LES ANOMALIES DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES SUR LES SUJETS ANORMAUX
Soumis aux exigences d’une classification méthodique, qui seule pouvait m'imprimer une direction
favorable dans le dédale des observations, je me
suis astreint à l’unique description des faits dont elle me permettait l'étude ; j'ai volontairement omis, Jusqu'ici, d’envisager les cas où des anomalies, même très simples, affectant le sujet soumis à l'examen, il eût été intéressant de noter les variations possibles dans la morphologie dela glande hépatique. Le chapitre auquel je :suis arrivé maintenant sera réservé à cette étude.
Je crois inutile de placer en tête de cette division nouvelle un second tableau de classification : à part
quelques modifications de détail, celui que j'ai * donné peut être également suivi pour la description
des faits qui forment la trame de ce chapitre. Et
Si Je Suis resté systématiquement fidèle à la méthode que je m'étais imposée, écartant de mes descriptions
une foule de faits qu'aurait admis une classification moins intransigeante, je puis dès maintenant en retirer le bénéfice, en montrant par quelque exemples que s'ils ne peuvent trouver place dans le monde
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fermé des cas déjà décrits, il est aisé de les grouper tout à Côté, car ils sont justiciables de considérations identiques. |
Il était en effet évident, à priori, que des anomalies extrèmement légères, surtout lorsqu'elles affectent les membres, ne doivent retentir en rien sur la morphologie du foie, car elles ne sont pas SusCeptibles d'en troubler le développement. Mais les sciences positives s’accommodent mal des hypothèses, surtout quand elles peuvent vérifier directement le bien fondé de certaines assertions. Aussi, et quoique sachant par avance le résultat auquel aboutiraient mes investigations, ai-je tenu à fournir d’une supposition des mieux fondées la preuve irréfutable.
Procédsnt du simple au composé, j'ai d’abord réuni un grand nombre de cas d'anomalies diverses relativement légères, toutes compatibles avec une existence plus ou moins longue ; considérant ensuite des malformations graves, j'ai terminé par l'étude des modifications que peuvent imprimer au foie les anomalies très complexes, les monstruosités en un mot. Une série de faits fixent l’attention au milieu de ces recherches. Ce sont les modifications que subit l'organe hépatique comme conséquence des malformations du diaphragme. J'insisterai quelque peu sur ce point intéressant. Je dirai aussi quelques mots sur les cas de transposition viscérale.
I* GROUPE Anomalies relativement peu graves.
Ainsi qu'il fallait le prévoir, dans tous les cas de
ce genre, les modifications du foie ne sont ni plus
ste ad nid de
one
ni moins enr que chez les sujets qui présentent la disposition ordinaire. En effet, suivant la loi générale, de même que tous les organes qui se forment et se développent d’une façon précoce, le foie est remarquablement constant, d’abord dans son existence même (car il ne manque que chez les êtres monstreux les moins différenciés), et en second lieu dans ses dispositions les plus caractéristiques, notamment dans son unité : jamais on n’a rencontré
de duplicité de la glande hépatique, sauf dans les
monstres doubles. Et, même chez des sujets dont les malformations sont considérables, chez des monstres privés d'organes quelquefois très complexes, le foie se montre toujours, restant stable aulieu des bouleversements embryogéniques. Dans ces conditions, de quelle force pourrait peser, sur Ja production d'anomalies d’un viscère aussi remarquablement fixe, la présence chez un individu d’un bec de lièvre ou d’un pied bot?
Aussi ne m'étendrai-je pas sur ce sujet en considérations superflues. Qu'il me suffise seulement de dire que je n’ai jamais trouvé mentionnée, dans les
observations dont je donne ci-dessous la nomencla-
ture, la moindre anomalie du foie: malformations de l’appareil urinaire, 34 cas ; du cœur, 19; des voies génitales de la femme, 11; de lintestin, 18; spina bifida, 6. Je pourrais multiplier les exemples; la démonstiation que je poursuivais n’en serait pas plus complète.
H est donc bien étébli que létat anormal de certains organes ou de certaines parties du
JACQUEMET 10
ss — 70 —
corps ne s'accompagne pas forcément de malformations du côté du foie. Le problème inverse se pose maintenant, et il y a lieu de se demander si l'anomalie de ce viscère ne peut pas entraîner des modifications congénitales dans la forme ou la position de quelques organes. La lecture du chapitre IT est la réponse à cette question. Malgré l'importance que certains auteurs ont attribuée au foie, lui prètant un rôle prépondérant dans l'agencement des viscères abdominaux et thoraciques, les observations des anomalies étudiées dans le chapitre IV nous montrent la parfaite intégrité des autres parties du corps. Et notamment l’homologie qui paraît exister entre ces deux formes, foie multilobé et rein lobulé, ne se poursuit nullement sur le même individu : il my a entre elles aucun lien nécessaire : Je n'ai pas, pour ma part, constaté d’'anomalie du rein dans les deux cas de foie multilobé que j’ai observés. De même inversement dans certains faits de rein lobulé que J'ai rencontrés je n'ai jamais vu qu’il ÿ eût parallèlement une mal formation hépatique.
Avant de passer à l'étude des anomalies du foie chez les sujets atteints de malformations graves incompatibles souvent avec une existence quelque peu prolongée, je dois considérer une disposition organique (rès curieuse, qui si elle napporte, dans l'immense majorité des faits, aucun obstacle à la vie, s'accompagne quelquefois des modifications tellement profondes dans la situation respective des organes, qu’elle est naturellement désignée pour me servir de transition: je veux parler de la transposition ou imver-
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sion viscérale, que j'envisagerai d'ailleurs uniquement dans ses rapports avec les anomalies du foie.
TRANSPOSITION VISCÉRALE. — On sait ce qu'il faut entendre par le mot : inversion viscérale. Cet état très curieux et fort rare n’est cependant point exceptionnel, car on en connait un peu plus de cent cas. La transposition est tantôt partielle, tantôt complète. Dans ce dernier cas les rapports que les viscères affectent entre eux restent les mêmes ; il n’y a d’intervertie que la position absolue.
D'autres fois, au contraire, quelques viscères sont seuls déplacés, les organes voisins ayant conservé leur situation générale, que modifie plus ou moins la disposition nouvelle. Ces transpositions partielles peuvent porter isolément sur les cavités thoracique ou abdominale ; elles peuvent encore s’associer de diverses manières.
Dans les trois cas cas que J'ai recueillis d’inversion partielle il s'agissait une fois de l’estomac (1), une fois des organes pelviens (?), et une autre fois du cœur (*) (dextrocardie). Jai observé moi-même, étant interne de M. le professeur Laget, un individu qui était entré dans le service pour des palpitations, et dont le cœur était situé à droite, légèrement relevé, la pointe battant au niveau et en dedans du mamelon droit. Chez ce sujet la percussion et la palpation démontraient l'existence du foie à droite. De même,
(1) Debouie. Bul, Soc. An., mars 1859. V. obs, XLIV. (2) Herberg, Dissert. inaug. Berlin, 1882.
(3) Grüss ef Bamberger, Berlin. Ki Vochensch., février 1888.
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dans les trois faits cités plus haut, ce ee. OCCU— | pait sa position normale. Le Pere Ce n’est pas à dire que dans tous les cas Je foie re conserve sa situation; il peut évidemment être re 20 porté dans l’hypochondre gauche. Cette disposition ne saurait d’ailleurs créer de sérieuses difficultés soit pour le diagnostic, soit DOME les interventions, | l'organe considéré étant, par son volume, facilement accessible à nos. moyens d'exploration. g suffit R seulement de songer à la nee d’une telle an
malie. ea DR USSR I GROUPE
Anomalies drpaen — ne Ù
Il est malaisé de classer rigoureusement une à une les anomalies, sous le rapport de leur gravité : une distinction moins étroite est seule possible. Les facteurs sont d’ailleurs multiples qui concourent à don- se # . ner à une anomalie, au point de vue de l'existence du sujet qui en est affecté, une importance plus ou moins grande. Ne voit-on pas chaque jour l’intervencion chirurgicale modifier du tout au tout le pronostic de l’imperforation du rectum, par exemple? et ce même vice … de conformation entraîner quelquefois la mort à brève
échéance, alors qu'une large communication interventriculaire permet, dans certains cas, une survie d'un mois (!). Aussi ne saurait-on déterminer le point précis où commence l’anomalie grave. D’ ailleurs, pour le sujet que je traite, la connaissance exacte der ces limites indécises est assez péu utile, le foie n° ‘étant s (4) W. Northrup, N.-York medic. Record, mars 1888. ;
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alors nullement modifié. Il faut, en effet, que de profonds et surtout de précoces changements se
produisent dans l'organisme embryonnaire pour que
la glande hépatique, subissant l'influence de causes encore inconnues, se trouve modifiée. L'exemple le plus démonstratif de ce fait réside dans l’ectopie thoracique du foie consécutive aux malformations du diaphragme.
EGTOPIE THORACIQUE DU FOIE. — On sait que, à un stade reculé du développement, les bourgeons hépatiques du tube intestinal pénètrent dans le mésen-
chyme de la partie caudale du septum transverse, et
que c’est en ce point que se montre la première ébauche du foie. D'autre part, les récentes et remarquables recherches d'Albert Brachet (1) ont démontré
que la partie dorsale du diaphragme se développe isolément, la portion centrale provenant de la mem-
brane pleuro-péricardique, les portions latérales
ayant une autre origine, qui diffère à droite et à
gauche. Ces considérations embryologiques éclairent d’une lumière très vive la malformation que J'étudie, en montrant que c’est d'ordinaire un défaut de développement de la partie latérale droïte du diaphragme dorsal qui permet l’envahissement de la cavité pleurale par les bourgeons hépatiques, processus qui aura pour effet l'absence de cloisonnenement du cœlome, et la persistance, pendant toute
la vie du sujet, de la cavité pleuro-péritonéale. En .
effet, les observations nous montrent qu'il existe d'or-
(1) Sur le développement du diaphragme et du foie chez le lapin, in Journal
de l'An. et de la physiologie, 1895.
la per foration : sièg cas sont beaucoup dus rares soùl lé a cl entière e à ou «mais ils . ù
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génitale avec ectopie du foie. Je n'entreprendrai pas ici leur description. Il me suffira d’appeler l'attention sur la direction et les rapports nouveaux qu’affectent les voies biliaires, la vésieule se trouvant contenue notamment soit toute entière, soit eh partie, dans la cavité thoracique, en rapport avec la partie latérale où postérieure du gril costal.
I n’est pas rigoureusement nécessaire, pour que le foie pénètre dans le thorax, que le diaphragme soit perforé. Il suffit — mais le cas est extrêmement rare — que le muscle soit refoulé dans la cavité pleurale par les viscères abdominaux, qui s’en coitfent en quelque sorte. Meckel figure dans ses Tabulæ une semblable disposition : avaient pénétré dans Ja partie gauche de la poitrine non pas le foie, mais l'estomac, une portion de lintestin grêle et la rate, qui se trouvaient recouverts par le diaphragme € haud irrupto, valdopere distento et'sursum pulso ».
Je terminerai l’élude déjà longue des anomalies du foie par quelques considérations sur l’état de cet organe chez les monstres. Pour la rédaction de cette partie de mon travail j'ai puisé largement dans l'ouvrage si universellement connu d’Isidore Geoffroy St-Hilaire ; toutes les observations que j'ai lues relatant la description anatomique de monstruosités diverses n’ont fait que confirmer les vues de l’illustre anatomiste, Je renvoie à son « Histoire des anomalies de l’organisation » pour la connaissance détaillée des faits que je vais rapidement résumer.
MONSTRES UNITAIRES. — Les sujets de la I" tribu (Ectroméliens et Syméliens) n'offrent rien de parti-
sh
culier. Au contraire, ceux de la Il°tribu (Célosomiens) présentent une éventration qui livre passage, dans la plupart des cas, au foie. Cependant chez les Aspalosomes cet organe est seulement abaissé. La tribu II renferme les anomalies de la tête. On conçoit donc que la glande hépatique soit indemne de malformations; toutefois les Hypérencéphales étant souvent célosomes, la proposition précédente n’est pas applicable à ce cas particulier. Les Cyclocéphaliens (IV* tribu) assez souvent, se compliquent d’une malformation surajoutée, et notamment du déplacement thoracique de certains viscères abdominaux ou encore de l’inversion splanchnique. Je n’insiste pas sur les modifications aprortées à la forme et à la situation du foie dans ces circonstances.
ne:
C’est dans l’ordre des Omphalosites qu’on rencontre | les malformations les plus graves de la glande hépatique. Elles sont très marquées dans le 4® genre . (Péracéphaliens) où l’on note presque toujours l’absence du foie; quand il existe, il est réduit à des « rudi-
ments presque méconnaissables ». [1 en est de même des Acéphaliens (2 genre). Lorsque le viscère est représenté, il est éonstaminent dépourvu de vésicule biliaire. Quant aux monstres Anidiens et aux Parasites, plus imparfaits encore, ce sont des masses
plus ou moins informes, qui ne sauraient nous inté- | resser. S
. MONSTRES DOUBLES AUTOSITAIRES. — Eusomphaliens.
— Les Pygopages, les Métopages et les Céphalopages, qui constituent les trois genres de cette tribu
w’offrent, en ce qui nous concerne, rien de particulier. Les deux foies sont absolument normaux.
Monomphaliens. — L'union se fait, dans cette tribu, d’une manière plus intime. Les Ischiopages (17 genre) unis par l’extrémité inférieure de l’abdomen, possèdent un foie unique. Les Xiphopages, ainsi d’ailleurs que les Sternopages (2° et 3° genre) présentent une seule masse hépatique, manifesltement produite par l’accolement des deux viscères normaux au moyen d’un pont de parenchyme glandulaire. Il existe deux vésicules biliaires. Dans un cas (1) les deux foies étaient situés non point-à côté mais l’un derrière l’autre. Dans les cas ordinaires, il y a inversion de l’un des deux organes. Les Ectopages (4 genre) réunis par toute la portion latérale du thorax, ont un foie unique.
Dans les Hémipages (5° genre)les deux foies sont distincts. Chez les Sycéphaliens, les deux viscères se rencontrent très rarement unis (un cas de Meckel). Le genre des Monocéphaliens se caractérise par un foie unique La tribu des Sysomiens comprend des monstres possédant une seule glande, mais manifestement double, avec ses deux vésicules. Quant aux Monosomiens, le foie chez eux est unique.
MONSTRES DOUBLES PARASITAIRES. — Le parasite est dépourvu de viscères digestifs, à l’exception d’une petite portion de l'intestin. Quant au sujet principal, il est curieux de constater que dans deux cas, l’un
(4) Blümlein, Vierteljahrs. für Gericht. Med, 1874.
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de Mayer (!), l’autre de Winslow (?), le foie du sujet portant le parasite présentait deux vésicules biliaires.
Je ne parlerai pas des monstres triples. Nos connaissances sur cette variété sont tellement imparfaites qu’il est impossible d’en donner une description.
Ainsi se trouve terminée la partie de ce travail consacrée à l'étude anatomique des anomalies du foie et des voies biliaires. Je place ici les observations sur lesquelles je me suis appuyé, et dont la connaissance me semble nécessaire pour pouvoir tirer des déductions applicables à Ja pathologie de ces or-
ganes,
(1) Archiv, gén. de Méd , t, XVII.
(2) Mémoires de lAcad. des Sciences pour 1733.
h agimatiqh es du foie AS SRG
se rapproche res | e sillon situé à l'extrémité Fa : j
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droite est superficiel et peu marqué; les deux suivants sont plus profonds (4 à 6 millimètres); les deux derniers sillons de gauche sont relativement très profonds. La dépression constituée par le sillon placé à l’extrème-gauche forme une véritable rigole mesurant dans son milieu 25 millimètres de profondeur sur 18 de largeur... Les extrémités inférieures de ces cinq sillons sont placées sur une ligne oblique en bas et à gauche. Ils ne correspondent à aucune altération profonde de l’organe ; la capsule de Glisson n’est nullement épaissie à ce niveau; à la coupe, on-ne trouve aucune mo-
dification du tissu sous-jacent.
OBSERVATION lil (Résumée).
Foie humain incisé et lobulé (Alezais et Arnaud. Mavseille médical. novembre 1887, p. 745.)
Femme de 28 ans. Le foie n'était pas sensiblement hypertrophié (1900 grammes), mais présentait à sa face inférieure diverses incisures anormales et deux lobules pédiculisés. Ces incisures siègent sur le lobe droit. Une première inei- - sure portait surle bord libre à 8 millimètres de la vésicule se dirigeant en arrrière et en dedans sur une longueur de 4 millimètres. Un peu en arrière et en dedans, une seconde incisure de 6 millimètres de longueur, plus profonde et suivantla même direction pénétrait obliquement dans le parenchyme, produisant une lèvre externe saillante et arrondie.
Le lobe caudé était très développé et contournait la veine cave en arrière. À la face inférieure du lobe de Spiegel était appendu, par un pédicule aminci, un petit lobule plus gros qu'une. olive. On retrouvait un second: lobule aussi indépendant et pédiculisé en dehors de la facette par laquelle le: foie se moule sur la capsule surrénale
Fo
A eh 1h RSS AS ds LE ce
OR
OBSERVATION IV (Résumée).
Lobe marginal prérénal du. foie Mauclaire. Bul. Soc. An., décembre 1894, p. 960.)
Sujet âgé. En examinant le foie, nous trouvons l'angle du côlon ascendant et du colon transverse déprimanc le bord antérieur du foie, en empiétant plutôt sur la face convexe. Par suitede cette dépression, l'extrémité droite du. foie forme un lobe assez volumineux descendant verticalement et venant se placer au devant du rein droit au point de simuler celui-ci
à première vue.
OBSERVATION V (Résumée).
Foie multilobulé (Grenet. Bul. Soc. An., maï 1895, p. 442).
Femme. Ce foie est remarquable par les nombreux sillons qu’il présente à sa surface et par le petit volume de son lobe droit. Le lobe gauche normalement développé est divisé sur la face supérieure et sur la face inférieure par des sillons profonds de 1 centimètre environ qui lui donnent un aspect mamelonné. Mais c’est surtout le lobe droit qui présente l’anomalie la plus remarquable. Ce lobe est au moins trois fois plus petit. qu’à l’état normal, et il'est presque complètement divisé en deux parties par une scissure tranversale : chacun de ces lobules ainsi délimité présente à sa surface trois ou quatre sillons moins profonds qui le divisent en lobules secondaires. La vésicule biliaire est reliée à un de
ces lobules par un mésocyste.
OBSERVATION VI (Résumée).
Foie lobulé (Potherat. Bull. Soc. An., mai 1889, p. 572.)
Très vieille femme. Cefoie présente un lobe droit normalement conformé et d’un volume sensiblement normal aussi. A. une certaine distance de ce lobe droit, on trouve en
Se dedans un lobe bien plus étendu
vertical, plus large en ba
| regarde le côté droit, s
Fe
veine ombilicale pé ètre profo dé ent S “réunit ces deux lobes. Cet isthme est formé toine dans lequel on trouve en clus, trois petits lobes :
. un, inférieur, un
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à la face infé
Sicule biliaire et le lobe carré, par teuse lâche “qui semble formée
hépatique épaissie 4 ea
fable offre une configuration spéciale. De ce lobe naissent trois veines quise rassemblent pour former un tronc d’un calibre as-
sez considérable lequel se dirige obliquement à droite et en ar-
rière vers la veine cave inférieure. L'autre, plus petit, offre un volume double 4 de celui d’une grosse châtaigne ; ; Situé au de-
vant du précédent, il donne naissance à un tronc veineux, de Calibre à peu près égal 4 celui que nous venons de signaler et dans lequel il va se jeter en passant au-dessous et en avant
de la veine ombilicale. Le lobe carré est déformé, diminué de volume et forme des mamelons dont part un trone veineux. Le lobe de Spiegel atrophié est réduit à deux masses ovoïdes de configuration semblable à celle de ganglions
lymphatiques. Enfin, à droite de la vésicule biliaire et rat- taché comme elle au lobe droit par un repli du péritoine, se ne) rencontre un petit mamelon de parenchyme hépatique qui
correspond au prolongement antérieur du lobe de Ur
OBSERVATION VIIT (Résumée).
Auomalie du foie (Foie cordiforme). (Sollier, Bul. Soc. ee Anat., février 1888, p. 212).
‘Homme de: 67 ans. Le foie est remarquablement petit, de
forme triangulaire, cordiforme. Le bord antérieur est arrondi cet presque aussi épais que le bord postérieur. Le lobe droit est normalement développé, mais le lobe gauche fait pour
ainsi dire défaut, car 1l n'existe guère à gauche de la vésicule qu’une bande de foie de 2 à 3 centimètres seulement de
largeur, Le lobe de Spiegel est réduit à une mince lan-
guette de, substance hépatique et quant au lobe carré, il est
impossible de le distinguer. La face inférieure du foie est
complètement plane. A la coupe, il offre l’aspect du foie cardiaque à un dègré peu avancé.
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OBSERVATION IX Foie Cordiforme (Personnelle).
Maria X... 53 ans, née à la Réunion. Foie assez gros, triangulaire, presque uniquement formé par le lobe droit. dont les dimensions sont les suivantes : D. antéro-posté-
rieur — 23 centimètres ; D. transversal — 48 centimètres , D. vertical — 7 centimètres. Le lobe gauche triangulaire, très réduit, offre les dimensions suivantes : D. antéro-postérieur — 10 centimètres ; D. transversal = 6 centimètres,
D. vertical — 4 centimètres. Poids = 1310 grammes. La longueur de la vésicule est de 8 centimètres. Son- fond n'apparaît pas sur le bord antérieur, qui d’ailleurs ne présente pas d’échancrure et est assez épais. La face inférieure de l’organe nous montre une continuité absolue entre le parenchyme hépatique des lobes droit et gauche. La vésicule est sur le prolongement du lobe de Spiegel, qui présenteun bord antérieur rectiligne au lieu de l’échancrure arrondie. Le lobe carré a presque entièrement disparu et n’est plus constitué que par une portion fort restreinte de tissu hépatique de forme triangulaire, le sommet etant formé par le point de jonction de la vésicule avec l'implantation sur la veine porte du ligament rond.
OBSERVATION X (Personnelle) Atrophie partielle du lobe droit.
M. Thérèse, 63 ans. Pneumonie gauche. Le foie dans son ensemble est allongé transversalement. Le lobe gauche très développé et de forme irrégulièrement quadrilatère présente les dimensions suivantes : D. transversal — 13 centimètres ; D. antéro-postérieur — 41 centimètres ; D. vertical — 3 centimètres et demi. L'insertion du ligament suspenseur se fait à peu près au milieu de la face supérieure,
di Œagfrr 0 N D A DS RS
= Se
de l'organe. La forme du lobe droit est très irrégulière et provoquée par la: présence d’une vaste échancrure prenant naissance au niveau du tiers inférieur du bord droit et entamant le parenchyme sur une profondeur de 48 millimètres. Ce golfe détermine au-desscus de lui la production d’une sorte de lobe à large pédicule, limité à droite par le bord droit, à gauche par le fond de la vésicule biliaire, etdont les dimensions sont les suivantes : D. transversal — 70 millimètres ; antéro-postérieur = 57. millimètres.
Les dimensions du lobe droit sont les suivantes : D, antéro-postérieur, (y compris le lobe pédiculisé) = 17 centimèêtres ; D. transversal = 16 centimètres ; D. vertical — 5 centimètres. L’organe était donc deux fois plus étendu dans le sens tranversal que dans le sens antéro-postérieur, soit : comme 4 est à 2, les conditions normales étant : comme 3 est à 2. À la face inférieure, l’échancrure se continue assez profondément par une scissure de sorte que le lobe est encore plus parfaitement limité qu'à la face supérieure, son pédicule étant relativement étroit puisque le pont de substance hépatique qui le relie au lobe droit n’a guère que deux centimètres. La présence de ce lobe entraîne une légère modification “dans la fossette cystique, dont le bord droit au lieu d’être rectiligne est légèrement échancré vers
- son tiers antérieur. Le lobe de Spiegel est normal. Le lobe
carré quoique nettement indiqué à sa partie antérieure est uni au lobe gauche par un très fort pont de substance hé-
patique.
OBSERVATION XI (Personnelle).
Atrophie du lobe de Spiegel.
P. Thérèse, 4 ans, tuberculose pulmonaire. Foie assez gros (Poids 1340 grammes) et présentant sur la face convexe
du lobe droit deux sillons d’un demi-centimètre de profon-
JACQUEMET 42
RE OGes
deur, éloignés du bord droit de 9 centimètres pour le pre-
mier, de 12 centimètres pour le second qui est parallèle au
précédent et n’a que 2 millimètres de profondeur. Le sillon de droite mesure 5 centimètres de longueur, celui de gauche 3 centimètres. Ils sont d’ailleurs tous deux parallèles au diamètre antéro-postérieur. À la face inférieure, d’ailleurs normale, le lobe de Spiegel est réduit à une petite languette allongée dans le sens antéro-postérieur (5 centimètres), de 1
centimètre de largeur, légèrement échancrée sur son bord.
gauche et s’effilant du côté du bord postérieur du foie, auquel elle est réunie par un tractus péritonéal de 4 centimètres de longueur. La partie antérieure ne présente pas la saillie or-
dinaire qui s’avance sur le sillon transverse, mais elle se :
continue pour ainsi dire toute entière avec le prolongement extérieur du colliculus caudatus qui est très marqué. La veine cave inférieure n’est recouverte en aucun point de son trajet par du parenchyme glandulaire ; seule une lame péritonéale s'étend au-dessus d'elle, l’unissant au lobe droit les vesti-
ges du lobe de Spiegel.
OBSERVATION XII (Personnelle).
Atrophie du lobe de Spiegel.
G. Laurent, 70 ans. Asystolie. Le foie, assez petit, pèse 1200 grammes. l'ace supérieure normale, face inférieure présentant : 1e Sur le lobe gauche, deux sillons assez profonds, parallèles, transversalement dirigés sur une étendue de 5 centimétres ; 2° sur le lobe carré, un sillon assez profond en croissant dontla direction générale est antéro-postérieure et qui détermine un commencement de lobulation ; 3° enfin une réduction considérable de l’éminence porte postérieure qui présente une forme discoïde. Disparition de la saillie qui surplombe ordinairement le sillon transverse, d’où élargissement considérable de ce dernier. Colliculus caudatus bien marqué, mais
| De