, n° 50, 10 décembre 1864).

« Enhardi par le succès, après de prudents essais sur des ecchymoses légères, nous avons tenté le massage dans des cas de contusions étalées sur un membre tout entier.

«Si une guérison doit être rapide et peu coûteuse c’est celle des militaires; ceux-ci, du reste, se prêtent volontiers et sans sourciller à des manœuvres rejetées par les gens du monde, qui, dans la crainte d’un moment de souffrance, laissent souvent le mal s’éterniser.

« Notre premier essai, dans un cas sérieux, eut lieu sur une contusion profonde de toute la cuisse gauche, du bassin et des reins, chez un sapeur, précipité du haut d’un rempart, haut de trente pieds, en compagnie d’un de ses camarades, comme lui en état d’ivresse. Le second de ces blessés, par l’effet du hasard, portait à peu près le même genre de contusions dans les mêmes régions et dans une étendue presque égale. Le premier, en douze jours fut traité et guéri par le massage, le second, soigné par les résolutifs et les moyens ordinaires, mit trentecinq jours à se rétablir.

Ods. I C., cuirassier, est étendu sur le sol par une ruade de cheval, il y reste une demi-heure.

Violente contusion dans toute la fesse droite, douleur des plus vives dans les fessiers dont 1 ii radiation s étend à l’abdomen, impossibilité absolue de remuer le membre pelvien engourdi et paralysé.

Massage d’une demi-heure sur le lieu de l’accident; le soir, même opération supportée avec beaucoup de peine; traitement analogue dans les trois jours suivants. Alors ce militaire remue déjà le membre sans trop de souffrance ; la teinte noirâtre de toutes ces régions prend une couleur jaune pâle, et ce cuirassier fait quelques jours d’infirmerie.

Le massage se continue encore pendant cinq jours, mais avec une seule séance, et le treizième jour après son accident, cet homme remontait à cheval sans gêne ni raideur dans les parties contuses.

Obs. II. Daniel, sapeur, reçut une boule de quilles à la partie moyenne et à la face interne de la jambe gauche. Aussitôt, à l’endroit atteint, forte douleur et engorgement considérable; cercle noir, empreinte exacte de la boule, marche impossible, douleur prononcée à la face antérieure et interne de tout le membre.

Le 18 juillet 1864 l’absence de toute fracture était constatée; premier massage de trois quarts d’heure; on étend l’opération depuis la racine des orteils jusqu’au milieu de la cuisse. Très-douloureuse au début, cette malaxation devient bientôt indolente, et une fois terminée, le malade est tout surpris de pouvoir s’appuyer sur le pied. Le massage est continué jusqu’au 24; ce jour-là, comme nous percevons sous la peau une fluctuation manifeste, nous donnons issue avec la lancette à un liquide séro-sanguinolent mêlé de quelques caillots fibrineux échappés à l’action puissante de l’absorption. Application d’un morceau de diachylon sur la petite plaie. Le membre entier est maintenu par un bandage un peu serré; pendant deux jours nous faisons sortir de la ponction un liquide roussâtre. Bientôt la plaie se cicatrise et le malade reprend son service le 26 juillet, et toute trace d’ecchymose et d’épanchement avait disparu.

Il me serait facile d’augmenter le nombre et de multiplier les exemples de semblables observations.

Dans l’observation suivante, le massage vient en aide au diagnostic:

Obs. III. W., cuirassier, tombe avec son cheval le 26 juillet, la jambe gauche complètement engagée sous les flancs de l’animal. Aussitôt impossibilité absolue de remuer le membre; il est transporté en voiture à l’infirmerie.

On constate un épanchement énorme de toute la jambe gauche, s’étendant des orteils au genou; une douleur très-vive dans tout le long du membre et surtout le long de sa face externe, ce qui fait soupçonner une fracture du tibia à sa partie moyenne ou au moins du péroné à son cinquième inférieur, diagnostic rendu complètement impossible par la tuméfaction du membre dont le volume est presque doublé.

Massage de tout le membre, et en moins d’une demi-heure le gonflement est réduit

de moitié. Alors on peut se rendre compte de la lésion ; on constate qu’on a affaire à une contusion très-étendue, mais sans fracture.

Le lendemain la jambe avait repris en partie son volume. Massage de trois quarts d’heure; il reste à la partie externe et moyenne de la jambe de la chaleur et un peu de rougeur.

A cause de l’état érysipélateux des parties lésées, M. Rizet entoure la jambe d’un tube de drainage destiné à obtenir une irrigation continue, et jusqu’au 31 juillet on continue le massage dix minutes chaque fois.

Le 1er août, le malade remue très-bien la jambe et n’accuse plus qu’une douleur assez supportable en regard de l’articulation tibio - tarsienne ; simple bandage roulé pour maintenir le membr ; le malade se promène et se fait lui-même des frictions soir et matin.

Une éruption de pustules d’ecthyma au cou-de-pied retient ce blessé à l'hôpital jusqu’au 8 août.

Ici le massage a été un traitement rapide, de plus, en faisant dispaparaître le gonflement, il a permis une exploration complète des surfaces osseuses. »

On trouve comme un pressentiment de cet heureux usage du massage dans un passage du Journal de médecine et de chirurgie pratiques, t. XIX, Paris 1848:

«Telle collection sanguine qui demande six semaines pour sc résoudre sous l’influence exclusive des topiques, peut être guérie en deux jours par Yécrasemeut. En comprimant avec les pouces la collection sanguine, M. Velpeau à forcé le sang à s’infiltrer dans les mailles du tissu cellulaire, or on sait que le sang infiltré, extravasé, se résorbe bien plus rapidement que le sang formant dépôt, et il suffit, en effet, pour achever la guérison, de quelques applications résolutives » dont à la rigueur on pourrait se passer. L’écrasement, ou plutôt le massage forcé auquel on a recours dans ce cas, est donc un remède salutaire et dépourvu d’inconvénient. Il est un peu doulouroux, il est vrai, mais au bout d’une demi-heure, toute sensation pénible a cessé. d

sclérême des nouveau- nés (Extrait du Bulletin général de thérapeutique, 1856).

Grande importance pratique du traitement du sclérême des nouveau-nés par le massage et l’agitation musculaire à cause de 1 insuccès des tentatives faites jusqu’ici. La thérapeutique est à peu près désarmée , la mort est presque infaillible ; à l’hospice des Enfants-Trouvés, autant de sclérèmes, autant de décès à enregistrer

L’homme qui se présentera armé d’un moyen assez puissant pour diminuer cette effrayante mortalité , rendra à la science et à 1 humanité un service très-réel.

Ce mode de traitement est une véritable bonne fortune, le résultat obtenu par M. Legroux, est un fait considérable méritant une trèssérieuse application :

Observations du docteur Legroux :

Obs. IV. Enfant de sept mois, chétif, peu développé, très-faible, ne prenant point le sein.

Peau d’une coloration rouge intense assez générale, presque noire aux extrémités inférieures et supérieures. Corps froid et dur, surtout dans les parties où la coloration est le plus foncée. Battements du cœur à peine perceptibles (le lendemain de la nais-

sance).

Traitement: massage, agitation musculaire, provocation artificielle à la respiration. Amélioration immédiate, cris de l’enfant, mouvements d’élévation du thorax visibles.

Cette manœuvre est répétée plusieurs fois par jour, et on enveloppe l’enfant dans une flanelle chaude.

Un bain aromatique. Quelques cuillerées de lait dans la bouche.

Le troisième jour, injection dans l’estomac de 200 grammes de lait en deux fois .

Le quatrième jour, la coloration a disparu du corps, elle est sensiblement diminuée aux pieds et aux mains. Chaleur revenue, mouvements respiratoires assez amples, les

fonctions s’exécutent bien.

Le septième jour, aucune trace de coloration.

Obs. V. Enfant dans le même état que dans l’observation précédente. En cinq jours , le massage , l’agitation musculaire, la gymnastique des membres ramènent la coloration normale et l’exercice régulier des fonctions. Le cri, la chaleur, la respiration, tout est revenu et l’enfant prend le sein. On n’en continue pas moins le traitement trois jours encore (Bull. Ihér .).

M. Legroux a encore employé ce traitement six ou sept fois sans avoir un seul insuccès.

Cet heureux praticien exécute le massage méthodique avec une force croissante; il cherche à faire refluer les liquides des extrémités vers les centres. Par le massage on accélère la circulation languissante, on active le mouvement respiratoire, on secoue de sa torpeur le système nerveux; sous l’influence de cette triple excitation, la circulation capillaire se rétablit, le tissu cellulaire reprend sa souplesse etc.

On doit pratiquer ce puissant moyen de calorifération le plus tôt possible, et se bien garder d’attendre la généralisation du sclérème.

Sclérème des adultes. Puisqu’il présente les mêmes indications que celui des nouveau-nés.

Gonflement chronique de la peau et du tissu cellulaire.

Pellagre (Estradère) et plusieurs affections de la peau.

Le massage excite les fonctions cutanées, les ramène au tissu normal, il favorisera en particulier l’excrétion des produits des follicules sébacés et des glandes sudoripares.

Œdème des nouveau-nés. La circulation est activée et la résorption facilitée.

Anasarque et infiltration.

2° Appareil de locomotion.

1° Muscles.

M. Sarlandière pense que c’est par un déplacement moléculaire des parties constituantes du muscle qu’on pourrait remédier le plus efficacement aux lésions de cet organe. C’est ainsi qu’agirait le massage.

Obs. VI. Douleur musculaire très-ancienne guérie rapidement par le massage (hôp. de

la Charité, M. Piorry; Gaz. des hôp 1860).

P. H., journalier, entre à la Charité le 3 février 1860. Soixante-deux ans, bien constitué. En juin 1858, pendant qu'il fauchait, en ramenant vivement la faux, mouvement qu’il accompagna d’une torsion du corps, il ressentit tout à coup une vive douleur dans la

parue interne et supérieure de la cuisse droite. En septembre, la douleur, accompagnant

“ rZT s f rb6S’ était devenue int0lérab,e- M- Nonat P"»*; un vésicatoire toco dolenti. Les douleurs reviennent bientôt.

A i’iiopital Necker il est traité par ia cautérisation transcurrente, et à trois reprises

* '» —, ** 1. !> d-..r, des „ies de

nnanie l 5 ’ ' V Hote'~Dieu dans ,e service de M. Trousseau ; il y resta cinquante-deux jours, pendant lesquels il prit un assez grand nombre de bains sulfureux.

suif té SZ 7CUrremment lu,U ou di* ^«^«ns au Point douloureux avec du sulfote.d atropnie. lous ces moyens ne lui procurèrent qu’un soulagement de courte

l’hôpHa! P ^ da"S U" SerV'Ce de Chi™rêie’ il COntinue à Prendre des ^ins, puis quitte

En décembre 4 859, il rentre à la Charité; M. Briquet le traite par la faradisation, ce qui le soulage un peu. Enfin, le 3 février 1860, les douleurs étaient aussi fortes que jamais; la marche, la station même, le moindre mouvement réveillent de vives douleurs Le toucher exerce avec précaution n’est que péniblement supporté.

Sur le trajet du muscle grand-adducteur on trouve une dépression assez profonde pour y P acer un crayon transversalement, c’est à ce point qu’est la sensibilité la plus vive Le 4 février M Piorry prescrit une vésication sur la partie douloureuse ; on le panse le 5 avec du chlorhydrate de morphine, soulagement insignifiant; le 8, injection au sulfate

d atropine ; le 9 la douleur étant la même, deuxième vésication pansée encore avec de ia morphine; même résultat.

Tous les moyens ayant échoué , M. Piorry, n'admettant pas l'existence du vice rhumatismal, eut recours au massage.

Par la rotation en dedans et dans l’adduction, il tend fortement les muscles droit interne et grand-adducteur; alors, avec le bord cubital de la main il frappe à plusieurs repnses et assez violemment la partie douloureuse; puis il pétrit la partie, toujours avec une certaine force. Ces manœuvres, rapidement exécutées d’ailleurs, font jeter des cris au patient; mais immédiatement après, celui-ci constate que les mouvements rendus naguère impossibles par la souffrance , s’exécutent librement. Le lendemain il réclame lui-meme le massage. Le 46, le malade enchanté de son état, se lève et marche ans a salle, s applaudissant d’un mieux que depuis longtemps il n’espérait plus Les jours suivants, le mieux continue; les douleurs n’ont point reparu depuis ce dernier massage. Le 7 mars, le malade sort guéri. Il avait été soumis à cinq massages.

M. Piorry rappelle la multiplicité des traitements qui faisaient regarder ce cas comme incurable. Il explique la persistance des douleurs et leur guérison par le massage en supposant qu’il s’agissait ici d’une rupture de fibres musculaires et aponévrotiques. Des adhérences s’étalent formées par suite d’une cicatrisation vicieuse, peut-être un filet nerveux était-il pris et tiraillé dans le tissu cicatriciel. Les vio-

lences du massage ont rompu les adhérences et remis les choses en place; la dépression a disparu dès le premier massage.

Obs. VII. Le Dictionnaire des sciences médicales raconte qu'une dame sujette à une vive douleur rhumatismale (rhumatisme musculaire) n’éprouvait de soulagement que lorsqu'on pratiquait le massage sur la partie malade.

Notre ami J. D. nous communique un fait semblable : Mme D. souffrait à l’épaule droite d'une douleur rhumatismale dont les bains de mer l'avaient guérie quelques années auparavant. Comme, après les frictions au baume opodeldoch et autres moyens employés en pareille occasion, une vive douleur persistait, son fils, étudiant en médecine, eut instinctivement l’heureuse idée de pratiquer le massage. Il massa à sec, et de temps à autre il percutait légèrement, mais très-rapidement, avec les extrémités des doigts; un grand soulagement se déclara bientôt.

M. Sarlandière, qui s’en est servi avec grand succès dans ces affections, emploie surtout la percussion, quand le rhumatisme est vague; il le poursuit jusqu’à sa disparition complète dans tous les points qu’il va successivement occuper.

Pleurodynie. Le docteur Lepelletier rapporte deux observations où la guérison a été promptement assurée par un seul massage (Union médicale).

Torticolis. Récamier, Bouvier, Depaul (thèse d’agrégation), Seguin, Pouteau.

Lumbago (effort ou tour de reins). Martin aîné, de Lyon, en a fait disparaître rapidement (escamoté en cinq minutes, dit-il) plusieurs par le massage. Il explique la guérison par l’effacement des contractions partielles et irrégulières des faisceaux musculaires par le massage, qui doit s’adresser à toute la masse musculaire sacro-lombaire. Il n’y a pas d’autre moyen aussi sûr et aussi rapide; il avait recueilli , disait-il, plus de cent observations de guérisons obtenues ainsi, ce Les pressions et les mouvements sont les meilleurs moyens de calmer les douleurs des muscles et de leur rendre leur contractibilité. Il ne faut pas craindre d’agir alors même que la région est encore tuméfiée; car la tuméfaction souvent aussi ne cède qu’aux mouvements, c’est donc un précieux moyen de faire des guérisons (Malgaigne).

La courbature et la fatigue, suites d’une marche forcée ou d’une fièvre éphémère, disparaissent vite par la percussion (Sarlandière).

Contractures musculaires . Un cas de contracture musculaire datant de cinq ans. Guérison par le massage et les bains à une haute tempé-^ rature (M. Martin Lauzer).

On pense qu’il se produit une modification moléculaire.

Luxations des muscles . Il les remet en place.

2° Ligaments.

observation anglaise ( Ranking’s halfyearly abstract., 1850).

Obs. VIII. Rupture du ligament calcanéo-scaphoïdien . Bons effets du massage contre

l' engorgement des parties molles. Fait embarrassant tant par l'incertitude de la

lésion que par celle du traitement.

Un jeune homme de dix-neuf ans , portant un très-lourd fardeau, glisse et tombe. Gonflement avec douleurs vives dans un pied , impossible de la poser à terre. Cinq semaines après, le gonflement avait beaucoup diminué; mais quand le malade mettait le pied sur le sol, il éprouvait une douleur atroce.

La courbe naturelle du pied est fort aplatie, l’apophyse styloïde du scaphoïde se sent plus facilement que sur le pied sain, malgré le gonflement et l’épaisseur des parties.

Pendant six semaines, M. Nann poursuit sans succès la douleur par toutes sortes de moyens (repos, compression, teinture d’iode , appareil amidonné , fomentation , position sur un plan incliné). Tout ayant échoué , on a recours au massage sur la plante du pied. Quelques semaines après, le gonflement et l’œdème disparaissent, ainsi que la sensibilité morbide, et la partie rentre dans des conditions normales.

Cette observation montre ce qu’on peut attendre dans le cas d’engorgement des parties molles du massage de ces parties. Il fait disparaître l’engorgement à la suite des fractures, des luxations , en excitant l’absorption des tissus contusionnés.

Kystes synoviaux. Ganglions et collections albumineuses dans le voisinage des articulations. C’est là que les bons effets de la palette sont manifestes, et dans ces cas l’habitude ni l’usage n’en furent jamais interrompus.

Le massage enflamme et désorganise l’enveloppe, l’humeur épanchée est absorbée (Percy et Laurent, Dict. des sc. méd .).

3° Articulations .

En général toutes les maladies chroniques des articulations offrent au plus haut point l’indication positive du massage (Daily).

Entorses. Nous traiterons cette partie d’une manière toute spéciale.

Engorgements chroniques (Larrey).

Raideurs articulaires de causes diverses. Recommandé par Hippocrate, Récamier, Malgaigne. D’après Ronnet c’est surtout dans les articulations recouvertes de masses charnues que le massage réussit; les raideurs tiennent souvent à la rétraction des ligaments, les tractions y remédient.

Suites de fracture. Atrophie musculaire, contractures, brides, adhérences des tendons, raideurs articulaires, fausses ankylosés, troubles fonctionnels des synoviales.

Un massage doux au début, insistant sur les mouvements surtout, neutralise les conséquences du repos prolongé.

L’activité des fonctions générales du membre excitera la vitalité de l’os; la génération de l’os pourra être influencée, le cal se formera avec plus de solidité et de rapidité (Estradère).

Rhumatisme. Il est d’expérience que dans les rhumatismes aiguës , non fébriles, dans les rhumatismes chroniques, cette médication est suivie d’un heureux résultat. C’est surtout dans les affections rhumatismales que le massage (par percussion) a été employé avec grand avantage par M. Sarlandière. Rientôt les mouvements deviennent plus faciles; il suffît pour enlever une affection légère d’une seule séance et de huit ou dix pour soulager un rhumatisme opiniâtre. Il faut se garder d’employer le massage dans le rhumatisme fébrile et surtout dans la goutte et dans l’arthritis rhumatismale, si ce n’est quand à la fin de ces maladies il ne reste qu’une raideur générale accompagnée d’endolorissement1 (Trousseau et Pidoux, Traité de thérap ., t. Ier).

1 Aux eaux de Bourbon-Lancy nous avons vu des affections rhumatismales combattues avec succès: douches suivies de rudes frictions, ce qui produit une forte sudation, tel

Ankylosés légères avec adhérences fibreuses , s’il n’y a pas d’inflammation, le massage est un remède efficace et innocent.

Hydarthrose. Il faut pousser le mouvement jusqu’à son extrême limite normale comme le prouve le fait suivant (Malgaigne , Leçons d'orthopédie, 1862) :

«J’avais traité un de mes amis d’une hydrarthrose aiguë du genou; je lui fis faire des mouvements, le jeu de l’articulation se rétablit et je le déclarai guéri. Comme il continuait à boiter, il revint. Le genou était sain, la flexion étendue incomplète; je la fis complète jusqu'à la rencontre du talon et de la fesse; à l’instant même la claudication disparut et il resta guéri. Quoique je ne puisse l’expliquer, ce fait reste avec toute sa signification pratique. »

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