IV. — FORME PSEUDO-ABORTIVE
Sans doute, celle qui renferme le plus de pièges. La femme avoue un retard de règles, elle a eu une douleur vive, elle a perdu ; quelquefois même se sachant enceinte, elle a été voir une matrone ôu a pratiqué elle-même quelques manœuvres destinées à « faire passer le germe », elle le dit, ou tout au moins le laisse deviner.
Toucher, — Col mou, entr'ouvert, utérus un peu gros : immédiatement laminaires ou bougies de Hégar, et curette. Celle-ci ne ramène pas grand’chose. Mais, attention ! souvent Je curettage amène une nouvelle hémorragie, qui peut être une inondation péritonéale brutale : si cette hémorragie se fait sur la table d’opération, en présence du chirurgien, c’est un moindre mal : il pratiquera aussitôt la laparotomie nécessaire. Mais si cette hémorragie se produit quelques heures plus tard, ou si l'intervention a été faite à domicile, loin des secours chirurgicaux, le curettage risque d’aboutir à une catastrophe.
Autres éventualités, la malade fera une rupture en deux temps, un avortement tubo-abdominal, sans grande hémorragie interne, une apoplexie ovulaire, un hémato-salpinx.
Ce sera le résultat négatif du curettage qui redressera 1e diagnostic, cette manœuvre que Mac Leon préconise, associée à l'examen microscopique de la muqueuse, mais qui est pleine de dangers, immédiats et lointains, par les modifications histologiques qu’elle crée dans l’utérus.