Parallèles
Gomme les premières sont aussi les vraies lignes alimentaires et d'opérations, qui servent de voies aux armées et aux munitions de guerre et de bouche , je me propose d'en discuter avec détail l'emploi et les propriétés , dans le mémoire suivant. Je n'entamerai de dissertation que sur les principes et l'emploi des secondes.
Les bases d'opérations parallèles à la firontière, et transversales à la marche d'une armée, remplissent deux buts essentiels:
1. Elles marquent et appuient le déploiement stratégique des forces actives;
2. Elles servent de pivots aux grandes opé* rations des armées.
La défense immédiate étant toujours la plus salutaire pour maintenir l'intégrité d'un objet, tandis que la défense indirecte ne parviendrait pas toujours à le sauver, il est tout simple qu'il faut occuper ou couvrir immédiatement un point qu'on se propose de défendre. L'occupation de plusieurs de ces points, qui couvrent le pays attaqué, forment justement ce qu'on nomme le déploiement stratégique.
Il est indispensable de conserver intacts tous
DE LA STRATÉGIE
les points qui le forment , car si Fim d'eux tombait au pouvoir des ennemis» tout le déploieinent sertit mis en défaut. La ligne menacée mr ondes flancs, ou percée dans le centre, perdrait de sa stabilité, et les troupes qui l'oocapent, séparées les unes des autres , seraient obligées d'aller en chercher une autre, ou de maoœuTrer de manière à reconquérir le point perdu.
Le déploiement stratégique doit être en rapport direct, dans Toffensive, avec Tobjet qu'on veut atteindre , et , dans la défensive, avec celui yers lequel on dirige son mouvement rétrograde. Cette analogie entre les points de départ et celui que les armées veulent atteindre, eo fait dériver une combinaison de mouvements qoi nous ramène dans le domaine des grandes opérations offensives et défensives. Je me ré- S9?e donc d'en parler avec plus de détail, lorsque je serai parvenu à ces deux sections importantes de la science militaire.
Une position stratégique présuppose un déploiement stratégique aussi;. par oonséqumt, non l'occupation d'un point isolé, mais celle de plusieurs points, dont la liaison forme une étendue de terrain que nous désignons par bases d'opérations ou lignes stral^ques. Par rapport au terrain, ces lignes peuvent être partagées en deux catégories :
i. En lignes dont les espaces qoi se trouvent cuire les objets des opérations offrent des obstades non Lalerrompus , comme un grand ieuYe, ou une chaîne de montagnes;
S. En lignes dont les espaces entre les objets des opérations, n'offrent aucune difficulté pour les franchir.
Les lignes de .la première catégorie sont ordûiairenient plus difficiles à forcer, que celles de la seconde, car si les points que les assailluts veulent attaquer sont connus, les défen- Mrs trouvant sous la protection de chaque
objet des opérations, une position favorable, forcent leurs adversaires à venir attaquer de front l'armée défensive et le point qu'dle protège. La défaite de l'objet actif des opérations, en paralysant la défense immédiate, peut seule nous mettre en possession d'une pareiUe ligne stratégique.
La campagne de 1815, en Allemagne, nous en offre un exemple. Les défaites des armées (françaises à Dennevitz, sur la Katzkach, et à Gulm, avaient tellement affaibli le numérique de leurs forces, que les alliés n'appréhendèrent plus de se jeter en masse sur la ligne d'opérations principale des ennemis, et les forcèrent par là à abandonner la ligne stratégique de l'Elbe, qui fut franchie sans difficulté après ces trois victoires décisives.
Une ligne formée par une chaîne de montagnes, qui lie les objets d'opérations entre eux , est celle que la chaîne du Hœmus offrait aux Turcs en 1829, mais dont ils n'ont su tirer aucun parti. La rivière de Kamtschik , qui se présentait transversaleinent à la marche des colonnes russes , en rdiaussait les grands avantages. Mais les Turcs n'ayant pas su s'opposer à notre entrée dans les Balkans, ne furent plus en état de nous arrêter sur la ligne du Kamtschik, qui frit forcée à gué par nos intrépides chasseurs.
Les bases d'opérations qui sont marquées par des points auxquels l'art ou la nature ont accordé une sorte de stabilité, étant les plus avantageuses pour appuyer les grandes opérations, sont aussi les lignes sur lesquelles les années cherchent ordinairement à se maintenir et qui servent de pivots i leurs mouvements.
C'est en dépostant les ennemis d une base d'opérations sur une autre, qu'on s'empare du pays qu'on atjUique. On refoule les défenseurs jusqu'à l'objet principal, et on met ïn atlx hostilités en s'en rendant maitrei
MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES