‹ Considérations sur les antrites et adénoïdites du nourrissonChapitre 21 sur 44 · TRAITEMENT CHIRURGICAL · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CHIRURGICAL

C’est ce traitement que nous avons appliqué dans les 20 observations que nous rapportons. Il consiste, soit à écraser l’amygdale pharyngée avec le doigt, c’est le toucher appuyé de RENDU, soit dans l’ablation chirurgicale du tissu lymphoïde du cavum.

Toucher appuyé de RENDU

C’est le toucher naso-pharyngien préconisé par RENDU et qui consiste à aller écraser avec un doigt la masse amygdalienne qui siège dans le cavum.

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. Nous rapportons 3 observations publiées par RENDU (12, 13, 14).

Pour notre part, nous n’avons pratiqué qu’une fois le toucher appuyé, ainsi que le relate notre observation n° 19. Son effet fut presque immédiat, il s’est produit une chute de température, une reprise de poids. Mais devant une nouvelle poussée d’adénoïdite, nous avons fait l’ablation de l’amygdale pharyngée.

Aussi faisant nôtre l'opinion de JACQuEs, de Nancy: « Le curettage chirurgical n’est-il pas plus décisif que la simple expression digitale de l’amygdale pharyn-

gée infectée ? » nous répondons oui, puisque jusqu'ici .

aucun de nos nourrissons opérés n’a eu besoin d’être réopéré et ne présente plus rien du côté de ses oreilles. ;

Ablation chirurgicale

Nous pratiquons l’ablation de l’amygdale pharyngée avec la pince à cavum de Mouré.

Nous n’anesthésions pas le nourrisson et, dès l'acte chirurgical accompli, nous faisons basculer la tête de l'enfant en avant pour éviter la pénétration du sang dans le larynx. Ainsi avons- nous procédé avec les 17 enfants dont nous rapportons les observations et qui sont tous en parfaite santé.

Chez un de ces nourrissons, nous sommes intervenus en pleine poussée aiguë (observation n° 20) alors que le diagnostic était hésitant. Grâce à notre coup de curette qui fit tomber deux jours après la température à la normale, nous avons pu affirmer que l’en-

fant faisait une poussée d’adénoïdite. On voit donc utilité de cette ablation chirurgicale de l’amygdale pharyngée tant au point de vue diagnostic qu’au point de vue thérapeutique.

Cet avis ne semble-t-il pas être aussi l’avis du professeur LEMAITRE et ce, dès 1936, puisqu'on peut lire dans un article du Bulletin de la Société de Pédiatrie, ces quelques lignes très suggestives sous la plume de BIZE : « Le professeur LEMAITRE m’écrivait récemment à propos d’une malade que je lui adressais à l’hôpital Saint-Louis, une lettre dont je détache le passage suivant : « Mon chef de Clinique, après que les végé- « tations de ta petite protégée furent enlevées, a « trouvé une grande amélioration du côté de la mas- « toïdite, et nous espérons que sa mastoïde ne sera « pas enlevée (une fois de plus...) ».

Plus grand sera encore l'intérêt de ce véritable test thérapeutique lorsqu'on aura affaire à un nourrisson présentant une rhino-pharyngite compliquée.

Il. - TRAITEMENT DES COMPLICATIONS

Le plus souvent, on est en présence, ainsi que le prouvent nos observations, d’un nourrisson dont plusieurs appareils sont atteints : il y a une otite et présence, en même temps d’un syndrome cholériforme.

Si c’est un syndrome cholériforme grave d’évolution précoce et rapide, il apparaît d'emblée dès le début de l’adénoïdite et de l’otite malgré la thérapeutique, qu’elle soit nasale ou otitique. Ce sont de

Zi ge grands malades qui meurent le plus souvent de septicémie, |

Dans le syndrome cholériforme grave d'évolution tardif, celui qui apparaît 15, 20 jours, quelquefois plus, après le début de l’otite, nous sommes persuadés qu’un nettoyage précoce du cavum évite ces accidents. Et là, l’évolution de l’otite est intéressante à suivre. S

Si, au début de l’otite, une paracentèse est pratiquée, l’oreille coule, mais l’état général s’améliore peu, la fièvre persiste légère, l'enfant ne perd pas de poids mais n’en prend pas. Il a quelquefois des vomissements, parfois un peu de diarrhée.

Après une semaine d’observations, quand on a la preuve que l’otite ne guérira pas seule, l’ablation des végétations s'impose.

Si l’otite paracentèse guérit en quelques jours et que tous les signes généraux s’amendent en même temps et que 8 à 10 jours après il y a récidive, qu’une nouvelle paracentèse devienne nécessaire, il y à intérêt à faire en même temps, le curettage du cavum. Ainsi, on évite la série des paracentèses et aussi le syndrome cholériforme secondaire. En tout cas, le curettage sert À la fois de test diagnostique, car si après l’ablation des végétations les phénomènes généraux persistent ou s’aggravent, il est toujours temps d’agir sur les oreilles. | us | Ce traitement sera d’autant plus précocement établi que l’enfant sera chétif, malingre, taré. N’a-t-on pas, d’ailleurs, remarqué que ce sont chez ces nour-

rissons que les otites du nourrisson étaient plus fréquentes et que c’est justement chez eux, plus particu- .lièrement chez les hérédo-syphilitiques, que l’on trouve les plus volumineux paquets de végétations. Aussi comprenons-nous pourquoi il faut agir le plus précocement possible sur le cavum.

C’est ce que nous avons fait dans le service de l'Hôtel-Dieu. Ce traitement chirurgical qui ne provoque généralement pas de choc sensible même lorsqu’il est fait en période aiguë, a amené la guérison de 18 nourrissons,

RON Dre

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