DEUXIÈME MEMOIRE
APERÇU GÉNÉRAL DE LA CONnCURATION DU TERRAIN, ET DE SON ANALOGIE PRIMITIVE
AVEC LA STRATÉGIE
Tout dans la nature doit nous paraître simple parUe pouvoir ^illimité et Tintelligence infinie du.Créaleur tout-puissant qui a présidé à la structure de l'univers, tout doit nous paraître surnaturel par un retour sur nous-mêmes. Véritables atomes, jetés sur cette masse qui leiuc sert d'asile, de quel spectacle admirable ne jouissenl-ils pas les yeux éblouis de l'astronome attentif et du géologue observateur ? Le mouvement diurne et annuel de la terre autour de l'astre quiTéclaire; les lois étonnantes de Fattraction , cette force qui, pour retenir les planètes dans leurs orbes respectifs , balance leur force centrifuge; ces comètes, lesquelles, dans leurs courses vagabondes, possèdent le privilège exclusif de traverser librement les cieux dans tous les sens; enfin, cette analogie admirable de la terre avec les planètes : un ensemble pareil ne suffit-il pas pour confondre lliomme par la régularité de ses mouvements et la beauté de sa structure ? Si son génie pénètre les lois immuables sur lesquelles repose le système du monde, plus il en saisit les mouvements, plus il rentre dans le néant. Que le pieux astronome élève son regard timide et contemplateur vers la voûte céleste, sa vue se perd dans Vimmensité qui Venvironne; que le géologue attentif et patient le fixe sur la terre, ia structure et là variété de la surface du globe étonnent son imagination.
Échappé au cataclysme qui Tavait englouti.
nous n'irons pas rechercher les principes et les causes de cette submersion qui effaça tant de races antédiluviennes que la stratification de Técorce minérale du globe nous a reproduites, et qui nous retracent ses bouleversements et ses révolutions. Loin d'oser aussi appeler au tribunal de la justice scientifique ces géologues dont les recherches ont enfanté tant de suppositions ridicules, nous respecterons leur zèle, sans partager leurs erreurs.
Que de causes différentes n'ont-elles pas émises sur les décrets du Tout-Puissant, auxquels on doit attribuer cet assemblage difforme et bizarre que le globe offre à nos yeux étonnés et éblouis? Quel est le génie assez hardi et profond dont les vastes conceptions suffiraient pour débrouiller ce chaos de matière, pour fixer ces lois souvent impénétrables auxquelles nous devons la concrétion et l'état actuel du globe?
Prosélytes enthousiastes et irréfléchis, partagerons-nous les idées fantasques d'un Bumet qui accorde pour principe aux inégalités, aux abîmes et aux élévations, la confusion du mouvement violent et rapide avec lequel les grandes masses de l'ancienne croûte ont comblé l'abime des eaux? Un autre , peut-être moins véridique encore dans ses fictions , plus léger dans l'examen des hypothèses et leiu* comparaison avec les faits connus, créa la terre avec l'atmosphère d'une comète , et retrouva les causes de
MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
la submersion du globe dans le choc d'une autre (i). En recherchant Porigine de la race humaine , nous partagerons encore moins l'opinion de Fauteur du Telliamed (2) , en lui accordant pour ancêtres des poissons qui , par Péloignement subit des eaux, métamorphosés d'abord en animaux amphibies, se sont ensuite transformés en animaux terrestres. Des idées pareilles ne pourraient nous mener qu'à de fausses conjectures. Sans vouloir approfondir ni partager les opinions émises par Scheuchzer, Woodward, Leibnitz ou Buflbn, nous nous attacherons franchement, à ce sujet, à la bannière du profond et judicieux Guvier , qui nous a déjà reproduit tant de phénomènes, que Pimmensité des temps avait semblé recouvrir d'un voile impénétrable, et dont les causes n'échappèrent pas à sa perspicacité et à son investigation. Au reste, pour l'analogie que nous recherchons, qui seule peut accorder une sorte de solidité à nos combinaisons militaires, peu importe que la terre , dans son état primitif, ait été une comète ou une matière gelée (3) ; fixons pluttft notre attention sur les aspérités de sa surface , sans vouloir nous assurer si le globe possède véritablement des facultés vitales, si ses molécules s'attirent ou se repoussent d'après des antipathies et des sympathies, si les montagnes sont les organes de sa respiration , comme les schistes ses organes sécrétoires (4) ; et recherchons les propriétés que la configuration de sa surface nous otTre , sans nous abandonnera l'analyse de cet énorme amas de matières métalliques fondues par la chaleur, qui constitue la masse interne de la terre. En s'occupant de la contexlure des grandes régions physiques du globe, qui serviront de linéaments à la vaste scène qui se développera à l'œil attentif et observateur du militaire, que son devoir lui prescrit d'embrasser dans son ensemble et dans plusieurs de ses détails, son regard s'arrêtera involontairement sur ce plateau immense de l'Asie, dont les points culminants nous paraissent avoir été désignés par la nature pour dominer sur le reste du continent.
(I) Wbiston.
(t) Demaillet.
(3) Système de Deluc.
(4) Système de Keppler.
(r>) Plusieurs savants prétendent que les revers septentrionaux du plateau de la Tarlaric, renferment encore
Une surface de 500,000 lieues carrées, une élévation de près de 5,000 toises, une ceinture de montagnes que la nature semble y avoir élevée pour servir de charpente au continent asiatique et de gradins au géologue ou au militaire qui voudraient y pénétrer; tel est l'aspect sous lequel se présente cette immense fondation. Le militaire interdit, interroge la nature et lui-même sur les propriétés de cette créai ion.
Cet immense terrain d'ail uvion , déposé par une inondation immense, subite, qui roulait ses eaux du pôle nord vers les régions méridionales du globe (5) offre, sans doute, une sphère intéressante et vaste aux recherches des géologues, qui trouvent , dans la superposition des couches d'attérissement, des analogies non douteuses avec les terrains primordiaux de la Suède et de la Norwège, mais n'excite aucun intérêt dans l'esprit du militaire voyageur. Un sable noir et presque mouvant couvre sa surface, des rochers stériles, des rivières sans issues, des montagnes nues trahissent sou état de barbarie, et en font un repaire monstrueux.
Mais comme rien dans la création de la nature ne doit rester sans utilité et sans bienfait, ce plateau isolé et barbare devient aussi d^une grande importance physique pour le continent auquel il appartient. Il détermine la température des saisons et désigne les pentes des ])ays qui le contournent. C'est enfin des plateaux hydrographiques de sa ceinture montagneuse que découlent les plus grands fleuves, qui mettent le vaste continent de PAsie en contact direct avec l'océan glacial, la mer des Indes et cette Polynésie boréale qui a excité tant de curiosité , a épuisé tant d'efTorLs , et dont le» pinceaux admirables de Chateaubriand et de Bernardin de Saint-Pierre ont offert à notre imagination des tableaux si gracieux et si ravissants.
Ce vaste labyrinthe est resté étranger aux recherches modernes, et sa nullité physique actuelle en a, sans doute, décidé Pabandon.
Mais lorsqu'on songe que cet immense plateau a pu être le berceau du genre humain (e),
des forêts à Tétat de lignite, dont les arbres sont couchés du côté du midi.
(e) Le plateau de l'Asie est regardé par plusieurs auteurs comme le berceau du genre humain, qui, ^u lieu le plus élevé, se serait répandu au loin de toutes paris.
DE LA STRATÉGIE
malgré le peu d'authenticité que rimmensité des siècles fait reposer sur cette tradition, cette partie du globe restera toujours chère à This^ loire. Elle n'oubliera pas non plus que c'est des pentes rapides de TAltaï et du Belour (i) que sont descendues ces hordes innombrables et terribles qui inondèrent une partie de l'Europe (s) y et le guerrier lui disputera Thonneur d'arracher à l'oubli les noms fameux d*Otrar et d*Ancire, de Dschingis et de Timour. Son imagination fugitive le refiortera, sans doute, en idée sur ce champ de bataille dont la surface glacée couvrait un abîme, et qu'un acharnement aveugle désigna pour être le témoin et Tarbi Ire des destinées d'un empire formidable (s) •
Après avoir rendu son tribut de respect et d'étonnement , le militaire ne 'tardera pas à quitter cetle scène, sur laquelle d'antiques souvenirs ne jettent plus qu'un éclat pâle et douteux , pour se reporter au delà de cette chaîne latérale de l'Oural, qui offre des terres moins difformes et plus fertiles. Son attention se trouvera bientôt arrêtée par cette riche et superbe vallée du Volga qui , après un cours de 680 lieues , va enrichir le bassin de la mer Cas* pienne. Plus loin c'est la Duna et le Dnèpre , dont les sillons , après avoir coulé parallèlement par des pentes douces , par des détours subits vont , dans des directions opposées, déverser leurs tributs dans la Baltique et la mer Noire. C'est dans ce dernier réservoir , que les eaux du Dnèpre et du Dnestre se marient avec celles du Danube , et signalent à nos yeux le contact que la nature a voulu établir entre deux contrées éloignées du même continent.
11 admire la sagesse de ces lois qui marquent de grands réservoirs dans les directions où roulent les grands fleuves. Cette main puissante qui a tout réglé, a su désigner pour leur cours des plans inclinés , qu'aucun obstacle n'arrête , pour que leurs eaux furieuses , en ménageant les campagnes qui les avoisinenl , puissent venir découler paisiblement dans des bassins assez grands pour les recevoir. Maîtres
(i) Quoique le comte de Las-Cases le Domme Bé> lur , f ai cru devoir accepter la dénominalion que lui a donnée le plus profond de nos géographes , Malte- Brun.
(s) En 1421, les Mongols poussèrent leurs conquêtes jusqu'à f Jegnilz , où ils remportèrent une victoire cornplèlesur le duc Henri de Breslau.
de leurs lits , par une prévoyance digne de notre admiration , nous les voyons en reculer les limites , en proportion de leur volume et de leur gravité, et prévenir ces débordements que l'excédant des eaux produit si facilement et qui deviennent si funestes à la terre et aux habitants riverains qui la peuplent.
Si même ce phénomène, si désastreux dans son principe, se reproduit à nos yeux, un bienfait céleste a, sans doute, présidé à sa détermination. C'est ainsi que le Nil doit à la position de son plateau hydrographique, placé entre les deux tropiques, ces débordements réguliers, source de la fertilité de ses terrains riverains ; ces submersions bienfaitrices humectent les terres desséchées par le soleil brûlant de l'Egypte. Provenant de ces pluies abondantes qui tombent, sans interruption, pendant un certain espace de- temps , dans les régions voisines de l'équateur , ces débordements périodiques, soumis à l'influence que le soleil exerce sur notre planète, sont aussi réguliers que les mouvements des corps célestes, et ont été, non sans raison , envisagés par les prêtres de l'Egypte comme un bienfait inappréciable de la divinité.
Nous voyons les mêmes lois de conservation se reproduire pour le Niémen, la Vistule, l'Oder, l'Elbe, le Rhin, le Pô, le Rhône, le Tage, etc.
La difficulté de franchir ces masses d'eau sans préparatifs artificiels, et la facilité de communication qu'engendrent leurs cours paisibles, multiplient nos combinaisons. Pénétré de cette loi primitive, base immuable de notre existence politique, de défendre le sol qui nous a vus naître, c'est dans la formation des fleuves que le militaire verra se dérouler à ses yeux les premières lois de la stratégie. Ces lignes offrant derrière leurs masses des asiles faciles à défendre et des voies avantageuses de communications , serviront d'indication pour le rassemblement des trésors qui devront alimenter la guerre. C'est dans leur proximité que nous chercherons les cités les plus vastes qui serviront de dépôts primitifs.
(s) En 1225 Dschings-Chan, voulant punir la perfidie du roi de Tangut qui avait donné un refuge à deux ennemis des Mongols, traversa, à la tète d'une armée formidable, le désert de (loby, et rencontra ses adversaires sur un lac glacé qui devint le témoin de leur défaite complète. Il s*empara de Nankin et envoya deux de ses fils pour compléter la conquête de la Chine.
MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
En jetant un regard sur le vaste empire russe qui, dans Tespace d'un siècle, a triomphé de ses deux ennemis les plus implacables , la situation de la ville de Smolensk frappera même les regards du stratège inexpérimenté.
Placée comme par un heureux hasard entre deux grands fleuves qui la mettent en contact avec le nord çt le midi dePempire, elle facilite le transport des trésors qu'on déposera dans ses murs ; c^est vers une cité si favorisée par les localités que se portent les regards des individus de toutes les classes. Chacun cherche à se frayer une voie pour y parvenir , et elle devrait devenir le foyer où se rassembleraient toutes les ressources des vastes régions qui Penvironnent.
C'est ainsi que la culture des terres, les progrès de .Pindustrie , la nécessité de communiquer avec les pays lointains, de se mettre en contact avec leur civilisation et resserrer les liens qaî doivent unir tous les hommes , concourent à faire des grandes cités des points importants.
Smolensk devra toujours être un des objets primitifs de* la défense des Russes et des attaques des peuples de Poccident.
Qu'on jette un regard sur la position géographique de* Moscou, ancienne capitale de nos czars ; d'autres combinaisons se développent à nos yeux et un autre avenir semble lui être réservé. Toutes les communications que la nature a tracées, en Péloignant des contrées civilisées de PEurope , semblent Pattirer involontairement vers les pays que mouille la mer Caspienne, ou ceux dont les arides monts d'Oural défendent Pentrée, et où, jusqu'aux productions végétales, tout concourt à rendre la nature sauvage et barbare. Cette ville a aussi été, pendant bien longtemps, le point de mire des barbares de PÂsie , et a succombé plusieurs fois sous leurs coups.
En approfondissant encore plus les propriélés des terrains déchirés par des fleuves , nous y puiserons une autre loi et d'autres principes non moins importants. Dans nos mouvements offensifs , la difficulté de les franchir ne nous servira-l-elle pas d'indication suffisante pour chercher à éviter les terrains qui en sont déchirés , afin de ne pas multiplier les obstacles que Phommc ne pourrait vaincre qu'à la suite de grands efforts? En rappelant à notre mé-
moire la trop fameuse expédition de Paimée i8l2, en suivant attentivement le chef de l'armée française dans son mouvement offensif et dans celui de retraite, nous le verrons s'avancer entre les grands fleuves pour éviter les difficultés qu'engendre leur passage; forcé ensuite, par les manœuvres de ses adversaires^ à lutter de front tM>ntre la Bérésina, venir ensevelir dans ses flots son espérance et son avenir. Les fleuves en rapport avec la stratégie peuventdoncêtre considérés soùs un double aspect : i . Comme ligne de communication ; â. Comme ligne de défense.
Les plateaux hydrographiques de ces masses d'eau se trouvant, ordinairement, sur des terrains élevés , serviront aussi d'indication pour la recherche des points culminants , dont les avantages sont d'autant plus grands, qu'en do-' minant sur les terrains environnants, la nature semble leur avoir accordé des avantages incontestables , que la tactique ne peut que rendre plus positifs encore.
Tout ce qui regarde les principaux changements de direction des fleuves, les affluents qui, en déchirant la surface de la terre en sens différents , circonscrivent des sections différentes aussi; les berges, les gués, etc., tous ces objets appartenant aux détails, nous font un devoir d'y revenir plus tard.
. En avançant vers l'ouest, l'attention du militaire se voit attirée par les fameux marais du Pripet, terrain inculte , dont les eaux stagnantes et basses , rendent tout moyeu naturel de communication impossible. Resserrée entre le Dnèpre et le Niémen, cette création vicieuse partage la partie de la Russie comprise entre le Niémen, la Duna et le Dnèpre en deux sphères, qui pourraient rester inconnues l'une à Pautre, si la main de l'homme n'avait pas employé les secours de Part pour se frayer des voies, qui n'en restent pas moins aussi difficiles que rares. Par rapport à la stratégie, cette barrière naturelle formée par un terrain aqueux , n'offrant que des difficultés à surmonter, des communications très-rares et dénuées de propriétés, nous fait une loi de Péviter, et rend les deux sections du nord et du midi de la Russie , à peu près étrangères Pune à l'autre , et les constitue en sphères indépendantes, dont Pintégrilé repose sur les propriétés que la nature a fait tomber à chacune d'elles en partage.
DE lA STRATEGIE.
Eq franchissant le Niémen pour aUer chercher de noaveaux phénomènes et puiser de nouvelles idées, le militaire parcourt de vastes plaines, où- son œil ne rencontre d'autres obstacles, pour les embrasser dans leur ensemble, que des forêts dont Télévation les cache à sa vue, quelquefois dans leur totalité, souvent dans leurs parties. En franchissant ces taillis, il remarque les propriétés du sol sur lequel ils reposent. L'égalité de la surface du terrain qu'il parcourt, la facilité avec laquelle il franchit ces rideaux, déterminent à son esprit leurs pro- »priétés, qui consistent plutôt dans la possibilité de cacher les mouvements, que d'apporter des difficultés pour s'^ opposer. Les plaines que la main de l'homme a arrachées à leur état de barbarie , étant les terrains où les grandes masses peuvent se rassembler, se mouvoir avec facilité, et où l'homme trouve plusieurs abris pour se défendre contre son adversaire, deviendront ces champs de carnage où le choc des belligérants décidera la querelle en faveur de l'un ou de l'autre parti.
En changeant de direction vers le sud , le militaire se voit arrrété par la chaîne des monts Krapacks, qui servent aux pays autrichiens de rempart contre l'invasion des peuples du nord de rAUemagne. Leurs flancs ceignent la Hongrie, la Moravie , se joignent au Riesengebirge et à TErz, ainsi qu'aux sillons latéraux dû Fichtelberg et du Harz, et forment un système continu qui s'étend d'un côté vers l'ouest et de l'autre vers le nord.
Ces masses de terrain en boursouflure , restes antiques des premières cristallisations, que l'œil observateur de l'homme ne saurait cependant saisir que dans leur ensemble, et dont les détails , par leur complication et leur irrégularité, échappent aux combinaisons les plus savantes et les plus subtiles, ne manquent pas de se caractériser par rapport à la stratégie par des propriétés distinctes, qui dérivent de leur configuration, des- difficultés quelles engendrent et de )a résistance qu'elles peuvent favoriser.
Véritables labyrinthes, les chaînes de monlagnes se trouvent rarement isolées; mais se reproduisent ordinairement par des chaînes latérales ou divergentes. N'étant soumises à aucun ordre déterminé, nous les voyons se croiser dans des directions différentes, former
des nodosités d'où jaillissent de nouveaux sillons, lier souvent ensemble plusieurs systèmes de montagnes , qui forment un rempart hérissé de difficultés, que la barbarie de la nature ne fait que multiplier.
L'élévation des sommets, l'abaissement des vallées, rendent, en général, ce terrain difficile à franchir, tandis que l'angustie des enfoncements s'oppose à la facilité du passage pour un certain nombre d'hommes. La direction irrégulière de ces vallées, qui suivent les chaînes' dans leur divergence, qui décrivent des lignes tortueuses et souvent croisées, en rend la connaissance détaillée très-difficile , et leur attaque dangereuse contre un ennemi vigilant et circonspect.
Les chaînes de montagnes par rapport à la stratégie doivent être envisagées sous cinq points de vue différents :
i . Sous le rapport de la direction des chaînes principales, qui détermine la forme des revers;
2. Sous le rapport de la direction des versants auxquels sont subordonnées la difficulté ou la facilité des pentes;