‹ Considérations sur les grandes opérations de la compagne de 1812, en Russie; des M émoires sur les principes de la stratégie; de l'Examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un Mémoire sur l'artillerieChapitre 54 sur 87 · D'un tableau des ressources que les grandes · texte numérisé non relu

D'un tableau des ressources que les grandes

opérations en retirent , considérées ^Suune base des mouvements qu'engendrent les propri^iés et les avantages du terrain.

La première est la partie passive de la stratégie, la seconde en est la partie executive. La première établit et règle le principe , la seconde ne s'occupe que du résultat.

La partie politique règle l'influence que ses effets peuvent avoir sur la guerre; celle de la statistique discute sur le dénombrement des ressources des deux gouvernements, tandis que la partie topographique s'occupe des propriétés et des avantages intrinsèques de la ligne frontière, des bases alimentaires et d'opératkms , de la désignation du triangle stratégique, limitation qui sert à régler le choix des lignes alimentaires et d'opérations, enGn des objets des opérations parsemés sur le théâtre de la guerre. Nous devons envisager cette partie du plan de la guerre , comme un résumé scientiGque des principes de la partie géograpkiiine de la stratégie.

La partie opérative discute sur les avantages que les grandes opérations retirent des propriétés et de l'ensemble des objets passib ; cette partie opérative est la conséquence immédiate de la partie passive. La première sert de base à la seconde.

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offV^DMves ou défeîttÎTe^. îl s'eoçaît que la |>artie executive da plan générad de la guerre Voccape des grandes opératîoi» oflensÎTes el défensives.

f>tle partie, que j*ai dé^î^^Dée dans idoo premier Mémoire, pour èlre l'idéologie de la stratégie , esl aassi la plus snâceptible de varialions , par f)OD contact constant avec la tactique « mais elle n'est pas tout à fait dénuée d^utilité et d'intérêt par la régularité qu'elle imprime aux grandes opérations, et à laquelle les succès tactiques peuvent , si facilement , donner un caractère de stabilité. Si l'anomalie à laquelle les grandes opérations sont soumises, ne nous permet pas d^en régler toujours le cours, si dans celle partie hypothétique nous sommes souvent réduits à n^en effleurer, pour aicui dire, que les sommités, nous en retirons du moins l'avantage de nous familiariser arec les ressources du terrain qu'on veot attaquer ou défendre, et avec lc6 ihoyens qui doivent guider nos mouvements offensifs ou appuyer nos opérations défensives.

La partie politique, quoique n'agissant que de loin, d'une manière simulée et souvent perfide, n'en possède pas moins une influence positive sur la guerre.

Les années ne pouvant opérer avec avantage que lorsqu'il existe un certain équilibre en Ire les moyens matériels et physiques des puissances belligérantes, il n'est pas indifférent àrÉlal qui s'engage dans une luUe sanglanle, de n'avoir dans ses voisins que des peuples amis ou y du moins, neutres, l^ état aussi favorable de notre politique, en ne nous imposant qu'un seul bul à remplir, nous offre aussi les moyens d'accorder plus de franchise aux opérations, et 'ne nous oblige pas de donner à nos mouvements offensifs el défensifs, une extension qui pourrait, quelquefois, surpasser nos moyens.

Toutes les sections du terrain limitrophes d'un pays neutre ou ami, ne nous soumettent

(i) Le général Jomini vient de faire paraître un Tableau analytique des grandes combinaisons de la guerre, dans lequel il a consacré deux chapitres tout à fait reinarquablcsà la politique et la philosophie de la guerre. Envisageant ce tableau comme une introduction de son Traité de» grandes opérations , il a cru ne pas devoir traiter h fond les principes qu'il renferme^ mais indi-

aiors à aucun danger réel , et peuvent être envisagées cooune dîes sphères favorables, tandis que ces mèmts spbèr» peovent devenir peroicievses si, la polîtiqQe changeant de face, WM& SBScitait on nonrei ennemi à combattre et de nooreanx périls à affronter.

La campagne de 1815, en ÂOemagn''^^ les opérations dès alliés avant rarmistice,, et Tinfinence que le chai^ement de la politique du cabinet de Vienne a en snr ^^ théâtre de la guerre, en gniéral, nous Viffrent un exemple bien instructif, et ^^on ne saurait assez méditer. Qoe le lorteor compare avec attention les deux éSJiiquiers stratégiques des armées fran^^ises avant et après Fannistlce (PL 2), ei 3 T trouvera on terrain bien fertile pour ses méditations (i).

La partie siaiisiiqme s'occupe du dénombrement des trésors matériels et du calcul des forces mobUes qui sont, comme nous Tavons vu, Tagent actif des opérations. Un tableau exact des ressources du pays auquel on fait la guerre , peut servir de base à nos propres calculs, et quoique ce tableau , comme je Tai dit dans le treizième Mémoire, ne pouvait être qu^un calcul approximatif, il ne cesse jamais d^aroir une valeur positive parmi les préparatifs nombreux de la guerre.

Là partie topographique est une des plus importantes du plan général de la guerre. Toutes les ressources que nous pouvons puiser dans la strat^e , n'étant basées que sur les avantages du terrain , la science ne manquerait pas de perdre de sa valeur et de son efficacité, si nous n'interrogions avec exactitude le terrain, et que nous n^exploiUons tous les avantages intrinsèques que les différents objets possèdent par eux-mêmes eldans l'ensemble de la création.

La partie militaire étant la partie hypothétique de la guerre, est aussi la plus difficile à manier. C'est dans le développement de celte idéologie militaire que se caractérisent le génie el les ressources inlellectueUes el scientifiques "^ de celui qui est appelé à commander les arquer seulement les grandes combinaisons de la science militaire. Il est à regretter que deux articles aussi dtf- Gciles à traiter, n'aient pas été développés par la même plume savante qui les a esquissés , car un bon ouvrage sur ces deux parties est encore une lacune dans toutes les bibliothèques militaires.

mëes. Nous avons vu plus haut le rôle que celte idéologie est appelée à jouer dans la guerre, et malgré rîDcerlitudc qui plane sur ses éléments, nous ne Ten envisagerons pas moins comme une partie essentielle et dont Futilité est sans réplique. Elle sert à rassembler dans le même cadre les moyens de Tattaque et les ressources de la défense, et familiarise rhomme avec les différentes chances de la guerre. En embrassant toutes les combinaisons dont Téchiquier stratégique est susceptible, elle concourra à nous mettre au fait des grandes opérations offensives et défensives qui pourront en provenir, et nous fera voir ce que nous avons k craindre ou à espérer.

Pour rendre la rédaction du plan général d'une guerre complète et Tutilité de ce type réelle , il devra être composé :

1. D'un aperçu général du théâtre de la guerre, qui présentera non-seulement Fensemble géographique des deux pays belligérants, mais aussi un tableau raisonné des rapports politiques du gouvernement avec les pays limitrophes, ainsi que des notions sur les ressources matérielles et physiques des armées combattantes ;

2. D'un examen stratégique des frontières des pays qu'on veut attaquer ou défendre, en déduisant de leur configuration, de leurs propriétés et de leur valeur intrinsèque, tous les avantages qui en jailliront pour les opérations préliminaires de la guerre;

3. D'un tableau de la division stratégique du théâtre de la guerre, que les grandes difli-

cultés de la nature ou Texlension du théâtre de la guerre, partagent si souvent en sphères d'opérations indépendantes l'une de Tautre; afin de connaître l'influence positive ou négative que les opérations de ces sphères peuvent avoir les unes sur les autres;

i. D'une détermination des lignes qui serviront de bases d'approvisionnements pour alimenter la guerre;

5. D'une énumération détaillée des objets des opérations , avec un examen raisonné de leur valeur intrinsèque et de l'influence qu'ils auront sur l'échiquier qu'ils formeront;

6. D'une description des bases d'opérations , formées par la liaison des objets des opérations, et que nous envisageons comme la charpente du théâtre de la guerre;

7. D'une indication du triangle stratégique formé par la base d'approvisionnement et l'objet principal des opérations, qui nous servira à déterminer :

8. Les lignes alimentaires et d'opérations , les plus sûres et les plus avantageuses.

Le reste sera consacré à la partie opérative, et contiendra :

9. Un tableau synoptique de la composition des armées actives;

10. La désignation des points qui serviront de positions préliminaires aux armées;

i 1 . Un aperçu général des grandes opérations offensives;

42. Un aperçu des grandes opérations défensives, basées sur les avantages territoriaux que la science justifie presque toujours.

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