Les lignes alimentaires
S. Les lignes d'opérations.
Les premières sont celles qui alimentent h guerre et qui servent au transport des munitions de guerre et de bouche; les secondes sont celles sur lesquelles les armées se mnvent, lorsqu'elles veulent atteindre l'objet des opérations.
Si les voies qui servent de ligne aux opérations étaient toujours les mêmes que c^es qui servent au transport des différents approvisionnements, il serait juste que la diffÉrew» que je viens d'énoncer fût envisagée comme un écart. L'expérience, au contraire, que j'appellerai i mon secours, parlera en faveur de mon assertion et suffira , j*espère , pour me disculper.
Pendant la campagne de 1809 , aprte la bataille d'Eckmiihl, l'armée Irançaise choisit pour ligne d'opérations , la grande communication qui , longeant la rive droite du Danube, mène par le chemin le plus coort à Vienne. Hais combien de fois le Danube, qui coule parallèlement à la lignedes opérations, nVt-il pas servi de voie de communication pour le
teindre, me paraiuent, tout le rapport dnMotgMral, ttre mieui rendun p»r la dénomination de ligna àt jonetiotu.
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Iraosport des approvisionnemenlsT La gnuide ruule de Linz i Molk a servi de ligne d'operattonu aux Français , 'Uodu que le Danube a pu élre el a été, i>eul-£lru, leur ligne alimenta ire.
Ce cas peu toujours avoir lieu lorsqu'un grand fleuve tmube d'ëquerre sur la base d'approvisionnement. Les grands fleuves navigables élant les communications les plus faciles, on iîmplifie beaucoup le transport de l'approvisionnement, toutes les fois qu'on est dans le cas de s'en servir, et qu'on s'en sert effectiv entent.
En 1828, dans la guerre contre les Turcs, la communication qui, partant d'Isakeiî, passe par Babadag et Basardjik, servît de ligne d'opëralions aux Russes, tandis qu'Odessa, qui était la base alimentaire, fournissait tous les approvisionnemeuUt par la mer Noire dans les villes maritimes, d'où on les transportait vers les points qu'occupaient les troupes. -
Lorsqu'on est lavurisé par les localilés, comme les Russes le sont dans leurs guerres contra les Turcs, il est tout juste que les avantages qui en reviennent soient très-grands. La ligne alimentaire n'étant pas celle d'opérations, on ne se trouve pas i la merci des mêmes désastres, lorsque l'ennemi ne peutse porter que sur celle d'opéralioDs. Le transport des approvisionnenaenta n'étant soumis à aucune intei^ ruptioD, l'interception de la ligne d'opérations, ne ponrra plus avoir une influence aussi vicieuse Burlesdiflîérents mouvements, et sera, dans beaucoup de cas, plutdt un désavantage lactique que Stratégique.
Les ligues d'approvisionnements, cependant, s'identifient souvent avec celles d'opâvtions ou de coopérations: ces cas ont toujours lieu lorsque les fleuves qui déchirent le théâtre de la guerre coulent parallèlement à la base d'approvisionnement; mais celle exception néanmoins ne doit pas annuler la diflifrence que j'ai cru devoir mettre entre elles. GeHe dilTérence est d'autant pins palpable, que les mAmes communications ne servent pas toujours de voies au charriage des munitions de guerre et de
(0 C'est use dénmiiaition qiM noua derons au génénl VaudoDCOurt. Ce mot explique li bien le principe de la rltOM , que jr a« doute pu que les militaJTet le re- Tosent de le recevoir comme terme militafre lerkniqne.
bouche et aux mouvements des armées. Ainsi, entre plusieurs roules qui mèneront au méma objet des opérations, il y en aura qui serviront au charriage de l'approvisionnement, que nous désignerons par lignes alimentaires, et d'antres où l'on fera mouvoir les armées, que nous nommerons lignes d'opérations.
Je partagerai encore les lignes d'opérations en deux genres difiiérents :
1 . En ligne d'opérations principale : c'est la communication qui nous mène i l'objet des opérations par le chemin le plus court ; qui sert de voie à la plus forle masse des troupes offensives et de direction à l'opération principale. Je la nommerai ligne directrice doperattotu.
3. En lignes d'opérations, qui servent de direction aux colonnes, dont la tâche est , tout en coopérant au même but, de flanquer la directrice et de la mettre en sâreté. Je les désignerai par lignes de coopérationt (i).
Les lignes, en général, alimentaires et d'opérations, sont d'une importance majeura; car servant de voies aux approvisionnements et d« direction aux opérations, elles doivent, dans les deux cas, être mises sous la sauve-garde de l'armée, et choisies de manière i ne pas étr« à la merci des attaques des ennemis qui , en interceptant une des lignes, finiraient par ravir à l'armée active les âéments indispensables à son existence, ou par paralyser les grandes opérations.
Ces difi'érenles routes doivent être faciles pour les transport des approvisionnements, le mouvement de tontes les armes, et assurées contre les attaques des ennemis.
Pour garantir la faciliter des transports des approvisionnements et le mouvement des dilTérenles armes , il faut :
4 . Que le terrain soit ferme et i l'abri d'une prompte dégrad ati on ;
5. Éviter autant que posMble qne la roule aboutisse à de grandes difficultés de la nature , comme une chaîne de montagnes ou de grands fleuves dont le passage soit difficile (i) -,