‹ Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des Mémoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 43 sur 95 · Avec la base d'approvisionnement · texte numérisé non relu

Avec la base d'approvisionnement

Les règles pour l'emplacement dei annéon doiventdonc être une conséquence immédiate de celles que nous avons établies pour la configuration des frontières, ainsi qne pour les ot^ei» et les bases d'opérations et d'api^ovisionn^ ment. Nos discussionssur leurs propriétés, leur emploi et leur valeur intrinsèque, ont suffi pour établir le mode d'apiêe lequel nousdevona régler leur choix , et définissent aassi le rAle important qu'ils sont appdés k jouer dans les grandes opérations.

Le lecteur ayant pu se convaicre, dans le courant de l'ouvrage , que les lois de la stratégie ne sont pas Gandées, comuM on l'avait prétendu antrri'ois, sur des principes vagues, mais portent plotêt un caractère synthétique qu'on ne saurait méconnaître; qu'en partant d'un faux principe on arrive à un faux résultat; il se convaincra facilement, qu'en plaçant la force active en sens inverse des objets qu'elle doit défendre ou de ceux qui peuvent appuyer

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HËHOIRES SUR LES PRINCIPES

ses opérations, on marchera vers des résnttata qui peuventinOuer d'une manière vicieuse sur le résultat de la guerre.

Nous avons discuté avec détail dans le sixième Mémoire sur la configuration et les propriétés des frontières, dans le huitième sur les bases d'approvisionnements; dans le neuviècie sur les objets des opérations ; et dans le onzième sur les lignes d'opérations ; ce sont ces raisonnemeols qui devront nous guider dans le choix des points oil nous devrons placer préalablement des armées assaillantes et défensives.

La.r^le générale impose aux défenseurs le devoir de se porter vers l'endroit que leurs adversaires choisissent pour débouché. Dans le cas où la frontière décrit une ligne droite, qui n'est défendue par aucun obstacle marquant de la nature on de l'art, l'emplacement des années défensives devient d'autant plus difficile que, les assaillantsayant^Ieur choix plusieurs points, souvent également avantageux, où ils peuvent franchir celte ligne, mettent les défenseiu^ dans la situation embarrassantedese trouver prêts à recevoir leurs adversaires sur plusieurs directions. Soumettre h une observation immédiate tous les points d'intersections d'une frontière ouverte, serait tomber dans le défaut de la dissémination des forces. Le seul moyen et le plus efficace , dans un cas pareil , et de prendre une position centrale qui soit à peu près It égale distance de tous les points, et lorsque l'ennemi aura prononcé son mouvement, de se porter avec la masse des troupes à sa rencontre, en occapant, par des détachements d'observation, les principales cmurounications qui mènent des extrémités de la ligne frontière au centre du pays, afin de paralyser les incursions que l'ennemi pourrait y faire.

Si la ligne frontière est défendue par des places fortes , elle ofire aux défenseurs des avantages incontestables, et rend, au contraire, le mouvement offensif des assaillants, esclave de l'emplacement de l'armée défensive. Possédant, dans une frontière fortifiée, des bases avantageuses d'opérations et d'approvisionnement , en s'appuyant sur une des places , les troupes défensives obligent les assaillants à venir les chercher dans leur position et leur ravissent tons les moyens de pouvoir la franchir sur un autre point , pour ne pas livrer leurs ligue* de jonctions ^ leurs ennenis.

Si la frontière n'élant défendue sur ses cAUt par aucun obstacle naturel ou ^ït de l'art, décrit on an^e saillant {Fig. S ), lapoeitîoa de l'année défensive se trouve sur la ligne AC : car si elle avançait imprudemment vera B, l'ennemi, qui se porterait vers A ou vers C, en prenant toute la section renfermée dans ABC à revers, parviendrait facilement ï la conpw de ses lignes de jonctions et à l'isoler. La position D , au contraire , deviendra une position centrale entre les deux points d'intersections A ou C , et offrira aux défenseurs les moyas de se porter vers l'un ou l'autre point, et d'y prévenir leurs adversaires.

Si la frontière est fortifiée, le cas rentre dans celui d'une ligne droite bien défendue ; l'année défensive pourra choisir sa position et forcer les assaillants à venir la chercher.

Si l'angle que forme la frontière est rentrant {Fig, 3) , la position devient inverse. L'année défensive devra se diriger vers l'une des parties saillantes A ou C, en occupant la partie rentrante B par UD corps détaché, pour s'opposer à quelques incursions que l'ennemi pourrait y faire. Cette position des défenseurs, en A ou C, leur donne la faculté de prendre leurs ennemis à revers , s'ils s'avisaient de manœuvrer par l'angle rentrant vers B.

Quant à l'emplacement des armées par rapport à la directrice , l'objet principal des opérations et la base d'approvisionnement , cet emplacement doit se faire de manièreà pouvoir les couvrir immédiatement tous les trois, car ils forment une des parties fondamentales des grandes opérations.

Telles sont les règles générales qui doivent nous guider dans l'emplacement des armées. C'est surtout lorsqu'on est sur la défensive, qu'on portera son attention vers les points les plus faibles.

Cependant les armées du système de guerre moderne sont tellement nombreuses, que pour ne pas trop allonger les colonnes de route, ce n'est pas un seul point de la ligne frontière qu'on choisit pour franchir cet obstacle, mais plusieurs. On calcul et on fonde les mouvementssurdes marches concentriques qui mènent vers les premiers objets des opérations qui se présentent aumouvement des armées, linedispoùtion pareille attire, par conséquent, l'attention des défenseurs vers plusieurs points mis

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DE U STRATÉGIE

en échec. Vonloir garder tons ceux de la ligne frontière, qui sont d'une égale importance, genil tomber dans le début d'une dissémination de forces , et le remède serait pire que le mal. Comme ce n'est pas en a^ibUssant les parties , qu'on prend la meilleure voie pour parvenir à un résultat avantageux, la concentration des forces est toujours le meilleur conseil à donner pour prévenir les suites fScheuses d'un cas pareil.

Je ne veux pas envisager toujours cette concentration sous l'aspect d'une seule masse; la configuration des frontières protège souvent l'emplacement des aimées de manière à pouvoircombinerlesopérations de plusieurs corps, sans porterattelnte à l'intégrité des pointsqu'oo se propose de défendre. En thèse générale , il faut envisager la concentration sous le point de vue de masses , dont chacune soit assez forte pour s'opposer aux tentatives que les ennemis poorralent faire dans les différentes directiwis.

[lest toutjusiequeleur emplacement sur les frontières qu'elles se proposent de défendre , soit ordonné de manière à ce que l'ennemi ne puisse venir interrompre le contact constant qui doit exister entre elles. En un mot , ces corpsdoivent être partagés de manîèreàpouvoir se maintenir seuls, lorsque la nécessité l'exige, et qu'ils puissent se rassembler sans obstacle en un seule armée, si un engagement général était àprévoir et nous en imposait l'obligation.

Soumettons maintenant ces règles à de plus grands détails et recherchons les principes qui dériveront pour l'emplacement des armées de leun rapportt cotlectift avec la configura tin □ (tes frontières , avec la ligne directrice de la guerre, avec l'objet principal des opéralioDS«t avec la base d'approvisionnement.

Les frontières d'un pays nous présentent, ordinairement, un grand espace de terrain et plusieurs points d'intersections oii nous pouvons franchir celte ligne. Il n'en est pas de même de la ligne directrice de la guerre et de l'objet principal des opérations. Il ne peut y avoir qu'une seule ligne et qu'un seul point. L'attention de l'armée défensive se trouve donc partagée entre les points d'intersections de la frontière , la ligne directrice de la guerre et l'objet principal des opérations.

Si les circonstances, ou les désavantages lopograpfaiques , ne nous permettent pas de placer

les années actives de manière k pouvoir rester en rapport intime avec les règles établies pour les différents objets mentionnés, et les défendre avec le même succès les uns comme les autres , il n'y a pas de doute que , dans un cas pareil, il faudra porter son attention et employer toutes les ressources de U défense, plulêt en faveur de la directrice, comme la ligne sur laquelle reposent les grandes opérations et l'objet principal, et chercher k les soustraire aux coups des ennemis. La raison en est toute simple, c'est qu'entre la ligne frontière, la directrice de la guerre et l'objet principal des opérations; ces deux derniers sont sans contredit les fha importants, puisqu'en se laissant rejeter de la ligne directrice de la guerre , on découvre aux attaques des ennemis l'objet principal des opérations, et en cédant ce dernier aux adversaires , on leur livre le point le plus nécessaire du théâtre de la guerre et qui décide, ordinairement, du sort du pays qu'on attaque ou qu'on défend.

Ces considérations suffisent pour nous porter il mettre de préférence la ligne directrice sous la prolectiou immédiate de l'armée, c'est-^dire, que les forces mobiles soient placées de manière à pouvoir la défendre immédiatement contre l'agression ennemie, de quelque cêté que les assaillants se présenlassenl.

Comme la ligne frontière possède plusieurs points d'intersections et de passage , il ne peut pas même en être autant pour la défense de ces points différents , car si l'armée défensive se proposait de les mettre tous sous sa protection immédiate , elle agirait en sens inverse de la règle générale et immuable de la concentration, et marcherait à grands pas vers sa perte.

La règle générale pour l'emplacement préliminaire des armées actives, sera donc d'en placer toujours une grande masse sur la communication qui doit servir de directrice à la guerre et dans la direction où celte ligne coupe les frontières. Les autres masses qui formeront le total des forces actives peuvent, par une extension de déploiement , être employées à défendre d'antres points d'invasions; mais leur posifion doit être soumise à la règle générale, qui prescrit de rester en contact constant et non interrompu avec les forces principales pour pouvoir, daAs les cas d'ui^ence, secourir la masse primitive ont en recevoir l'assistance.

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HÉHOIHES SUR LES PAIKCIPES

SEIZIEME MËMOIBE.

sua LES GRANDES OPËBATIONS OFFENSIVES.

Toute opéralion offeDSive présuppose deux buts à remplir :

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