‹ Considérations sur les grandes opérations de la compagne de 1812, en Russie; des M émoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 36 sur 87 · Les lignes d^opérations · texte numérisé non relu

Les lignes d^opérations

Les premières sont celles qui alimentent la guerre et qui servent au transport des munitions de guerre et de bouche; les secondes sont celles sor lesquelles les armées se meuvent, lorsqu'dUes veulent atteindre Tobjet des opérations. •'

Si les voies qui servent de ligne aux opérations étaient toujours les mêmes que oelles qui servent au transport des différents approvisionnements, il serait juste que la MTérence que je viens d^énoncer fût envisagée comme un écart. L^expérience, au contraire, que j'appellerai à mon secours, parlera en faveur de mon assertion et suffira , f espère, pour me disculper.

Pendant la campagne de 1809, après la bataille d^Eckmiîhl, Parmée française choisit pour ligne d*opérations , la grande communication qui , longeant la rive droite du Danube, mène par le chemin le plus court à Vienne. Mais combien de fois le Danube, qui coule parallèlement à la ligne des opérations, nVt-il pas servi de voie de communication pour le

teindre, me paraissent, sous le rapport du sens général, être mieux rendues par la dénomination de lignes de jonelUms,

transport des approvisionnements? La grande roule de Linz à Molk a servi de ligne d^opéralions aux Français , tandis que le Danube a pu être et a été, iMîut-étre» leur ligne alimentaire.

Cie cas peu toujours avoir lieu lorsqu'un grand fleuve lombe d'équerre sur la base d*approvisionnemenL Les grands fleuves navigables étant les communications les plus faciles, on simplifie beaucoup le transport de Tapprovisionnement, toutes les fois qu'on est dans le cas de s'en servir» et qu'on s'en sert eflectivement.

En 1828, dans la guerre contre les Turcs, la communication qui , partant d'isakezi, passe par Babadag et Basardjik, servit de ligne d'opérations aux Russes, tandis qu'Odessa , qui était la base alimentaire, fournissait tous les approvisionnements par la mer Noire dans les villes maritimes , d'où on les transportait vers les points qu'occupaient les troupes*

Lorsqu'on est favorisé par les localités, comme les Russes le sont dans leurs guerres contre les Turcs, il est tout juste que les avantages qui en reviennent soient très-grands. La ligne alimentaire n'étant pas celle d'opérations, on ne se trouve pas à la merci des mêmes désastres, lorsque l'ennemi ne peuiae porter que sur celle d'opérations. Le transport des appro- ▼isionnenents n'étant soumis à aucune interruption, l'interception de la ligne d'opérar UoDS, ne pourra plus avoir une influence aussi vicieuse sur les différents mouvements, et sera, dans beaucoup de cas, plutôt un désavantage tactique que stratégique.

Les lignes d'approvisionnements, cependant, s'identifient souvent avec celles d'opérations ou de coopérations : ces cas ont toujours lieu lorsque les fleuves qui déchirent le théAtre de la guerre coulent parallèlement à la base d'approvisionnement; mais cetle exception néanmoins ne doit pas annuler la différence que j'ai cru devoir mettre entre elles. Cette différence est d'autant plus palpable, que les mêmes communications ne servent pas toujours de voies au charriage des munitions de guerre et de

(i) C*eflt une dénomioation que nous devons au généra! Vaudoncourt Ce mot eiplique si bien le principe de la chose , qoe je ne doute pas que les militaires sa refusent de le recevoir comme terme militaire technique.

bouche et aux mouvements des armées. Ainsi, entre plusieurs routes qui mèneront au même objet des opérations, il y en aura qui serviront au charriage de l'approvisionnement, que nous désignerons par lignes alimentaires, et d'autres où Ton fera mouvoir les armées, que nous nommerons lignes d'opérations.

Je partagerai encore les lignes d'opérations en deux genres différents :

1 . En ligne d'opérations principale : c'est la communication qui nous mène à l'objet des opérations par le chemin le plus court; qui «ert de voie à la plus forte masse des troupes offensives et de direction à l'opération principale. Je la nommerai lign^ directrice d'opéralions.

2. En lignes d'opérations, qui servent de direction aux colonnes, dont la tâche est, tout en coopérant au même but, de flanquer la directrice et de la mettre en sûreté. Je les désignerai par lignes de coopérationt (i).

Les lignes, en général, alimentaires et d'opérations, sont d'une importance majeure; car servant de voies aux approvisionnements et de direction aux opérations, elles doivent, dans les deux cas, être mises sous la sauve -garde de l'armée , et choisies de manière à ne pas être à la merci des attaques des ennemis qui , en interceptant une des lignes, finiraient par ravir à l'armée active les éléments indispensables à son existence, ou par paralyser les grandes opérations.

Ces différentes routes doivent être facties pour les transport des approvisiiHincmentB, le mouvement de toutes les armes, et assurées contre les attaques des ennemis.

Pour garantir la fMÙliler des transporta des approvisionnements et le mouvement des diflé» rentes armes , il faut :

i. Que le terrain soit ferme et à l'abri d'one prompte dégradation ;

3. Éviter autant que possible que la route aboutisse à de grandes difficultés de la nature , comme une chaîne de montagnes ou de grands fleuves dont le passage soit difficile (a) ;

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