PREFACE
Un ambassadeur français qui à la fin du siècle dernier observa avec grand soin le caractère, les mœurs et le gouvernement des Espagnols , disait que les Français n'ont sur l'Espagne que ces notions embellies et défigurées que les romans fournissent, ou que Ton puise dans les mémoires d'un temps reculé, et par lesquelles on Ta supposerait plutôt à l'extrémité de l'Asie qu'à celle de l'Europe, (i).
Pour preuve de cette juste observation de M. Bourgoing, il suffirait de citer l'article
(i) Tableau de ? Espagne moderne , par M. Bourgoing. Pbépace. ';
-ij.- Espagne 9 inséré par M. Masson.de Morvilliers
dans le Dictionnaire encyclopédique , qui est un des ouvrages les plus nationaux de France. Son auteur non-seulement dépeignait la nation espagnole comme là plus ignorante dans son état actuel , mats encore il étendait sa censure et sa médisance aux siècles antérieurs , ne trouvant dans cette nation ni dessavans, ni desr militaires, ni des marins, ni rien qui vaille, a Que devons-nous à l'Espagne? Qu'a-t-elle fait pour l'Europe depuis deux siècles? Qu'a-
t-elle fait depuis mille ans? Les arts sont
éteints chez elle; le fier Espagnol rougit de s'instruire, de voyager, de rien tpnir des autres
peuples »
Il se trouva heureusement à Paris un savant espagnol qui démontra avec la plus grande évidence l'ignorance et la malignité de l'auteur de cet article. M. Ca vanilles publia en 1784 ses observations sur l'article Espagne de la nouvelle Encyclopédie ; et les Français judi-