CHAPITRE VIII
Découyerte des Pandectes , on corps du droit civil des Romains. — Obstacles que cette découverte opposa à la propagation du nouveau droit canonique.
Heureusement que dans le temps où la cow de Rome projettaît la domination universelle , la divine Providence permit que les Pandectes, ensevelies dans l'oubli depuis des siècles , fus* sent retrouvées , et présentassent aux princes chrétiens de nouvelles armes pour résister à cette cour. Jusqu'à cette époque , la rareté de» livres et des écoles tenait les esprits renfermés dans un petit cercle de science» ecclésiastiques , réduites généralement aux Sommaires et aux collections d'extraits des saintes Ecritures et des Saints-Pères, aux décrétâtes et bulles pontificales, dont le sens était la plupart du temps mal copié ou altéré; et la législation espagnole ne consistait qu'en des usages «et des coutumes traditionnelles, sans aucun autre code
— Si —
(ptele&JueroS) qui n'obligeaient que quelques lieux ou. quelques territoires. Le code gothique, ou Fuero fuzgo, qui était le code général de la monarchie espagnole , était écrit en idiome latin, général en d'autres^emps da»s & Péninsule, mais qui ne Tétait déjà plus depuis quelque temps. • - ;,',-.
Les Pandectes, présentant toutià -coup une source inépuisable d'érudition, e{ deâoctinaea lègues et politiques, appelèrent soudainement l'attention des hommes letù^s quis'occupèrtj*! en grande partie à .former des sommaires, des bréviaires , dès extraits , dos gloses ? et autres oeuTres de ce genre, pou» expliquer cfc.pnspàr ger rapidement ces codes, bien que la barbarie de ces temps pe permît pas d'en tirer tout le fruit qu'en auraient recueilli des temps plus échinés. • • * - ,-
Les Ptmdectesjdtraàaxt ^rédigées pan ordre des empereurs et par des jurisconsultes dévoués à leur autorité; et comme elles abondent «niais favorables au despotisme^ les souverains ea protégèrent la propagation 4 fondèrent des écoles pour leur enseignement, et accordé* feut de grands honneurs ate jurisconsultes ,
. en les choisissant pour leurs conseils, leurs ambassades et leurs affaires les plus importantes. -' Les jurisconsultes répondirent à la confiance des souverains, en exaltant au plus haut degré dans leurs écrits la majesté impériale, et la puissance civile. C'était une des lois fonda? mentales du droit Romain; quod principi placuky legis habet yigorem. (Leg. i D. De consttfnationibus principum). Martin de Crémone soutînt que les empereurs étaient maîtres du monde. Barthole qualifia . d'hérésie !a contradiction de cette. opinion, et Balde amplifiant encore la puissance impériale, établit qu'elle s'étendait sur tout, ce que le soleil éclaire de l'orient au couchant, (i)
Ces contradictions dans les opinions des légistes. pt des canonistes, produisirent des discordes et des guerres scandaleuses entas le sacerdoce et l'empire \ mais il en réàulta le iàen inappréciable, que ni leilespçtisme saeçrdot&l, ni le despotisme impérial ne» purent prescrire, ni convertir ces doctrines en principes élémentaires du droit public européen.. • .
,{i) tyavipà» DeçrtuetprogreMujuriscivitis, cap.§«|fr.