‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 31 sur 95 · Perpendiculaires · texte numérisé non relu

Perpendiculaires

i. Parallèles.

Comme les premières sont aussi les vraies lignes alimentaires et d'opérations, qui servent de voies aux armées et aux munitions de guerre et de bouche, je me propose d'en discuter avec détail l'emploi et les propriétés , dans le mémoire suivant. Je n'entamerai de dissertation que sur les principes et l'emploi des secondes.

Les bases d'opérations parallèles à la frontière, et transversales à la marche d'une année, remplissent deux buts essentiels:

1. Elles marquent et appuient le déploiement stratégique des forces actives;

3. Elles servent de pivots aux grandes opérations des années.

La défense immédiate étant toujours la plus salutaire [>our maintenir l'intégrité d'un objet, tandis que la défense indirecte ne parviendrait pas toujours à le sauver, il est tout simple qu'il faut occuper ou couvrir immédiatement un point qu'on se propose de défendre. L'occupation de plusieurs de ces points, qui couvrent le pays attaque , forment justement ce qu'on nomme le déploiement stratégique.

Il est indispensable de conserver intacts tous

dbyGoOt^lc

1>B LA STRATÉGIE

tIS

les points qui le forment , carsi l'un d'euilombaît au pouvoir des ennemis, loiit le déploieincnt serait mis en déraul. La ligne menacée sur un des flancs, ou percée dans le centre, perdrait de sa stabilité, elles troupesqui t'occupent, séparées les unes des autres , seraient obligées d'aller en chercher une autre, ou de manœuvrer de manière à reconquérir le point perdu.

Le déploiement stratégique doit être en rapport direct , dans l'offensive, avec l'objet qu'on veut atteindre , et, dans la défensive, avec celui vers lequel on dirige son mouvement rétrograde. Cette analogie entre les points de départ et celui que les armées veulent alleindre, en fait déi'ivemne combinaison de mou vemeuts qui nous ramène dans le domaine des grandes opérations offensives et défensives. Je me ré* serve donc d'en parler avec plus de détail, lorsque je serai parvenu à ces deux sections importantes de la science militaii'c.

Une position stratégique présuppose un d^ ploiement stratégique ausiù; par conséquent , non roccupation d'un point isolé, mais celle de plusieurs points, dont la liaison forme une étendue de twrain qtie nous désignons par baseg d'opérations ou lignes stratégiques, l'ar rapport au leirain, ces lignes peuvent être pax-t«gées en deux catégories :

t . En lignes dont les espaces qui se trouvent entre les ot^ls des opérations offrent des obstacles Bon interrompus, comme un grand fleuve, ou une chaîne de montagnes; . 2. En lignes dont les espaces entre les objets des opérations, n'offrent aucune difficulté pour les franchir.

Les lignes de la premi^ catégorie sont ordinairement {dus difficiles à forcer, que celles de la seconde, car si les points que les assaillants venleot attaquer sont connus, les défensears trouvant sous la protection de chique

objet des opérations, une position favorable, forcent leurs adversaires à venir attaquer de front l'armée défensive et le point qu'elle protège. La défaite de l'objet actif des opérations , en paralysant la défense immédiate, peut seule nous mettre en possession d'une pareille ligne straté^que.

La campagne de 181 5 , en Allemagne , nous en offre un exemple. Les défaites des armées françaises à Dennevitz, sur la Katzkacb, et à Culm, avaient tellement affaibli le numérique de leurs forces , que les alliés n'appréhendèrent plus de se jeter en masse sur la ligne d'opérations principale des ennemis, et les forcèrent par là à abandonner la ligne stratégique de l'Elbe , qui fut franchie sans difiiculté après ces trois victoires décisives.

Une ligne formée par une chalue de montagnes, qni lie les obijets d'opérations entre eux, est celle que la chaîne du Ilœmus offrait aux Turcs en 18S9, mais dont ils n'ont su tirer aucnn parti. La rivière de Kamlschik, qui se présentait traniTersalement à la marche des «donnes rnsses , en rehaussait les grande avantages. Hais les Turcs n'ayant paa su s'oi^oser k notre entrée dans les Balkans, ne ûirent pluM en état de nous arrêter sur la ligue du Kamts* cbik, qui tut forcée à gné par nos inti-épideti

Les bases d'opérations qni sont marquées par des pointa auxquels l'art ou la nature ont accordé une sorte de stabilité , étant les pIuK avantagenses pour appuyer les grandes opérations, sont aussi les lignes sur lesquelles les annéescher<dientordinaireinentiise mainlesir et qui servent de pivots à leurs mouvements.

C'est en dépostant les ennemis d'une base d'opérations sur une autre , qu'on s'empare du pays qu'on attaque. On refoule les défenseun> jusqu'à l'objet principal, et on met fin aux hiKtililés en s'en rendant malln>.

HËHOIHES SUR LES PRINCIPES

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