‹ Consid©rations g©n©rales sur la classe des crustac©sChapitre 25 sur 94 · HABITUDES NATURELLEÉS DES CRUSTACÉS · texte numérisé non relu

HABITUDES NATURELLEÉS DES CRUSTACÉS

mation de leurs pieds, ainsi qu'avec l'étendue de leur queue ef des appendices qui la garnissent dans beaucoup de cas.

Les décapodes brachyures sont évidemment les crustacés marcheurs par excellence. Chez ceux d’entre eux qui courent le mieux, les huit pieds postérieurs seuls employés, sont tous terminés par des ongles forts et pointus. Ils marchent avec la même facilité en avant, en arrière, de l'un ou de l’autre côté, ou dans toutes les directions obliques possibles. On en voit gravir des plans trés-inclinés, et même perpendiculaires, avec la plus grande célérité, pour peu que ces plans ne soient pas tout-à-fait lisses. Plusieurs, tels que les ocypodeset lesgécarcins, sont renommés pour la rapidité de leur course qui est telle, qu'on assure qu’un homme ne sauroit les atteindre.

Plusieurs décapodes brachyures marchent moins bien que les autres, et sont plus décidément aquatiques. Ceux-ci, pourvus de membres dont les articles, aplatis et ciliés sur leurs bords, sont transformés en véritables rames, peuvent exécuter dans l'eau tous les mouvemens que les premiers font sur la terre, et dans des directions aussi variées. Tels sont les portunes, les podophthalmes, etc.

Quant aux macroures, comme les écrevisses et les palémons, si leurs pattes leur servent pour la marche, ce n’est que dans le fond des eaux. Leur natation qui a presque toujourslieu en arrière, s'exécute par les mouvemens de leur forte queue, dont l'extrémité repliée en dessous, se trouve élargie par des lames qui peuvent s'écarter en éventail. Quelques uns, comme les crangons, se tiennent renversés en nageant, le dos en dessous et le ventre en dessus.

Beaucoup d'amphipodes nagent au moyen des contractions de leur queue, aidées des mouvemens deleurs pieds, etquelques uus, comme les crevettes des ruisseaux, sont forcés, à cause de la compression extrême de leur corps , et de la cambrure tresforte de leur queue, de se tenir continuellement couchés sur

l'un ou l’autre côté.

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Quoique les squilles aient des pattes propres au mouvement, elles paroïssent n’en pas faire plus d'usage que les crustacés macroures n’en font des leurs, et leur natation semble s'effectuer principalement à l’aide des dix pattes branchiales qui sont placées sous une queue moins robuste et moins recourbée que celle des macroures, mais également terminée par des lames natatoires flabelliformes.

Dans la sous-classe des entomostracés, tous les animaux qui ont des pattes nombreuses molles et pourvues de branchies, comme les apus, leslimnadies et les branchipes, avancent, seulement par suite de l’action de ces membres, dont les mouvemens sont doux , et ont lieu comme par ondulation. Les daphnies et les lyncées semblent sauter dans l’eau, ce qui a valu aux premiers le nom de puces aquatiques, parce que leur natation a lieu au moyen des mouvemens violens de leurs antennes branchues, qui se répètent fréquemment en laissant entre eux de petitsintervalles de repos complet. Dans les cypris cesont les pattes, et surtout celles de derrière, qui font avancer l'animal.

Parmi les amphipodes, quelques uns peuvent sauter avec beaucoup de vigueur lorsqu'ils sont à terre, en se servant de leur queue repliée en dessous comme d’un ressort.

Instinct. L'instinct des crustacés est en général assez médiocrement développé. Les crabes et ceux qui appartiennent aux genres voisins, sont ceux chez lesquels il semble avoirle plus de finesse. Ces animaux en effet paroissent très-rusés, surtout lorsqu’il s’agit d'échapper à leurs ennemis : alors on les voit parcourir le terrain avec beaucoup d’avantage, en choisissant pour retraite les lieux du plus diflicile accès. Plusieurs d’entre eux dont la carapace est tres-tendre, comme les pinnothères, font leur résidence habituelle dans les valves de certains mollusques, tels que les moules et les pinnes marines, et d’autres qui ontun abdomen mou et vulnérable ( les pagures et les birgus) le placent soit dans des cavités de coquilles univalves abandonnées, soit dans des creux de rochers, afin de le préserver; et ceux-ci

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changent de demeure à certaines époques lorsque leur corps a grossi, afin d’en choisir une nouvelle plus commode. Quelques crustacés macroures (les thalassines) s’enfoncent dans le sable ou la vase pour se dérober à la poursuite de leurs ennemis. Les dromies dont les quatre pattes postérieures sont relevéessur le des, les emploient à retenir sur cette partie un alcyon de la nature des éponges qui, en s’accroissant , finit par envelopper tout le dessus de leur carapace, comme une sorte de manteau , etc.

Les cymothoés et les isopodes voisins; les caliges, les bopyres, qui vivent comme parasites sur le corps des cétacés, des poissous, ou même sous le têt d’autres crustacés, possèdent une qualité instinctive qui leur fait distinguer les êtres sur lesquels ils peuvent se fixer, et les parties de cesêtres où ils doivent se placer préférablement pour trouver la nourriture qui leur convient.

Les crabes de terre, appelés fourlouroux dans les iles, ont l'habitude constante de se réunir à une certaine époque de l’année en troupes innombrables, et de marcher par le plus courtchemin,vers la mer,sans s'inquiéter des obstacles qui se trouvent sur leur passage. Après la ponte, ils se rassemblent de nouveau, pour retourner à leur ancien domicile.

Quelques espèces de différens ordres vivent toujours en sociétés nombreuses, et nous citerons particulièrement les crangous, les talitres, et la plupart des petits entomosfracés, surtout les daphnies, dont la couleur donne quelquefois a l’eau une teinte rouge assez foncée.

Les crabes sont courageux, et lorsqu'il ne leur reste plus de retraite, ils avancent fièrement leurs serres, et cherchent à pincer avec leurs doigts, ce qu’ils font très-fortement en raison de leur taille. Quelques uns, en serrant ces doigts avec force et rapidité, produisent un bruit ou un claquement remarquable ; et, comme ils tiennent très-élevée la serre avec laquelle ils produisent le bruit, on leur a donné le nom de crabes appelans.

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