ROUTE
ce tableau, on décide de rester dans l'expectative. On observe l'enfant à plusieurs reprises au courant de la journée. De cette observation, cependant, on ne peut tirer aucune conclusion bien nette: les pupilles, à plusieurs reprises, paraissent un peu inégales, la gauche plus dilatée, mais ce symptôme ne dure pas, le pouls paraît par moment fortement ralenti, puis il redevient normal, pour s’accélérer ensuite et dépasser même 100. II n'existe aucun signe neurologique de localisation. Mais de temps en temps, l'enfant se plaint de beaucoup souffrir et, à ce moment, il répond aux questions avec un léger retard. Malgré l’absence de symptômes probants de compressions cérébrales, on décide d'intervenir. Trépanation de la région pariéto-temporale. Le premier trou de trépan laisse sourdre de gros caillots noirâtres; on enlève une écaille osseuse grande comme une pièce de cinq francs; on trouve un hématome extra-durale, en disque, épais d'au moins quatre centimètres en son centre, décollant largement la dure-mère. La méninge découverte bat très nettement. Toute recherche pour trouver un point qui saigne demeure vaine. La brèche cutanée est fermée hermétiquement aux crins. Les suites sont extrêmement simples. Il n'y a plus aucune crise douloureuse; le léger ptosis de la paupière gauche a disparu et l'enfant quitte la clinique au bout de douze jours, complètement rétabli.