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OBSERVATION III (Résunmiée)
Archives de Médecine et de Pharmacie militaire. 4902 (Médecin-Major ALBERT) -
« Te... Soldat clairon, 3° Zouaves en garnison à Philippeville, 16 mois de service.
Dans ses antécédents accès de fièvre paludéenne contrac-
tée l'année précédente au cours des manœuvres. Il est malade depuis 10 jours, la fièvre l'a repris avec ses caractères habituels : grand frisson, chaleur, sueurs; d'abord espacés, les accès sont devenus quotidiens et continus; ils ont pris, dans ces derniers jours une allure grave avec manifestations délirantes, au point que le médecin, croyant à l'apparition imminente d'accidents pernicieux, l'a envoyé de l'infirmerie à l'hôpital.
30 novembre 1900. — Le malade parait dans un état très grave. Demi coma. T 39,5. Injection de chloryhdrate de quinine,
1* décembre. — Même état grave. T 39,4. Injection de quinine 2 grammes.
2 décembre.— Grande amélioration. La fièvre tombe mais reparaît dans la soirée. Nouvelle injection de quinine.
3 décembre. — Grande amélioration. Apyrexie, mais apparition aux deux mains de la déformation en cône, caractéristiares de la tétanie; les contractures ne sont pas douloureuses. Rien aux membres inférieurs. La contracture ne procède pas par crampes où par crises, elle est à l'état permanent. Ni anesthésie, ni paresthésie, ni troubles vaso-moteurs.
4 décembre. — Nouvel accès paludéen; nouvelle injection de quinine. La télanie persiste. ;
5 décembre. — Grande amélioration des contractures. Les doigts commencent à se mouvoir,
6 décembre. — Le malade peut exécuter des mouvements étendus des doigts qui s'écartent facilement. La fièvre est tombée depuis l’avant-veille et n’a pas reparu. |
7 décembre. — Le malade est guéri de sa tétanie. Les jours suivants les accès de fièvre ne se sont pas reproduits; il a pu partir en Convalescence trois semaines plus tard.
D'autre part, dans l'article de RaymonDp (*) du Dictonnaire de Dechambre, nous relevions le passage suivant :
« Dans une des observations de Dance, il semble qu'on «il eu affaire à une fièvre intermittente larvée évoluant sous les dehors de la tétanie. PERRIN, DELPECH, RABAUD, el plus récemment PAYNEL, ont publié chacun une observation ayant tous les caractères d'une fièvre intermittente larvée. Cette interprétation nous paraît d'autant plus acceptable que, chez les deux malades de Delpech et Faynel, l'administration de sulfate de quinine eut, en très peu de temps, raison des accès de contracture ».
D'après le même auteur, le paludisme pourrait également créer une prédisposition à la tétanie : « Chowsteck a relevé des accès de fièvre intermittente chez un certain nombre de malades affectés de tétanie. »
Tout récemment enfin, parmi les nombreux travaux sur le paludisme parus pendant la guerre, nous trouvions décrits par MontER-ViNARD (**) des troubles physiopathiques surtout moteurs caractérisés par des crampes, de l'hypertonie musculaire avec exagération c'es réflexes tendineux, auxquels s'ajoutent quelquefois
(") RAYMOND. — Diclionpaire RG One dique des Sciences médicales de la Chambre, article Tétanie.
() ParssEAU. — Les acquisitions concernant le paludisme pendant Ja
7 Progrès médical. Septembre 1919,
des troubles sensitifs. En somme, sinon des accidents ttaniques nettement caractérisés, du moins un certain nombre de symptômes bien voisins de ceux de cette affection.
De cet ensemble de faits, il nous est permis de conclure à l'existence d’une tétanie paludéenne.
Or, notre malade avait de l'hématozoaire dans le sang. Devons-nous rattacher à son infection les crises de contractures qu’il présenta, faisant passer au second plan les désordres intestinaux auxquels nous avions tout d'abord attaché une si grande importance?
C’est une interprétation que nous ne croyons pas devoir adopter et en voici les raisons :
1° Au moment où se manifestèrent les accès de tétarie, aucun symiptôme ne permettait de supposer que l'infection paludéenne fut encore chez notre malade, en activité : ni frissons, ni fièvre, ni sueurs. Il né pouvait donc s'agir là, comme dans les deux observations que nous avons rapportées, d'accès paludéens aigus se compliquant de tétanie; mais il était permis de penser, comme dans les observations de Raymond, à une fièvre intermittente larvée évoluant sous le masque de la tétanie.
2° Le meilleur argument contre une semblable interprétation est l'alternance si frappante constatée entre la ciarrhée et les accidents convulsifs. C'est 1à, sans doute, le fait le plus caractéristique de notre observation. Si nous adoptions l'hypothèse d'une tétanie paludéenne, comment arriverions-nous à l'expliquer? Ces deux phénoemènes — arrêt de la diarrhée et apparition dès contructures —— sont, de toute évidence, trop étroitement liés