OBSERVATION XL
KrrMISsoN (Revue d'Orthopédie, 1913)
Emile R., enfant présenté à l'hôpital Trousseau, le 21 juin 1902. Les antécédents héréditaires sont excellents et l'accouchement a été normal. Nous avons affaire ici à une maladie de Volkmann avec raccourcissement du péroné droit et pied en varus.
La jambe et le pied font entre eux un angle ouvert en dedans, le pied est en varus; dans un premier examen, on note que le raccourcissement de la jambe droite n’est dû qu'au tibia, le péroné ayant même longueur des deux côtés. Tibia gauche, 10 %,; tibia droit, 7 %n. Cependant, tibia et péroné présentent tous deux une incurvation très marquée de leur diaphyse. Les deux os forment entre eux un X et laissent ainsi, par leur écartement, un espace dans lequel tendent à s'insinuer les os du tarse.
Un autre examen est fait le 18 avril 1910. — Nous notons un raccourcissement très marqué de la jambe droite, qui présente une
incurvation à convexité postérieure et externe; le raccourcissement atteint 5 Yn. Le péroné gauche mesure 24 %, de long, le péroné droit 18 %, (il y a donc ici raccourcissement du péroné seulement). Le péroné, dans son ensemble, est le siège d'une hypertrophie marquée, surtout à son tiers inférieur, où son volume est supérieur à celui de la partie correspondante du tibia.
Traitement. — En avril 1910, on dédouble le tendon d'Achille pour permettre le port d'un appareil. L'enfant entre à nouveau dans le service, son pied est en équin varus, du côté du tibia, on note une incurvation à concavité antérieure et interne.
Le 28 janvier 1913, après chloroformisation et application de la bande d'Esmarch, on pratique l'arthrodèse du cou-de-pied, ou plutôt une arthrodèse péronéo-astragalienne. A cet effet, on enlève à la gouge et au maillet la masse principale de la malléole péronière, puis on abrase le cartilage articulaire de l'astragale et le pied est maintenu à angle droit sur la jambe par un aide On fixe par l'intermédiaire d'une cheville en ivoire qui, pénétrant dans l'extrémité inférieure du péroné, va se loger dans l’astragale. On suture ensuite la peau au crin de Florence; le malade, revu ultérieurement, peut marcher facilement à l'aide d'une bottine élevée.
OBSERVATION XLI FREIBERG (Revue d'Orthopédie, 1913)
Déformation de Volkmann sans raccourcissement osseux
Petite fille de 24 mois chez laquelle, dès la naissance, on a noté un pied dévié en dehors. C’est le pied gauche, la malléole interne est très saillante, la malléole externe est sur un plan plus élevé que l'interne. L'interligne articulaire est oblique en bas et en dedans. Les deux pieds et les deux jambes sont d'égale longueur. La radiographie montre bien que le péroné existe dans toute sa longueur, mais que sa diaphyse est fortement conve en dedans, diminuant beaucoup la largeur de l’espace inter-osseux. Le péroné paraît épais par rapport au tibia. C'est dans l'interligne que réside la
cause de la malformation; l'interligne articulaire est oblique de haut en bas, et de dehors en dedans, formant avec l'axe de la jambe un angle de 75°; de plus, au lieu d’être située plus bas que celle du tibia, l’épiphyse inférieure du péroné est au contraire plus haut.
OBSERVATION XLII Drerruss (Revue d’'Orthopédie, 1913)
Déformation de V’olkmann à gauche sans raccourcissement osseux
Petit garçon de 2 ans, bien portant et ne présentant aucune trace de rachitisme. Chez lui, le pied gauche est tellement renversé en dehors que la malléole tibiale appuie pour ainsi dire sur le sol. Le péroné est présent dans toute sa longueur, mais, la radio le montre bien, il est plus refoulé en arrière qu'à l’état normal, de sorte que les deux os se recouvrent plus qu'ils ne devraient le faire. Tous les os du tarse existent.
Traitement. — On pratique l’arthrodèse; l'opération a mis en évidence l'existence des deux malléoles, mais au lieu d’être horizontale, l’interligne articulaire est oblique de dedans en dehors, de bas en haut et d'avant en arrière.