INTRODUCTION
S’il est une question fort débattue au cours de ces vingt dernières années, entre pédiatres et otologis: tes, ce fut bien celle des antrites et adénoïdites du
nourrisson.
Elle n’est cependant pas encore résolue. Les uns sont « antrotomistes » dans tous les cas d'otites même discrètes et qui s’accompagnent d’un syndrome digestif sérieux; les autres, sans nier la nécessité d’opérer quelquefois pensent que l’indication opératoire mérite d’être discutée : antrotomie ou adénoïdectomie.
Dans sa thèse, M"*° ADAM, sous l’autorité de RiBa- DEAU-DuMASs, pense qu’au lieu d'intervenir sur l’antre d'emblée, il y a intérêt à tenir compte de la rhinopharyngite étiologique même latente. En lui appliquant le traitement qui convient, on peut éviter souvent
l’antrotomie.
Le cavum est fréquemment le point de départ de nombreuses infections tant auriculaires que pulmonaires et digestives. C’est cette idée qui a guidé le sujet de notre thèse, et une vingtaine d’observations,
recueillies par notre Maître, le Docteur BARON, viendront prouver que l’on peut assez souvent, par une opération bénigne, prévenir toutes ces graves infections du nourrisson (antrite, broncho-pneumonies, syndrome cholériforme) en intervenant à temps sur le cavum.
Pour bien se rendre compte de l’importance de l’infection du cavum dans la pathologie du nourrrisson, il nous faudra d’abord préciser la « place de choix » qu’il occupe dans l’organisme : « ce quartier général où se rassemblent les germes d’une infinité de maladies », dit LAURENS.
Puis, nous nous efforcerons de décrire les différentes formes que peut revêtir cette infection du cavum afin de prévenir les grandes complications qu’elle peut entraîner.
Ensuite, nous verrons ces complications si souvent rencontrées dans la vie du nourrisson, complications aussi bien auriculaires que pulmonaires et digestives.
Enfin, nous terminerons en insistant sur le traitement, traitement médical, parfois radiothérapique, et surtout chirurgical.