‹ Considérations sur les grandes opérations de la compagne de 1812, en Russie; des M émoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 14 sur 87 · Des villes · texte numérisé non relu

Des villes

A. Des routes.

Le stratégie exécutant tous ses mouvements hors de la sphère active du canon ennemi , et ne se trouvant qu'accidentellement en contact avec la tactique, ces différentes espèces de terrains ne doivent pas être envisagées sous le seul rapport des dangers auxquels un choc ennemi pourrait nous mettre en but, ou des avantages que la forme et la grandeur de ces sections engendrent pour y résister ; car, de cette manière, nous tomberions tout à fait dans le domaine de la tactique; mais nous les considérerons :

i . Sous le rapport des avantages que ces différents accidents peuvent offrir pour constituer une position stratégique offensive ou défensive;

2. Sous le rapport des moyens que leurs sinuosités nous offrent pour gagner un point stratégique ;

3. Enfin, sous le rapport des chances favorables qui en dériveront, pour tourner notre ennemi et le forcer à un changement de front, qui le rejette en sens inverse de sa direction naturelle.

La mer. Lorsque la mer baigne les côtes du théâtre de la guerre, le principal est d'avoir à son service une flotte considérable. Son devoir sera de paralyser tout à fait les forces maritimes des adversaires et de protéger la libre navigation des bâtiments. En nous rendant maîtres absolus du littoral, deux grands avantages en sont la suite :

(i) Que le lecteur me pardonne si je reproduis sous la dénomination de Mer, les différentes sections de Thémisphère aquatique qui possèdent leurs noms propres. Je ne doute pas du crime de lèze -géographie que je commets, mais si je me soumettais servilement h des défi-

i. La faculté d'approvisionner aûaémeniles troupes;

2. La facilité de les renforce et méwi de faire des descentes à dos de l'ennemi pour eooh promettre ses communications, se rendre maître de sa ligne directrice des opérations, et panlyser ses mouvements offensifs.

Une reconnaissance^ détaillée du gisement des côtes , devient d'une nécessité abadiie, et un port qui puisse recevoir les bâtiments et ks trésors qu'ils portent , plus indispensable encore. Une place forte élevée sur la côte etdoot on puisse disposer, comme Dantzick ou Varna, devient d'un avantage éminent. Pour rendre toutes ces prérogatives plus efficaces encove, il faut que la ligne d'opérations principales, qui sert de directrice à la guerre, soit paralIHe à la côte. Si , au contraire , elle était perpendiculaire, tous les avantages dont nous venons de parler diminueraient , car , engagée dans un mouvement offensif, l'armée, en gagnant da terrain, pourrait s'éloigner trop de la càle^ par conséquent de ses ressources, et forcée à an mouvement rétrograde , elle finirait par être adossée à la mer ou obligée de faire diaiger de direction à sa ligne d'opérations, oonme les Russes l'ont fait pendant la campagne de 4807. L'esjioir de pouvoir compromettre kl communications des ennemis , ainsi que de se rendre maître de sa ligne d'opérations , s'évanouirait de même.

Nous avons pu nous convaincre de tous les grands avantages qui se sont rattachés, posr les Russes , à la libre possession de la aer Noire, dans la guerre centre les Turcs en I8S8 et 1829. Odessa , base d'approvisionnement et entrepôt de toutes les richesses des prorâiesi du midi, fournissait aisément à l'approvisioiinement de l'armée , que Kavama , Varna, et plus tard Bourgaset Sixepoli, pouvaient recevoir dans leurs murs. Les munitions de guerre se transportaient, non-seulement avec plus de célérité, mais aussi avec beaucoup moins de dépenses.

La possibilité de pouvoir opérer simultanément par terre et par mer , est un de

nitions subtiles, je pourrais tomber fiicilement dans «ne prolixité de dénominations et d>xp1ications qui appartiennent exclusivement au domaine de la géographie |)hysique , qui ne ferait qu^embarraaser son esprit rt qui ne sont d'aucune utilité à la science delà stratégie.

}^iid5( avanlngos dont la jouissance n'est réservée qu'à peu de pays, et que la Russie aussi ne peut mettre k prolît que dans une guerre contre la Turquie , ou contre un ennemi qui aurait Timprudence de porter ses forces majeures contre Riga, et en dépassant la place, se porterait d'une manière inconsidérée sur Yolniar et Dorpat.

En IH07, Dantzick , envisagée comme point de diversion, pouvait rendre de grands services à répoque du choc des armées belligérantes à Prcusch-Eylau.

Domaine exclusif de la marine , sans le seconrs de laquelle la mer devient un obstacle insurmontable , dans Thypothèsc que noius avons débattue , elle sert aussi de ligne flan-^ quantc d^un avantage très-marquant. Le principal est de ne pas s'exposer à faire un changement de front qui place cet obstacle à dos du déploienient stratégique ; inconvénient funeste qni peut, comme nous venons de nous en convaincre, avoir des résultats malheureux.

Les Lacs. Nous devons partager les lacs en deux catégories : les grands lacs et les petits lacs. Les premiers, comme celui de Genève ou de Garde, doivent être envisagés comme de petites mers où des bâtiments d'une grandeur peu considérable peuvent naviguer. Kn occupant de grands espaces de terrain , ils peuvent souvent favoriser les mouvements dont ou veut cacher la connaissance à son ennemi , tandis qne leurs rives assurent les flancs des positions stratégiques et des lignes d^opérations. Dans la campagne de 47%, le lac de Garde a joué un rôle important dans les grandes o|)érat ions, et Napoléon a profité de cet obstacle, justement dans le sens de ces différentes propriétés.

I^es petits lars ne méritent d'attirer Tallention du militaire topographe, que lorsqu'ils sont rassemblés en grand nombre sur une petite section de terrain, comme, par exemple, sur la rive gauche de la Duna , entre Wilkomir et Danabourg, ou entre Wis4*hni-W'Olotschok et Kreslzy, où ces lacs, contournés par la Msta, forment une section de terrain dont on peut profiter avec avantage pour la défensive. En grande partie liés entre eux par des sources marécageuses, ces bassins épars au milieu des terres, forment des défilés d'une longue étendue, où les communications se croisent et en font un domaine chanceux. Un terrain pareil

est avantageux pour couvrir une position stratégique, car aucun déploiement ne pouvant y être exécuté avec si^curité et avantage, les grandes opérations des assaillants pourraient recevoir, sur un théâtre pareil, des complications pernicieuses.

Les Flenves. Les fleuves sont des accidents de terrains dont la stratégie tire beaucoup de ressources, car, comme nous l'avons déjà vu, ils servent non-seulement de lignes de défense , mais aussi de lignes de communications. lH*ennnt leurs sources sur les points culminants des plateaux hydrographiques, les fleuves déterminent aussi les |)cntes des terrains qu'il déchirent et dont les commandements donnent à la tactique des avantages positifs. Sillonnant dans les pays auxquels ils appartiennent du midi au nord, de l'ouest à Test, du nord au midi ou de Test à l'ouest, comme les exemples que nous ofl'renl TOder, l'Elbe, le Danube, le Pô, l'Adige et la Seine; passédant des aflluents dont les directions irrégulîères se présentent parallèlement, obliquement ou perpendiculairement aux mouvements qu'on entreprend; tantôt se rapprochant, tantôt s'éloignant des chaînes de montagnes, les fleuves agrandissent ou rétrécissent les plaines comprises entre ces grands accidents du terrain, et circonscrivent des sections d'une configuration difl*érente qui, par conséquent, engendrent des combinaisons également différiMites.

Les points principaux qui doivent attirer l'attention du militaire, sont :

i. Les routes qui conduisent aux fleuves;

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