PRÉFACE
L'étude que je présente aujourd’hui résume trois années de recherches poursuivies depuis le jour où, à l’autopsie d’ailleurs banale d’une femme, je rencontrai l’anomalie vraiment remarquable qui. est comme la pierre angulaire de ce travail.
Les nombreusés observations qu’il m'a été donné de faire au cours d’une aussi longue suite d'examens nécroscopiques m'ont révélé certaines particularités que j'ai cherchées en vain dans les auteurs. De ces remarques, les unes, concernant le foie normal, sont relatées dans un mémoire qu’on m'a fait Phonneur de couronner ; j'ai réuni et discuté ici les autres, qui ont trait aux anomalies de la glande biliaire.
Je dirai de suite que ces anomalies sont rares.
Comme tout organe dont le développement est précoce, le foie échappe à de nombreuses causes de malformations, comparable en cela à l'intestin qui seul est moins variable que lui. Cependant, s’il est peu, fréquent de rencontrer des modifications profondes de la glande ‘hépatique, il est plus commun de noter des anomalies qui, pour ne pas atteindre sérieusement la forme ou les connexions de cet organe,
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n’en constituent pas moins des états spéciaux qui ne sauraient être rapportés à la notion que l’on possède
du foie normal.
Ainsi donc ce viscère, d’une si haute importance
physiologique, pourra quelquefois se départir — mais dans une mesure le plus souvent restreinte — de la stabilité que lanatomie se plaît à lui reconnaître.
Dès lors, ne devient-il point intéressant d'étudier ces.
variations mêmes, et pour satisfaire une curiosité scientifique fort légitime, et aussi. dans le but plus directement utile d'apporter une contribution, quelque faible qu’elle soit, à la pathologie des affections hépatiques ? | Aussi bien, la chirurgie abdominale, traduisant par de si beaux résultats ses interventions sur les voies biliaires, doit-elle s’accommoder de la connaissance de certains obstacles que son heureuse audace lui permettra de franchir. Et si la pathologie médicale ne trouve point, dans ces notions nouvelles, matière
à des succès aussi brillants, du moins pourra-t-elle
les utiliser encore, car elles viendront dans certains cas éclairer un diagnostic douteux, indiquer une thérapeutique rationnelle
En ces temps où de remarquables communications
forcent l'attention générale à se reporter sur les
affections du foie, à l'heure où lécho s'éteint à peine de savantes discussions sur la cholédochotomie, une étude comme celle-ci ne saurait venir hors de propos. Mais qu'on ne s'y méprenne point : dans ce travail, sans prétentions d'aucune sorte, on né trouvera pas un exposé magistral de la question, ardue